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Influence

Depuis mardi, s’est ouverte à Istanbul la version régionale du Forum économique mondial. Cette édition qui se veut transversale en regroupant les rendez-vous Moyen-Orient et Eurasie, consacre l’importance de la Turquie sur la scène régionale. Avec son modèle de « soft-power », la diplomatie turque avance ses pions sur des bases nouvelles, dans une région qui s’étend [...]

Depuis mardi, s’est ouverte à Istanbul la version régionale du Forum économique mondial. Cette édition qui se veut transversale en regroupant les rendez-vous Moyen-Orient et Eurasie, consacre l’importance de la Turquie sur la scène régionale. Avec son modèle de « soft-power », la diplomatie turque avance ses pions sur des bases nouvelles, dans une région qui s’étend de l’Atlantique à l’Afrique, gênant parfois les acteurs traditionnels héritiers de l’ordre colonial. Parmi les sujets évoqués durant ces deux jours, la situation en Syrie, avec la clarification d’Ankara qui précise ne pas vouloir intervenir militairement dans la crise que traverse le pays ; l’emploi, le chômage et tous les thèmes récurrents qui peuplent l’actualité, mais aussi le questionnement sur le système monétaire de demain. En lançant un rapport sur la place des monnaies de référence actuelles, euro, dollar et yen, face aux coups de boutoir de la crise financière de 2008 et de ses conséquences sur le monde réel, l’idée défendue est de réfléchir à un réaménagement destiné à éviter d’entraîner la croissance économique dans une spirale encore plus vertigineuse. Cet exposé, qui a mis en lumière les faiblesses associées à chacune des zones monétaires de référence, ouvre la possibilité pour le yuan chinois de se présenter comme un acteur crédible… sous réserve d’efforts colossaux pour le maintien de la croissance et des réformes de gouvernance nécessaires pour mettre le système financier aux normes internationales. L’émergence d’un système monétaire multipolaire reste toutefois un voeu plutôt qu’une réalité à court terme, au vu de la multitude de paramètres en jeu, qui rend difficile la conciliation entre les intérêts des différentes puissances, élément de base de la stabilité d’un système quelconque.  Ce qui en sortira peut-être, sera la cohabitation entre des zones d’influence où telle monnaie prévaudra sur telle autre. Dans la reconfiguration géopolitique actuelle, une sorte de « new-deal » reste toujours possible pour redynamiser les économies basé sur des politiques régionales de proximité plutôt que de rester confiné dans des frontières nationales étriquées.

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