Handicapés : marre d’être marginalisés !
Les handicapés se mobilisent pour défendre leurs droits. Le collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap, lance un appel à la mobilisation nationale le 22 mai, devant le Parlement, pour dénoncer l’exclusion de ces marginalisés.
Les handicapés se mobilisent pour défendre leurs droits. Le collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap, lance un appel à la mobilisation nationale le 22 mai, devant le Parlement, pour dénoncer l’exclusion de ces marginalisés.
Ma Douzch Bla Bina ! » (Jamais sans nous). Détrompez-vous, il ne s’agit pas d’un titre d’un long métrage ni d’un spectacle, mais du slogan du mouvement des personnes handicapées, qui ont décidé de crier leur colère à Rabat. Le collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap, fédérant 250 associations des différentes régions du pays, lance ainsi, sur Facebook, un appel à la mobilisation nationale, dimanche 22 mai devant le Parlement, pour dénoncer l’exclusion et la marginalisation dont souffrent les handicapés. Et surtout pour revendiquer « leurs droits légitimes ». « Nous ne voulons pas de charité mais nos droits. A la santé, à l’éducation, à l’emploi… Nous voulons participer au développement du pays dans tous les domaines, économique, social et culturel », note Karim Cherkaoui, membre fondateur du collectif et de l’association marocaine des déficients moteurs (AMDM). « Nous avons opté pour ce slogan, pour dire au Gouvernement que rien ne réussira sans nous ». Sur Facebook, la mobilisation bat son plein.
Projet de loi en sommeil
Les handicapés qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à la capitale se sont donné rendez-vous devant les sièges des wilayas des différentes villes du pays. Les protestataires dénoncent « le blocage par le gouvernement du projet de loi n°62- 09, relatif au renforcement des droits des personnes en situation de handicap, blocage qui est de nature à perpétuer les violations que connaissent les droits de ces personnes dans tous les domaines », s’indignent-ils dans un communiqué. Le projet de loi sommeille toujours au SGG. « Le Gouvernement dit que ce projet coûte cher à l’Etat. Or, une étude souligne que l’exclusion des handicapés coûte 2,5 % de son PIB », renchérit le secrétaire général de l’Amicale marocaine des handicapés, membre du collectif associatif, lors d’un point de presse organisé mardi dernier à Casablanca, pour lancer sa campagne de dénonciation.
Depuis vingt ans d’existence, l’AMH a bataillé pour protéger les droits des personnes en situation de handicap. Elle a fait de la problématique de l’accessibilité aux services publics son cheval de bataille. Toutefois, ses efforts sont restés vains. Les handicapés ont toujours des difficultés à prendre un taxi ou monter un escalier. « Trop, c’est trop ! », s’indignent-ils sur Facebook. « Pour que les hôpitaux marocains soient accessibles et que la sécurité sociale prenne en charge l’ensemble des coûts liés au handicap, parce que les handicapés sont discriminés dans l’accès à l’emploi, parce que les bâtiments publics, le transport public et les médias ne leur sont pas accessibles, parce que les politiques publiques et les programmes de développement doivent inclure la dimension handicap de manière transversale…Tous ensemble pour une société inclusive, égalitaire et ouverte à toutes et à tous », peut-on lire sur leur communiqué.
72 % exclus de l’éducation
Le Maroc comptait 1 530 000 handicapés, en 2004, un chiffre largement dépassé aujourd’hui, mais depuis sept ans, des statistiques n’ont été pas faites. 56 % de ces personnes sont en âge de travailler mais 88 % d’entre-elles sont en chômage et 72 % sont également exclues de l’éducation et de l’instruction. Cette frange de la population souffre également d’absence de couverture sociale et médicale.
Ecartés de la réforme de la Constitution
Les associations dénoncent également leur mise à l’écart du projet de réforme de la Constitution. « Nous n’avons pas été convoquées par la commission chargée de l’élaboration du texte constitutionnel. Nous avons adressé un mémorandum à la commission le 8 avril dernier, en vain. C’est de la discrimination. Nous voulons que les droits des handicapés soient pris en considération dans l’élaboration de la Constitution. Nous ne demandons pas de la charité. Ce sont nos droits humains et citoyens. Nous sommes des citoyens à part entière », s’insurge Karim Cherkaoui. Pour sa part, Amina Saloui, vice-présidente de l’AMH, regrette que « pour le gouvernement, la question de la protection des droits des handicapés n’est pas une priorité. Quand nous rencontrons les hauts responsables pour leur faire part de nos doléances, ils nous répondent qu’ils ont d’autres projets plus importants que nous ». ◆
Khadija SKALLI


