Depuis cette date qui marque le réveil des peuples arabes en Tunisie et les autres pays de la région entraînés dans un tourbillon dont rien ne semble pouvoir prédire le futur, plusieurs thèses, bien ancrées dans l’inconscient politique, sont remises en cause. Que ce soit la dimension monolithique d’un monde arabe fantasmé par des chercheurs [...]
Depuis cette date qui marque le réveil des peuples arabes en Tunisie et les autres pays de la région entraînés dans un tourbillon dont rien ne semble pouvoir prédire le futur, plusieurs thèses, bien ancrées dans l’inconscient politique, sont remises en cause.
Que ce soit la dimension monolithique d’un monde arabe fantasmé par des chercheurs en manque de verve, ou la position de la Turquie, dont l’adhésion à l’Europe devient, soudainement, quelque chose qu’il faudrait prendre en compte pour «stabiliser» la région, ou encore l’oppression généralisée dont feraient l’objet tous les Arabes sans exception et d’autres tartufferies qui prêteraient à rire n’était la gravité de la situation, les unes après les autres. Toutes ces thèses tombent, comme celle d’un choc des civilisations où la démocratie serait l’apanage des pays occidentaux, à l’opposé des pays arabo-musulmans réfractaires à toute notion d’équité et de progrès.
Chez nous, les manifestations se succèdent, marche des « pro », suivies par les marches des « anti », chacun bat le pavé au rythme de ses croyances et de ses idéaux, sans que le pays ne plonge dans ce chaos prédit par certains. La seule certitude que l’on pourrait être tenté de défendre est que rien ne sera plus jamais comme avant. Les gouvernants ont découvert la détermination de leurs peuples, les puissances tutélaires, la limite de leur soutien inconditionnel et les rédacteurs de manuels de géopolitique nécessite de reformater leur message.
Dans cette période trouble, la question de la prise en compte des aspirations exprimées est autant importante que le cadre dans lequel elle doit pouvoir se déployer. Oui, des réformes doivent être menées, mais nous devons garder la tête froide pour ne pas céder au brouhaha qui empêcherait toute réflexion et qui de fait serait contreproductif. Au risque de se répéter, la balle est dans le camp des acteurs de la politique, élus ou candidats qui doivent rapidement se rapprocher des doléances du peuple. Sinon, c’est leur survie qui serait en jeu et à travers eux celle de la Démocratie et de la paix.
Dans ce rapport du local au global et inversement, l’importance du peuple devrait retrouver la place centrale qui est la sienne dans la définition de la Démocratie.




