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Khaled déchaîne l’OLM Souissi

Stars nationales et internationales, public toujours plus nombreux, ambiance festive et liesse communicative, la fièvre Mawazine poursuit son collier de rencontres riches et de spectacles forts.

Khaled-Mawazine

Sourire en bannière, le roi du raï a tenu une conférence de presse dans laquelle il a confié qu’il devrait sortir un nouvel album en juin prochain.

La présence du roi du raï, Khaled, l’enfant chéri d’Oran, déchaîne toujours les passions et remue sans conteste les foules au Maroc. De là, à parler d’événement, dans le barnum musical de la pop raï, dont il a été le fer de lance au tournant des années soixante-dix et quatre-vingt, il n’y a aucun doute. Il est 16 heures à la Villa des arts de Rabat, où une conférence de presse attend la presse francophone et arabophone. Après une heure d’attente, Khaled apparaît dans une ambiance surchauffée, la salle est archi-comble et contient en plus des journalistes, les gardes du corps du raï man.

Maghreb united

Affable, le sourire en bannière, il se dit heureux d’être à nouveau parmi nous, au Maroc, terre de spectacle qui l’accueille toujours très chaleureusement. Les questions fusent au micro des journalistes arabophones, l’accent sucré libanais succède à celui chantant tunisien, pour former une belle farandole du Grand Maghreb. Le chanteur nous apprend qu’il vient tout juste de devenir papa, d’une petite fille qui s’appelle Jena, qu’il prépare depuis près d’un an, un nouvel album, qui devrait sortir en juin prochain, pour lequel, il a fait appel à l’efficacité de RedOne. On espère, que cette galette, aura la force et l’âme plus jamais inégalée de son premier opus, « Kutché », signées par le talentueux compositeur algérien, Safy Boutella.  « J’y interprète une chanson dédiée à la jeunesse qui rêve de partir en Europe, elle s’intitule « Harragas », même si les Européens ne vont pas la comprendre, j’ai tenu à ce qu’elle figure en priorité sur l’album. J’ai été de ceux qui voulaient aussi quitter leur pays, j’ai rêvé de Paris et une fois que je l’ai réellement vue, j’ai vu, autre chose, bien éloignée de ce que j’imaginais », a déclaré Khaled, poursuivant, « cette chanson me tient très à cœur, car nous sommes confrontés au problème de l’immigration, et beaucoup de nos enfants y perdent la vie ». On aimerait en savoir plus sur la couleur de cet opus, mais le temps accordé à cette conférence touche déjà à sa fin. Les organisateurs de Mawazine, confiants, nous assurent que tous les supports pourront l’interviewer. Après deux heures d’attente supplémentaires, Khaled passé au micro des radios, craint pour sa voix. On nous annonce qu’il n’accordera plus d’interviews. Prédateurs, prêts à l’assaut, la meute de  journalistes des télévisions, l’encerclent et parviennent à écarter ses nombreux gardes du corps, lui faisant presque avaler leurs micros, Khaled abdique et répond encore à leurs questions. Tant pis pour la presse écrite, qui n’a pas voix à ce chapitre, et rentre bredouille.  Puis, les plus téméraires patientent encore pour suivre la conférence de presse du grand producteur marocain, RedOne. Il est 19 heures trente. Déjà, quelques heures auparavant, le producteur de talent, également parrain de Mawazine, avait  animé un master class à l’ISADAC (Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle), comme Mokhtar Samba, qui a offert son dernier atelier de percussions. RedOne, a souligné que pour atteindre les sommets, il n’y a pas de recette miracle, seul compte « le travail, il faut travailler dur, très dur ». Le célèbre producteur a évoqué quelques conseils imparables, indispensables en plus du feu de la passion qui habitent souvent les jeunes désireux de se lancer dans le métier. Minuit, la scène de l’OLM Souissi, accueille enfin, Khaled. Il entonne quelques vocalises très graves, destinées à « chauffer » sa voix, comme à son habitude. Plus tard, enroulé dans les drapeaux marocain et algérien, il fait totalement corps avec le public, qui rassemble manifestement, selon les organisateurs de Mawazine, plus de 175 000 spectateurs. Quant à la scène marocaine, elle a également, fédérer les foules : Rachid Khali icône populaire algéroise, a immergé son public au son du chaâbi.
Et la scène de Salé, notre favorite, a mis en lumière, Imane El Ouadi, Hatim Idar, Amal Abdelkader et Mahmoud El Idrissi, pour des spectacles chaleureux et impérissables.◆

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