Depuis 2008, les chargés d’études de la firme avaient des visées sur le Maroc pour abriter un deuxième bureau régional. La décision est tombée et serait… négative. Éclairages.
Google n’ouvrira plus un bureau régional au Maroc ! Et le tant attendu investissement physique de la firme américaine au Maroc n’aura finalement pas lieu. « Google a déjà entamé depuis 2008 des études de marché et de faisabilité quant à une ouverture d’un bureau régional au Maroc, mais actuellement le CEO Larry Page a apparemment pris une décision à contre -courant », nous confie ce haut responsable au siège de Google à la Sillicon Valley, par ailleurs très proche du dossier.
Lors des G-days à Rabat, en mai dernier. A droite, Wael Fakharany, DG du bureau égyptien de Google. Photo Yassine TOUMI
Notre source nous révèle que les missionnaires de Google au Maroc, venus en 2008,étaient trop ambitieux et il s’est avéré que la taille du marché marocain ne se prêtait pas à une installation physique mais plutôt un démarchage commercial. En effet, selon les résultats d’une étude très étayée sur le marché africain, dont le Soir échos détient copie, le Maroc ne figurerait pas sur la liste des pays prioritaires de la multinationale.
Maigre consolation pour Fakharany !
Le rapport confidentiel, qui a été élaboré par le cabinet d’étude Boston Consulting Group (BCG) et qui a coûté des dizaines de millions de dollars à Google, porte un accent très particulier sur l’Afrique subsaharienne. « Le marché africain, et en particulier la partie subsaharienne est en plein essor. Le continent enregistre l’un des taux de pénétration de mobiles les plus remarquables au monde (40%) et avec un nombre d’utilisateurs mobiles qui dépassent les 400 millions d’utilisateurs (4 fois plus supérieur que ceux d’internet) », peut-on lire dans le rapport d’étude. BCG a ainsi conseillé à Google de privilégier des croissances organiques, notamment sous forme de joint- ventures et d’acquisitions d’entreprises en Afrique subsaharienne et d’innover en termes de produits SMS destinés au mobile.La région nord-africaine, quant à elle, sera desservie et démarchée par le bureau régional du Caire.
Nous sommes bien loin de l’époque où le DG de ce bureau égyptien (qui a été créé en 2006) Wael Fakharany, nous avait confié début 2010 que l’ouverture d’un deuxième bureau dans la région était imminente et que la ville de Casablanca était pressentie pour l’abriter. Une prospection avait même été entamée avec de hauts responsables de la firme et Fakharany le 27 juin à Casablanca, où des rencontres avaient été organisées avec le gouvernement marocain et une visite a été organisée avec Ahmed Réda Chami, ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies à Casanearshore où le futur bureau régional devait être implanté.
Les contours d’une éventuelle ouverture étaient, donc, presque ficelés. Après, plus rien n’a filtré sur ce dossier. Sauf une conférence de presse organisée par Google à Casablanca afin de présenter des services destinés aux professionnels. Questionné à ce propos, Abdel Wahed Bendaoua, Head of Entreprise chez Google pour la région MiddleEast Africa Eastern Central Europe à Dubai, donnait déjà les prémices d’un abandon du projet. « Au-delà de l’ouverture de ce bureau, l’important est de créer des partenariats. D’où l’objectif de notre visite actuelle au Maroc. Nous voudrions introduire Google à l’entreprise ». En coulisses, il nous confia qu’un bureau n’est qu’un aboutissement et un couronnement de partenariats solides entre les opérateurs du pays et la firme. Sans oublier les opportunités d’affaires offertes par les pays avoisinants.◆




