L’Internet Society (ISOC) et la Moroccan Internet Society (MISOC) ont organisé, le 10 mai à Rabat, une conférence sur l’importance que prend Internet dans le monde. Les technologies du futur et l’impact sur la société mènent Internet vers de nouvelles perspectives. Vint Cerf, qui est le papa d’Internet, est le premier à s’étonner que son [...]
L’Internet Society (ISOC) et la Moroccan Internet Society (MISOC) ont organisé, le 10 mai à Rabat, une conférence sur l’importance que prend Internet dans le monde. Les technologies du futur et l’impact sur la société mènent Internet vers de nouvelles perspectives.
Vint Cerf, qui est le papa d’Internet, est le premier à s’étonner que son protocole de communication entre ordinateurs devienne un outil planétaire», confie au Soir échos Abdelaziz Hilali, le président de la Moroccan Internet society (MISOC) à l’occasion de la conférence INET, organisée mardi 10 mai à Rabat, avec l’Internet society (ISOC). L’évènement a réuni des experts de la question autour d’une plate-forme d’information sur les récents développements de l’Internet et ses perspectives. «Personne ne s’attendait à ce que Internet devienne aussi populaire à l’échelle planétaire, qu’il ait autant d’impact au niveau social, économique, juridique et financier. Aujourd’hui, Internet représente des gains quotidiens qui dépassent de loin les budgets annuels des énergies renouvelables, de la santé, de la recherche et développement au niveau mondial», fait remarquer Abdelaziz Hilali pour insister sur l’invasion phénoménale des trois «w» ayant conduit inéluctablement à l’épuisement de la capacité actuelle. «Depuis février 2011, il y a épuisement des adresses IP. Le jour où on a inventé Internet, on s’est dit qu’avec près de 4 milliards d’adresses IPV4, on répondrait largement aux besoins. Eh bien faux ! En ce moment, nous devons passer à la version IPV6 qui compte des milliards et des milliards d’adresses. Ce n’est plus que des individus qui se connectent, mais aussi des objets, des appareils, des consoles de jeux, des portables…», explique le président de la MISOC.
Au Top 10 des langues web
A l’exemple des mutations que connaît le monde économique, il semblerait qu’Internet soit en voie de perdre son identité américaine. «Sur le web, les langues arabe, français, russe et chinoise n’étaient pas très utilisées, elles étaient même très en retard. Mais, ces dernières années, l’on constate que les langues qui connaissent un taux de croissance de quatre chiffres sont le chinois, l’arabe et le russe. Celles-ci figurent désormais au Top10 où l’arabe représente, à lui seul, un taux de croissance de 2 500% par an sur Internet», affirme ce responsable. L’univers du web, selon ce spécialiste, se dirige donc vers un troisième millénaire qui ne sera ni anglophone ni francophone ; il sera peut-être chinois, arabe, russe ou polonais. Internet a pris les commandes pour changer le monde à sa guise, mettre en place une communication sans laquelle les mouvements des jeunes n’auraient peut-être pas vu le jour avec autant de force. «Au début, les gouvernements ont considéré Internet comme un simple jouet, mais au fil du temps leur perception s’est révélée fausse. Internet n’est pas une partie de plaisir seulement, c’est aussi une force sociale, politique, économique – ne serait-ce que par les noms de domaines, vendus à des milliards de dollars. Le problème qui se pose avec acuité est la gouvernance d’Internet», insiste Abdelaziz Hilali.
Nos jeunes donnent un exemple éloquent de l’intérêt que représente Internet. C’est de là d’ailleurs que le Mouvement du 20 février s’est construit et a pu rallier des adhérents à travers tout le royaume. C’est aussi au sein du réseau social Facebook que les manifestants s’organisent, que les appels aux réformes raisonnent le plus. «Ceux qui ne seront pas connectés seront complètement out. Nous organisons d’ailleurs cette conférence pour alerter de cet avenir si proche d’Internet. Demain, il y aura de nouveaux noms de domaines libéralisés par l’Internet corporation for assigned names and numbers (ICANN). On pourrait trouver un nom de domaine «.barcelone» ou «.casablanca»», prévient le président de la MISOC soulignant que de multiples demandes dans ce sens sont actuellement déposées et que le Maroc doit se presser avant qu’il ne soit trop tard. « L’ICANN a donné son feu vert le 21 avril pour la création de l’extension marocaine en caractères arabes « al-Maghrib ». A présent, c’est aux maires des villes de jouer leur rôle d’investisseurs dans ce secteur porteur qu’est l’Internet, parce que c’est un business certain et un outil de visibilité pour leurs mairies», estime Abdelaziz Hilali. Espérons que cet appel trouvera des échos. ◆





