La concentration plombe le secteur
Le cabinet BFive a présenté les résultats d’une étude sur la concurrentialité du secteur du crédit à la consommation, dominé par les grandes structures. Une nouvelle mouture sera toutefois présentée, dans une semaine, pour pallier les lacunes dont a fait l’objet cette étude.
S’il y a une réalité partagée sur le secteur du crédit à la consommation est qu’il est en pleine croissance. C’est en effet la deuxième composante des revenus des ménages au Maroc. Selon les chiffres de l’étude de Bfive, commanditée par le Conseil de la concurrence, cette croissance est concrétisée par un taux élevé de pénétration des crédits à la consommation dans les foyers marocains, notamment avec 5,8 %, en 2009, contre 9 % aujourd’hui. Selon les résultats de l’étude menée par le cabinet Bfive, entre 2000 et 2008, l’encours des crédits accordés a augmenté entre 2004 et 2008 de 9,5 % contre 3,8 % pour lé période 2000 et 2004.
Toutefois, quatre grandes sociétés, sur 20 opérateurs, Wafasalaf, Eqdom, Vivalis et Salafin se partagent le gros du marché. Viennent par la suite les challengers et les petits indépendants qui restent très peu structurés. Il y a également, une forte dominance par les banques dont la part de marché est plus importante avec 55% : «les grands acteurs du secteur ont investi de manière substantielle dans leurs systèmes d’information et se sont dotés de moyens qui les rendront encore plus forts», note l’étude. En effet, les sociétés de financement affiliées aux banques apparaissent plus compétitives au niveau des taux appliqués par rapport aux sociétés de crédit à la consommation. A ce titre, l’étude signale que les crédits automobiles, équipements ménagers et prêts personnels sont les plus commercialisés alors que le crédit revolving reste encore très marginal.
Pour ce qui est des segments de crédits, les crédits automobiles, équipements ménagers et prêts personnels sont les plus commercialisés alors que le crédit revolving reste encore très marginal.
Entraves structurelles pour le secteur
Au niveau du crédit automobile, Wafasalaf détient 40 % du secteur contre 30 % pour Eqdom. Pour les équipements ménagers, respectivement 41% et 21% et enfin pour le prêt personnel les deux sociétés détiennent 50 % du marché. Autre concentration, cette fois-ci au niveau géographique,le Grand Casablanca détient 49% du marché national, suivi de la région de Salé-Zemmour-Zaer.
Malgré le contexte de la crise économique internationale, le secteur a maintenu sa dynamique de croissance grâce à la résistance de l’économie nationale et les différentes stratégies sectorielles de développement lancées. Toutefois, certains facteurs entravent encore la concurrentialité du secteur, entre autres le fort degré de concentration que ce soit au niveau des acteurs qu’ au niveau géographique, baisse de la marge d’intermédiation, la croissance des charges d’exploitation et les taux d’intérêts qui continuent de baisser. L’étude a également soulever l’interdit religieux et l’inaccessibilité des couches sociales défavorisées aux crédits comme obstacles devant le développement du secteur.
Pistes possibles pour le développement du secteur :
- Apparition de filiales spécialisées de la grande distribution ;
- Renforcement de la présence des banques et consolidation de leur position ;
- Développement de nouveaux relais de croissance (la grande distribution) ;
- Internationalisation vers l’Afrique et le Maghreb arabe.
Lancée en 2010, par le cabinet Bfive, «l’étude fait partie d’un lot d’études lancées par le Conseil de la concurrence au sujet d’un certain nombre de secteurs afin d’en examiner les aspects et les mécanismes de la concurrence pour constituer un fonds documentaire et un substrat d’analyses pouvant servir à des futures saisines. Cette étude ne constitue en aucun cas une auto saisine puisque le Conseil de la concurrence ne dispose pas encore de ce pouvoir dans la législative actuelle», précise Abdellatif Benamour, président du Conseil de la concurrence.
Fortement critiqué par les professionnels du secteur notamment par Bank Al-Maghrib, le cabinet présentera dans les jours qui viennent une deuxième mouture de cette étude, qui prendra en considération les observations et compléments d’informations exprimés par les acteurs.◆


