La communication financière, seul gage de confiance
Diffuser des informations financières n’est pas toujours suffisant, surtout quand les émetteurs se limitent aux publications obligatoires. Seule une communication transparente qui renseigne sur la situation réelle de l’entreprise pourrait rétablir la confiance sur un marché boursier et financier qui en manque cruellement.

à terme, la communication financière permettrait d’améliorer le rating ainsi que la valorisation de l’entreprise émettrice d’un emprunt obligataire ou de parts de capital.
La communication financière a toujours été le talon d’Achille de notre place. L’information financière peine encore à être efficace et continue, car selon Asmaâ Boukhris Barakat, présidente de la SMAF (Société marocaine des analystes financiers), il faut distinguer l’information de la communication financière. Si la première se limite souvent à la diffusion de chiffres, bilans et autres documents, inscrits dans leur grande partie dans le cadre des obligations réglementaires, la communication est encore plus large. « La communication financière, contrairement aux idées reçues, est très complexe. Pour véhiculer un message qui s’inscrit dans cette logique, il faut combiner des données relatives à la fois à la stratégie et aux réalisations financières. Ce qui n’est pas une chose facile », souligne la présidente de la SMAF qui vient d’obtenir tout récemment la casquette de directeur général de son entreprise de communication financière, MFC.
Une relation win-win entre émetteurs et investisseurs
En effet, ce message doit s’adresser à des destinataires différents : analystes financiers, investisseurs, autorités du marché, presse spécialisée … le tout afin d’asseoir une relation de confiance à travers une communication continue et transparente. Et qui dit transparence, dit communication sur tout fait qui pourrait impacter la société et ses performances de manière positive ou négative.
D’ailleurs, dans un marché entaché par les effets de la crise internationale et caractérisé par des investisseurs devenus matures et une réglementation plus serrée, les émetteurs se doivent de s’inscrire dans cette logique. « À terme, cela leur permettrait d’améliorer leur rating ainsi que leur valorisation », précise Boukhris. Ceci étant, seules donc une stratégie de communication financière en ligne avec la stratégie de l’entreprise et une information claire, efficiente, continue et transparente peuvent assurer une relation gagnant-gagnant entre les émetteurs d’une part, qui pourront donc faire des levées de fonds dans des conditions avantageuses, et d’autre, part les investisseurs, qui auront ainsi en face d’eux un émetteur crédible et digne de confiance.◆
3 QUESTIONS À …
Asmaâ Boukhris Barakat, Directrice générale de MFC
« L’information financière n’est pas la communication financière ! »
MFC (Morocco Financial Communication) est la première société au Maroc dans son genre, spécialisée en communication financière et institutionnelle. Créée par Asmaâ Boukhris Barakat, également présidente de la SMAF, l’agence de conseil cherche à combler un vide qui impacte négativement le marché boursier et financier aujourd’hui.
Vous aviez une longue expérience derrière-vous comme analyste financier. Aujourd’hui, vous êtes directrice de MFC. Comment vous est venue l’idée de créer cette société ?
L’idée de cette création a émergé d’un constat que j’ai fait au niveau du marché financier de par mon expérience en tant qu’analyste financière.
Cette fonction permet d’être à la fois proche des émetteurs comme des investisseurs. De même, avec ma participation à la SMAF de 2005 à 2008, j’étais responsable de la Commission émetteurs où j’ai pu vérifier de près l’existence d’un vide surtout au niveau des experts en communication financière. Après ce constat, j’ai voyagé à l’étranger pour voir comment fonctionne une entreprise de communication financière et corporate. Ce qui m’a permis par ailleurs de nouer un partenariat avec Calyptus qui est une agence française de conseil spécialisée en la matière.Quand est-ce que MFC a démarré ses activités ?
La création de MFC, confiée à un spécialiste, car chacun son métier, a été lancée avant juin de l’année en cours et le démarrage s’est opéré entre septembre et octobre. Ceci dit, nous sommes toujours en phase préliminaire post-création. Le démarrage effectif de nos activités de conseil ne s’effectuera qu’en janvier, étant donné que nous sommes toujours en pleine prospection.
En effet, il n’est pas évident de se constituer un portefeuille-client dans un laps de temps aussi restreint (deux mois d’activités seulement) et dans un métier nouveau.Quels types d’entreprises cible votre agence et y a-t-il déjà des pistes de contrats ?
L’activité de MFC se consacre à un marché de niches. Il s’agit notamment de toute société qui a déjà fait un appel publique à l’épargne, émission obligataire, billet de trésorerie, augmentation de capital, etc. De même, nous ciblons les sociétés qui souhaitent recourir au marché pour se financer. L’avantage pour ces dernières, qui dans la plupart des cas sont méconnues du grand public ou encore des opérateurs économiques, est de leur préparer le terrain et de le leur faire connaître pour que cette sortie sur le marché financier soit réussie. Les émetteurs sont conscients de ces enjeux et de ce qu’une communication financière peut leur rapporter. Quant à notre portefeuille client, aujourd’hui nous sommes en phase de finalisation d’un contrat avec un client, alors qu’un second est en phase finale de négociations. Ces prospects et futurs clients, comme je l’ai dit, sont des avertis et savent déjà que l’information financière n’est pas la communication financière.


