La Catalogne, un exemple à suivre
La coopération maroco-espagnole pourra être encore plus importante autour de la recherche-développement.

La Catalogne représente 2,5 % de la production scientifique de l’UE, soit pratiquement 1 % de celle à l’échelle mondiale.
Axé autour de l’industrie, la première édition d’Industech s’est adressée à une région icône à l’échelle internationale, pour la convaincre de faire part de cet événement. La Catalogne a été donc une des invités d’honneur du salon, tout d’abord pour l’importance de ses échanges commerciaux avec le Maroc, mais aussi pour le potentiel et les nombreuses opportunités de collaboration offertes.
À juste titre, il y a lieu de souligner que les exportations de la région de Catalogne vers le Maroc représentent plus de 21 % du total des exportations espagnoles, soit plus de 452 millions d’euros sur deux milliards d’euros. De leur côté, les importations dépassent le un quart des importations d’origine marocaine du royaume ibérique, soit plus de 430 millions d’euros sur 1,6 milliard d’euros. Quant aux investissements directs de ladite région, ils totalisent, sur la dernière décennie, plus de 740 millions d’euros, soit plus de 23 % de tous les investissements directs espagnols sur le territoire marocain. Ces échanges, qui ne cessent de progresser, sont le signe d’une coopération fructueuse dont le potentiel d’amélioration n’est toujours pas épuisé, affirment les intervenants lors de la conférence qui s’est tenue vendredi dernier, en l’honneur de la région espagnole.
« Qu’il s’agisse de commercialisation de produits, de sous-traitance, d’une implantation à travers la délocalisation ou du lancement de nouvelles activités, les opportunités à saisir entre la Catalogne et le Maroc sont légion », a confirmé Natalia Ortega Gómez, secrétaire générale du Centre des études et des essais métallurgiques (CEEAM), organisme espagnol privé à but non lucratif.
Pour étayer les arguments sur l’existence d’opportunités d’affaires avec cette région, Ortega Gómez n’a pas hésité à ajouter que « la demande insatisfaite du marché marocain et la trajectoire positive de son économie font du Maroc un gisement important pour les entreprises catalanes ». Toutefois, l’aspect sur lequel la coopération pourra être encore plus importante est celui de la recherche-développement. La région est, en effet, connue pour son dynamisme dans ce domaine. Selon Kamal Elmedkouri, directeur d’ACC1Ó, agence d’investissement catalane, « la région représente 2,5 % de la production scientifique de l’Union européenne, soit pratiquement 1 % de la production mondiale ».
Un partenariat pour l’innovation
Par ailleurs, cette coopération focalisée sur l’aspect innovateur, ne sera pas une nouveauté entre les deux royaumes. Plusieurs projets ont déjà été réalisés à travers le partenariat entre le Centre pour le développement technologique industriel (CDTI), organisme étatique espagnol qui favorise l’innovation et le développement technologique des entreprises espagnoles d’un côté et des organisations marocaines, telles l’ANPME, la CGEM et le ministère du commerce et de l’industrie, de l’autre côté : « Tout au long des quatorze années de cette collaboration, 80 % des projets soumis ont été matérialisés par une implantation directe au Maroc », précise Marc Marchador Borrás, délégué du CDTI. Ajoutant que « l’ensemble de ces investissements n’est pas concentré dans la région nord du Maroc. Contrairement à ce que l’on peut croire, plusieurs entreprises espagnoles sont implantées au sud ou encore dans le centre, notamment sur l’axe Casablanca, Kénitra ou Fès, Meknès. Seule la nature du projet influe sur le choix de la zone d’implantation ».
Il est clair que la volonté d’approfondir les relation commerciales de part et d’autre est bien là. En témoigne d’ailleurs la dernière visite, en Espagne, d’Ahmed Réda Chami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, dans le cadre de la rencontre économique organisée par l’Agence marocaine pour le développement des investissements.◆

