Alors que le Parlement grec adoptait dimanche soir le nouveau programme d’austérité, Athènes s’embrasait, sous la colère des manifestants, hostiles aux nouvelles mesures.
La nuit de dimanche à lundi a été émaillée de violences entre les forces de l’ordre et les adversaires des nouvelles mesures d’austérité.
Athènes s’est réveillée hier matin, les rues jonchées de pierres et débris de verre. « Nuit de terreur à l’intérieur et à l’extérieur du parlement », titrait ce matin le quotidien conservateur Eleftheros Typos. Et pour cause, alors que le Parlement votait le nouveau programme d’austérité, la nuit de dimanche à lundi a été émaillée de violences entre les forces de l’ordre et les adversaires des nouvelles mesures d’austérité.
150 magasins pillés
Au lendemain du vote, les pompiers s’affairaient dans les décombres fumants de plusieurs bâtiments incendiés par des jeunes. La police a indiqué que 150 magasins ont été pillés dans la capitale et 48 bâtiments ont été incendiés. Une centaine de personnes, dont 68 policiers, ont été blessées, et 130 interpellées. Des violences se sont également produites dans la deuxième ville du pays Thessalonique, dans l’île de Corfou et en Crète. Des débordements qui donnent un avant-goût du défi à relever par le gouvernement de Lucas Papadémos pour mettre en pratique les réductions des dépenses publiques exigées par le FMI et l’Union européenne.« Ce que nous avons vécu dimanche augure un avenir sombre, similaire voire pire à la situation en Argentine il y a dix ans » écrivait hier matin le journal grec de centre gauche To Vima. Les mesures ont été approuvées par 199 élus de la Chambre sur 300. Papadémos a dû composer avec le refus de 43 députés socialistes et conservateurs, appartenant à la coalition gouvernementale.
3.3 milliards à économiser
La loi votée par les députés grecs prévoit 3,3 milliards d’économies budgétaires par le biais de nouvelles baisses des salaires et des retraites et une nouvelle vague de suppressions d’emplois dans la fonction publique. Difficile de faire passer la pilule aux grecs, qui se serrent la ceinture depuis des mois déjà. Ces dispositions sont exigées par la Troïka (FMI, UE et Banque centrale européenne) en échange d’un nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros indispensables avant le 20 mars, date d’une importante échéance de la dette grecque. « Nous avons devant nous un programme économique complet et crédible pour sortir de la crise économique et budgétaire. C’est un programme qui préserve, plus que toute autre chose, la place du pays au sein de la zone euro », a déclaré le chef du gouvernement, Lucas Papadémos, tout en reconnaissant l’ampleur des efforts réclamés à ses concitoyens, confrontés notamment à une baisse de 22% du salaire minimum.◆




