Culture

5 février 2012

Exposition : «Azzemour terre de paix et d’inspiration»

Ecrit par: Céline Girard

Jusqu’au 17 août, se tient au MAC Mazagan d’Azzemour une exposition internationale, rassemblant des artistes marocains et étrangers. Conçue comme un message de tolérance, cette exposition collective vise à mettre en lumière l’art tel un vecteur de solidarité et d’espoir dépassant les frontières. Pour nous exposer cette vision, Le Soir echos a rencontré Ahlam Lemseffer, artiste et organisatrice de cette exposition. 

L’art, c’est la locomotive, c’est l’âme d’un pays» nous déclare Ahlam Lemseffer, nous laissant deviner, par ce préambule, sa vision d’un art puissant et moteur pour les nations. L’exposition internationale d’Azzemour s’inscrit dans le prolongement du travail que mène l’artiste depuis 1997, habitée par ses convictions humanistes. Marquée par la «communion entre les artistes», lors d’ateliers et rencontres interculturels, Ahlam Lemseffer a voulu perpétuer cette symbiose en impulsant des expositions où se rencontrent artistes marocains et artistes étrangers. Malgré les nationalités qui diffèrent, «on peut appartenir à quelque chose de commun, se rejoindre sur la tolérance et la paix», affirme-t-elle. 

Pour Ahlam Lemseffer, cette nécessité du dialogue et d’un art dépassant les frontières est née au cours de voyages marquants. «J’ai été en Bosnie juste après la guerre, à Beyrouth après, dans les années 1999-2000. C’était horrible de voir tous ses dégâts, de voir toutes ses pertes d’humains. Tout cela m’a profondément touché. C’est comme ca que j’ai commencé à travailler sur beaucoup d’expositions dans ce sens.» Pour l’artiste, la réponse se trouve dans l’art, un art universel, qui dépasse les appartenances nationales. «Je crois que si vous regardez les œuvres, il est dur de dire quelles œuvres sont marocaines et lesquelles ne le sont pas, sans lire les noms. Une œuvre d’art reflète la personnalité de l’artiste en tant qu’être humain, mais pas en tant qu’un représentant d’une nationalité.» 

A partir de ce constat, l’art prend des allures de titan et semble pouvoir porter sur ses épaules des étendards d’espoir et de tolérance entre les nations. «C’est pour cela que l’art pourrait être la locomotive de l’espoir, d’une idéologie, de quelque chose qu’on aimerait voir réaliser un jour», conclut-elle. 

Ahlam Lemseffer se positionne, avant tout, comme une artiste, même si elle a été commissaire dans de nombreuses expositions comme «Femmes Art Mediterranée» et celle d’Azzemour. Son parcours l’a menée à Paris pour ses études dans les années 68, elle en garde le souvenir «d’une grande liberté d’expression, d’une légèreté dans les rapports, d’une forte solidarité», d’un «état de rêve permanent». Mais, l’artiste découvre vite que la vraie formation d’artiste se fait au-delà du cadre académique, dans les rencontres et les voyages, qui la porteront toujours vers ces valeurs de paix et tolérance. En peinture, elle préfère les grands formats, ceux qui donnent l’espace pour la création, peignant à grands jets avec tout son corps. Pour cet artiste, le processus de création ne peut se décortiquer et se formuler, car l’art s’impose. Ses tableaux épurés s’inspirent de la Nature, dans une quête perpétuelle du mouvement et de la lumière, qu’elle décrit comme «l’essentiel, l’âme de l’œuvre». Un travail empli d’un vitalisme à découvrir, parmi les autres artistes de l’exposition d’Azzemour, jusqu’au 17 août.

Céline Girard




 
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