Marche de la dignité : Le message voulu est l’unité de la gauche
Présent lors de la « marche de la dignité » organisée par les syndicats de la gauche marocaine, Habib El Malki livre au Soir échos ses impressions ainsi que les raisons qui l’ont poussé, lui et d’autres cadres de l’USFP, de participer à la marche.
Présent lors de la « marche de la dignité » organisée par les syndicats de la gauche marocaine, Habib El Malki livre au Soir échos ses impressions ainsi que les raisons qui l’ont poussé, lui et d’autres cadres de l’USFP, de participer à la marche.
Avec ses 50 000 participants, peut-on dire que la marche a été une réussite ?
Tout à fait. La clé de son succès est le caractère unitaire de la marche. C’est une marche qui a réuni deux grandes centrales syndicales, la CDT et la FDT, qui ont une histoire et un passé militant communs ?
Nous avons eu un syndicalisme unitaire, à quand une gauche unitaire ?
Justement, en même temps que la marche a été unitaire, il y avait aussi une présence significative des composantes de la gauche. Cela s’explique par la relation profonde entre le mouvement ouvrier et la gauche marocaine. Cette dernière était forte lorsque le mouvement syndical était uni, tandis que la gauche s’est largement affaibli à cause de la division des syndicats. Le message voulu à travers cette marche est l’unité de la gauche.
L’USFP n’a-t-il pas choisit la rue à cause de sa faible représentativité au parlement ?
Les institutions sont un espace d’opposition, mais ce n’est pas suffisant. Il existe d’autres lieux, d’autres espaces pour soutenir l’opposition.
Dans le contexte économique actuel, ne pensez-vous pas, entant qu’économiste, que les revendications des syndicats sont exagérées ?
Il faut dialoguer. Les revendications des syndicats sont à prendre en considération. Personnellement, je suis pour un large consensus social englobant l’emploi, la santé, les services publiques, le pouvoir d’achat, etc. Sans ce consensus social, il est très difficile de renforcer la cohésion interne. Il faut donc un dialogue sérieux.
Encore une fois, l’actuel gouvernement n’est pas au rendez-vous, ni dans le respect, ni dans la mise en œuvre de la nouvelle constitution, en ne prenant pas assez en considération les partenaires sociaux.
Comme vous, de nombreux cadres de l’USFP étaient présents lors de la marche. N’y avait-il pas un certain affrontement à distance entre les prétendants au poste de Premier secrétaire de l’USFP ?
Pas du tout. Ce que je peux vous dire c’est que la plupart des cadres du parti ont une expérience syndicale, soit dans le mouvement étudiant, soit dans le mouvement ouvrier. Ces relations qui sont donc fortement établies explique la présence des cadres de l’USFP ainsi que d’autres composantes de la gauche. Et je le répète, la gauche n’est jamais aussi forte que lorsque les syndicats sont unis.


