A l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme, les familles des détenus de la Salafiya Jihadiya montent au créneau et organisent des sit-in devant le siège du CCDH et du Parlement. Cette année, deux associations qui regroupent les familles des détenus salafistes, Ennassir et la Coordination de la vérité, organisent [...]
A l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme, les familles des détenus de la Salafiya Jihadiya montent au créneau et organisent des sit-in devant le siège du CCDH et du Parlement.
Cette année, deux associations qui regroupent les familles des détenus salafistes, Ennassir et la Coordination de la vérité, organisent vendredi un sit-in devant le CCDH pour la première et un autre devant le Parlement pour la deuxième.
mohamed el hamraoui
Selon Hasna Moussaïd de «la coordination de la vérité pour le soutien aux détenus d’opinion et de religion» : «Depuis lundi 6 décembre, plus de 84 détenus islamistes sont entrés dans une grève de la faim illimitée pour protester contre les transferts et les méthodes humiliantes utilisées par l’administration pénitentiaire». Par la même occasion, les familles des détenus ont lancé un appel à toutes les organisations des droits de l’Homme pour attirer l’attention de l’opinion publique sur cette situation.
Selon la même source : «Si les détenus sont condamnés à la prison, il ne sont pas condamnés à l’humiliation et à la torture». Selon des sources concordantes, 18 autres détenus de la même mouvance vont rejoindre les grévistes de la faim. Selon la même source, le 6 décembre, le détenu Mohamed Suissi avait été battu et sanctionné par l’isolement au cachot et y demeure jusqu’à présent. Suite à cette mesure disciplinaire, les 84 grévistes ont annoncé jeudi une grève de l’eau de 24 heures en signe de solidarité avec Mohamed Suissi. Un autre groupe de 26 détenus de la Salafiya Jihadiya à Kénitra entame aussi une grève de la faim de 24 heures en solidarité avec Mohamed Suissi.
Cette nouvelle forme de protestation nous rappelle l’épisode tragique des grèves de la faim des salafistes arrêtés après les attentats du 16 mai de Casablanca dans la prison agricole d’Outeta en 2005 et où un détenu avait perdu la vie. Khalid Boukri, originaire de la ville de Ouezzane, était âgé de 28 ans. Condamné à deux ans de détention à la suite des attentats du 16 mai, il lui restait quatre mois de prison à purger. D’autre part, les mesures disciplinaires musclées ont concerné aussi quatre détenus : Abdelhadi Zourdi, Morad Sarouf, Khalid Haddad et Driss Rabie, lesquels, selon les familles, avaient été menottés et immobilisés à côté du cachot plusieurs heures.
Selon Mostapha Ramid, parlementaire et président du Forum de la dignité qui a organisé mercredi à Rabat une rencontre sur le même sujet : «On va demander à tous les groupes parlementaires des deux Chambres la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire au sujet de la situation des détenus islamistes en grève de la faim. On demandera aux députés de prendre leurs responsabilités afin de voir la réalité des choses dans les prisons».
Selon Mohamed Hakiki directeur exécutif du Forum de la dignité, qui suit de très près la situation dans les prisons : «L’administration pénitentiaire se comporte d’une manière brutale avec les détenus condamnés dans le cadre de ce qu’on appelle la Salafiya jihadiya. Cette manière est en contradiction avec l’approche de réconciliation que nous avons élaborée. Nous appelons à minimiser le fossé entre les détenus islamistes et les autorités».
Plusieurs observateurs du dossier de la Salafiya Jihadiya et du terrorisme affirment que l’approche sécuritaire a montré ses limites, une nouvelle approche devant être instaurée.
Le Forum de la dignité pour les droits de l’Homme, proche du PJD, avait annoncé le 9 mars dernier, le lancement d’une initiative de réconciliation dans le dossier des détenus de la Salafiya Jihadiya. Par la même occasion, le Forum avait envoyé au Premier ministre Abbas El Fassi un mémorandum sur «l’approche de réconciliation pour clore le dossier de la Salafiya Jihadiya».




