La Caravane de l’export de retour du Golfe
Un peu plus de 13 000 kilomètres, 5 escales, 56 personnes pour une quarantaine d’entreprises, 7 secteurs représentés, 4 plénières, 2 conventions et un millier de rendez-vous B2B entre les entreprises marocaines participant à la caravane de Maroc Export et les entreprises locales en vue de signer des contrats et d’établir des synergies. Tel est le résumé de la dernière mission organisée par Maroc Export dans les pays du Golfe.

Les secteurs qui ont eu le vent en poupe lors de cette mission étaient l’agroalimentaire, les T.I. et – fait nouveau – les services à valeur ajoutée.
Le tandem, Saâd Benabdellah, directeur général de Maroc Export et Abdellatif Maazouz, ministre du Commerce extérieur, a encore une fois porté haut les couleurs des entreprises marocaines.
À l’heure où les pays du Golfe sont l’attention de tous les pays, il était logique et naturel d’utiliser les valeurs culturelles communes avec les pays de la région mais surtout les approches complémentaires pour donner un peu de couleurs à des échanges qui restent bien timides.
Face à une économie où les effets de la crise ne se font pas sentir autant que dans le reste du monde, avec un marché de plus de cinq millions de consommateurs locaux au pouvoir d’achat parmi les plus élevés de la planète et une demande dans les secteurs des services, de la pharmacie ou de l’agroalimentaire, le Maroc dispose d’atouts reconnus par les interlocuteurs rencontrés pour être un partenaire de poids.
Dans un exercice rôdé, l’équipe de Maroc Export a déroulé le tapis rouge sous les pas des entrepreneurs marocains et de leurs homologues des pays du Golfe pour contribuer à augmenter des échanges encore bien trop timides entre nos pays respectifs, malgré le potentiel et l’adéquation entre l’offre marocaine et la demande de pays en pleine effervescence économique.
En effet, le Maroc exporte, selon les chiffres de l’Office des changes 1,25 milliard de dirhams vers les Émirats et à peine 49 millions vers le Qatar. Bien que la tendance de la courbe soit positive sur les dernières années, les montants en jeu restent confidentiels par rapport à ce qu’ils pourraient être.
Au menu des rencontres, des conventions signées pour renforcer le cadre de travail avec Dubai Export, l’équivalent de Maroc Export, ainsi qu’avec la Chambre de commerce d’Abu Dhabi, mais surtout des rencontres pratiques entre entreprises.
Que faut-il tirer de cette visite ?
La diversification des secteurs présentés a permis d’ajuster facilement la prospection à la demande rencontrée. Dans cette approche qualitative, le contenu des propositions a été finement scruté par les interlocuteurs des entreprises marocaines, dans un esprit pragmatique autant que constructif.

Côté institutionnel, le Maroc, à travers sa position géographique, peut jouer le rôle de hub commercial ou logistique pour les pays de la région qui ont des visées sur l’Afrique subsaharienne ou l’Europe. Et ce qui est vrai dans un sens, l’est également dans l’autre. Les pays du Golfe, consommateurs, sont aussi une plaque tournante importante à partir de laquelle les produits marocains peuvent trouver des débouchés dans toute la région.
Côté opportunités, les secteurs qui ont eu le vent en poupe lors de cette mission étaient incontestablement ceux de l’agroalimentaire, des technologies de l’information mais aussi – fait nouveau – des services, en particulier le conseil, avec des entreprises ayant fait leurs preuves au Maroc et dont l’expérience a séduit les hôtes des différents pays visités.
Côté chiffres, les opportunités recensées à travers le millier de rendez-vous réalisés, représentent un relais de croissance unique pour le Maroc en particulier à un moment où nos partenaires traditionnels traversent une période de crise incertaine.
Les entreprises présentes ont dans leur grande majorité suscité un intérêt réel de la part de leurs interlocuteurs locaux.
Mais dans ce qui pourrait paraître comme un eldorado, la concurrence est rude. Pas un jour ne passe sans que ne soit annoncée la visite d’une délégation turque, chinoise ou européenne entre autres. L’avantage du Maroc réside dans l’attrait qu’il représente pour ces pays mais aussi dans la complémentarité. Toutefois, les occasions passent vite et sans suivi réel de la part des entrepreneurs, les fruits seront récoltés par d’autres.◆

