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24 mai 2011

L’art et le bien vivre en commun

Nul ne peut ignorer l’impact des industries culturelles sur le développement économique et leur influence positive sur la promotion de l’image de marque des pays ayant investi depuis fort longtemps dans ce domaine vital.

Nul ne peut ignorer l’impact des industries culturelles sur le développement économique et leur influence positive sur la promotion de l’image de marque des pays ayant investi depuis fort longtemps dans ce domaine vital.


Depuis les âges les plus reculés au moment même où l’humanité commença à peine à s’affranchir du terrible joug de la nature et se démarquer au sein du règne animal, l’art fut l’une des premières étincelles ayant guidé la marche de l’humanité vers l’état de la culture et l’éclosion de l’âge de la civilisation.
A cet égard, même  les peintures rupestres témoignent et jusqu’à nos jours, de la véritable vocation de l’art qui consiste à révéler la profonde nature de l’être au-delà des voiles multiples du paraître, et de par ce dévoilement, l’œuvre d’art inscrit l’éphémère dans l’ordre de l’éternel, suscite l’enchantement et célèbre la puissance de la vie qui ne s’apparente nullement avec la force brutale et la violence qui se nourrit de l’instinct mortifère.
Les premiers desseins qu’avait imaginés et peints l’homme des cavernes, nous paraissent aujourd’hui dans leur grande simplicité naïve, comme étant le commencement originaire et fondateur d’un genre artistique avec lequel toutes les cultures humaines se sont auréolées. Pourtant, ces premières créations picturales recèlent une valeur inestimable, car elles représentent l’une des premières strates de la mémoire symbolique humaine. Sommes nous conscients chaque fois qu’il s’agisse de porter notre regard sur l’œuvre d’art et au-delà de tous les jugements esthétiques, que ce regard est d’ores et déjà une réponse à une invitation subtile, qui s’adresse à ce qui nous élève d’avantage et nous permet d’accéder au beau et sublime ?
Ainsi, l’art se nourrit certes du génie mais son but ultime demeure le partage qui ne pourrait s’effectuer pleinement que dans le cadre du bien vivre en commun, qui aspire à la joie et au bonheur devant être assurés au bénéfice de tous.
Il semblerait donc que le débat en cours, concernant la tenue des différentes manifestations artistiques au Maroc, ne devrait nullement se focaliser autour de la contestation qui se trompe de cible, ni se contenter par ailleurs de l’aspect festif de l’animation artistique, au détriment de sa consécration durable et pérenne.
Rappelons à cet égard que nulle cause ne peut justifier l’appel au bannissement de ces éclats de joie, sans que ce genre d’appel nous rappelle des pratiques ayant prôné le bannissement de l’art et l’interdiction du savoir. Rappelons aussi que l’art ne peut s’épanouir et s’agrandir qu’enveloppé par le grand air de la liberté et protégé par les nobles valeurs de la tolérance.
Le seul engagement digne de ce nom, en faveur de la noble cause des arts et de la culture, ne devrait nullement se barricader en scandant les funestes slogans de l’interdit et du bannissement, mais cet engagement devrait plutôt se munir de l’esprit d’ouverture tolérante et de la curiosité créatrice. L’art, en exprimant la grandeur aussi bien que la tragédie de la condition humaine, ne cultive ni le sentiment de l’adversité, ni la passion triste qui se nourrit du ressentiment ; et c’est pour cela que la création artistique répugne l’instrumentalisation et se refuse à toutes les formes de récupération.

Une clé pour la compétitivité

Le Maroc ayant accumulé une riche expérience en matière de tenue de festivals artistiques, est appelé à investir cet atout majeur,afin de susciter une réelle renaissance de l’ensemble des genres artistiques dont quelques uns témoignentd’ailleurs d’une vitalité remarquable. Le meilleur des investissements à cet égard devrait s’orienter vers l’éducation artistique de base par le biais des disciplines d’éveil artistique censées être dispensées dans les écoles et les universités.  D’autre part, la formation académique en matière artistique demeure le moyen le plus efficace permettant aux talents avérés de se perfectionner et d’accéder aux performances correspondant aux standards internationaux relatifs à l’ensemble des arts sonores, visuels, dramatiques et chorégraphiques.   Comme chacun le sait, la créativité artistique n’est pas seulement l’un des moyens les plus en vogue par le biais desquels le génie des nations s’exprime, mais aussi à travers cette même créativité, l’un des secteurs clés de la compétitivité mondiale est promu au rang des domaines d’activité économique les plus rentables. A cet égard, nul ne peut ignorer l’impact des industries culturelles sur le développement économique et leur influence positive sur la promotion de l’image de marque des pays ayant investi depuis fort longtemps dans ce domaine vital.
Agir en faveur de la culture et des arts relève désormais des priorités devant engager les pouvoirs publics aussi bien que les acteurs privés et associatifs. Une telle action détermine aussi le devenir en commun et assure l’émergence d’une société juste et imprégnée des nobles valeurs de la liberté et de la tolérance. ◆




 
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