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Environnement : « Financement, la grande difficulté »

Ismail Zouine, président de l’AMEES (Association marocaine pour l’équilibre environnemental et social), nous explique les réalisations de son association, qui a vu le jour en 2009 à El Jadida, en vue de sensibiliser les habitants aux enjeux liés à l’écologie.

Ismail Zouine: «Le travail associatif dans le domaine de l’environnement  à El Jadida nécessite des efforts très importants en matière de communication pour  convaincre, accompagner et influencer les choix des opérateurs industriels».

Ismail Zouine: «Le travail associatif dans le domaine de l’environnement à El Jadida nécessite des efforts très importants en matière de communication pour convaincre, accompagner et influencer les choix des opérateurs industriels».

Pourquoi avoir créé une association de protection de l’environnement à El Jadida ? Cette idée est-elle partie d’un constat ?
Nous avons créé cette association dans le cadre de la politique nationale de préservation de l’environnement, concrétisée par le projet de la Charte nationale de l’environnement et du développement durable en 2009. L’Association marocaine pour l’équilibre environnemental et social (AMEES) a donc vu le jour pour donner un appui puissant à la démarche participative de ce projet, en créant une dynamique à l’échelle provinciale. On se rend compte, aujourd’hui, que les indicateurs du développement industriel et l’évolution démographique à El Jadida reflètent une image d’alerte qui nécessite des solutions à court et long termes, en vue de faire face aux divers problèmes de l’environnement. Notre association s’est alors assigné la mission de véhiculer les messages nécessaires, à travers des actions, pour amener la population locale à comprendre les différents enjeux.

Comment se passe le travail sur le terrain ?
Le travail associatif dans le domaine de l’environnement  à El Jadida nécessite des efforts très importants en matière de communication pour  convaincre, accompagner et influencer les choix des opérateurs industriels vers des solutions écologiques, d’une part, et d’autre part, pour sensibiliser la population sur des gestes quotidiens qu’il faut faire, en vue de limiter la pollution de l’environnement de façon significative. Nous rencontrons beaucoup de difficultés dans le cadre de la sensibilisation, surtout.

La population locale est-elle réceptive par rapport à vos actions ?
Je pense que dans une certaine mesure, la population est réceptive. Mais il convient, toutefois, de faire une distinction. Souvent avec les jeunes, nous ne rencontrons pas d’énormes difficultés (90%). C’est surtout avec les personnes un peu plus âgées que nous avons des difficultés par rapport à la communication et à la sensibilisation, surtout. Mais de façon générale, la population d’El Jadida participe beaucoup à nos actions. Et c’est une bonne chose d’ailleurs.

Quels sont les principaux projets que vous avez déjà réalisés dans la ville dans le cadre de la sensibilisation de la population ?
Notre association a déjà réalisé plusieurs séminaires de formation au profit des élèves et étudiants de la province d’El Jadida, en collaboration avec la délégation régionale du ministère de l’Éducation nationale sur l’ « éducation environnementale ». Nous avons aussi organisé des conférences au profil des industriels et associations d’El Jadida sur la participation socioéconomique au développement durable. L’Association marocaine pour l’équilibre environnemental et social a également élaboré un guide technique de travail associatif dans le domaine de l’environnement. Et nous sommes de même actifs sur Internet.

Ismail Zouine

Ismail Zouine

Comment comptez-vous amener les habitants à comprendre et à relever les différents défis liés à la sauvegarde de l’environnement aujourd’hui ?
Notre association compte sur sa grande capacité à interagir efficacement avec la population  pour réaliser ses objectifs et ses actions visant en priorité les sujets qui touchent directement les problèmes de la ville. Nous comptons gagner la confiance des habitants dans le cadre de la réalisation de nos projets à long terme. Notre stratégie consiste surtout à former, communiquer et sensibiliser sur les problèmes écologiques. Nous sommes également en train de mettre sur pied un réseau d’associations de la société civile, en vue de l’élaboration de plans d’action participatifs et répondant aux besoins de la population.

Quelles sont les difficultés que rencontre l’association ?
Notre première difficulté est d’ordre financier. L’AMEES n’a pas une autonomie financière pouvant l’aider à mettre en œuvre tous ses projets. Aussi, rencontrons-nous des complications avec l’administration locale, dans le cadre de l’organisation de nos conférences ou travaux de sensibilisation, au sujet des salles publiques pouvant abriter ce genre d’événement. L’association ne dispose pas non plus de matériel de travail.◆

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