L’hiver en pépites littéraires
Les grandes pointures littéraires se bousculent au portillon, égayant ce début d’année. Une moisson de fictions politiques, en prévision de la présidentielle française, et un curieux cru de pépites étrangères seront bientôt sur nos rayons.

La majorité des ouvrages de cette rentrée littéraire hivernale seront en librairie au Maroc en moyenne un mois après leur parution en France.
La rentrée 2012 s’annonce prolifique, et un éventail d’œuvres politique-fiction s’inspirant de la présidentielle sera bientôt dans nos libraIries : Panique à l’Elysée (Grasset) de Dominique Paillé, Le mirage présidentiel de Guillaume Germain (Bentzinger) ou encore la Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er (Grasset) sont les plus attendus. Parmi ces fictions politiques, Les Sauvages est le premier opus de Sabri Louatah (Flammarion), et déroule une saga autour de la société française, à savoir un candidat d’origine kabyle qui remporte la primaire du PS avant d’affronter Nicolas Sarkozy. D’autres pépites nous plongent dans les énigmes du corps, où certains auteurs semblent fascinés par les frasques de la chair : Régis Jauffret dans Claustria se penche sur le calvaire d’une Autrichienne séquestrée pendant 24 ans par son père. Daniel Pennac recense, avec Journal d’un corps (Gallimard), les évolutions de l’organisme de son héros, de ses 12 ans à sa mort. Dans Les merveilles (Grasset), Claire Castillon retrace le parcours délirant d’une femme prisonnière de ses pulsions tandis que la sulfureuse Régine Deforges explore la sexualité des handicapés dans Toutes les femmes s’appellent Marie (Hugo et Cie). Philippe Sollers dépeint dans L’éclaircie (Gallimard) la fascination incestueuse du narrateur pour sa sœur Anne et pour la belle Lucie, un récit dense ponctué de références à Manet, Picasso ou Stendhal.
Des surprises
Des surprises de littérature étrangère ponctuent aussi cette rentrée : une nouvelle version du Nom de la rose, rééditée par Umberto Eco (Grasset), un inédit de Lawrence Durrell Petite musique pour amoureux (Buchet-Chastel). Après les grands Monsieur Caméléon et Kaputt de Cruzio Malaparte, grand journaliste et écrivain italien nous épate avec un curieux Muss (La Table ronde), un essai mordant sur les affres du fascisme. Le pardessus du docteur Freud, dernier livre de l’Allemande Christa Wolf, disparue en décembre, sera publié au Seuil. Célébrée dans le monde entier comme l’un des grands auteurs contestataires de la RDA au temps de la Guerre froide, cette Allemande de l’Est incarne la confrontation entre l’idéal socialiste et la réalité d’une Allemagne ravagée par la division puis réunifiée dans la douleur. Autre auteur allemand décapant, chantre de l’hyperréalisme, Edgar Hilsenrat revient avec son bouleversant Nuit, resté censuré en Allemagne près de 20 ans. Après Le nazi et le barbier et Fuck America, ses deux best-sellers à succès, Nuit est aujourd’hui considéré comme le chef- d’œuvre d’Edgar Hilsenratsh. Publié en 1964 en Allemagne, il a été saboté par son propre éditeur, qui craignait les réactions à cette approche très crue de la Shoah : la moitié du tirage a été envoyée en service de presse et le livre, épuisé en un mois, n’a jamais été réimprimé. Hilsenrath s’est inspiré pour Nuit de sa propre histoire, et du ghetto ukrainien où il a passé quatre ans entre 1941 et 1945. Quant aux parutions du printemps, le tant attendu Amy, ma fille du père de Amy Winehouse paraîtra en sortie mondiale cet été, et le troisième tome de la trilogie au succès phénoménal 1Q84 du vétéran Japonais Haruki Murakami sortira en mars chez Belfond.
La question d’Orient
Sous le titre La question d’Orient (André Versaille), Sophie Basch et Henry Laurens ont regroupé les articles et discours politiques de Lamartine, concoctant un livre marquant et portant un éclairage historique sur les processus de modernisation des sociétés orientales. Figure majeure du romantisme, le poète fut aussi un des premiers acteurs de la vie politique française. L’ensemble de ces discours et articles réunis dans ce volume révèle non seulement un grand orateur mais aussi un politique avisé, qui n’hésite pas à revenir sur ses erreurs. Son parcours politique est étroitement lié à son voyage en orient. L’importance des discours et articles de Lamartine (1790-1869) est capitale pour comprendre non seulement l’enjeu supérieur que constitue la « question d’Orient » au XIXe siècle, mais également la politique extérieure de la monarchie de Juillet et des débuts de la IIe République. Élu à la Chambre en 1833, alors qu’il naviguait entre Damas et Beyrouth, Lamartine inaugura sa carrière de député par un retentissant discours sur le démembrement de l’Empire ottoman, qui occupa les grandes puissances de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle. La fameuse « question d’Orient » le mobilisera pendant près de trente ans. Ces romans doivent paraître en janvier et sortiront dans les librairies marocaines un mois après leurs dates de parution en France, à La Fnac du Morocco Mall et au Carrefour des Livres de Casablanca. ◆


