La dette tient la vedette à Cannes
Trouver une solution à la crise de l’euro, tel est le mot d’ordre des dirigeants des vingt pays les plus industrialisés de la planète réunis, depuis hier, à Cannes en marge du sommet du G20.

La chancelière allemande, Angela Merkel et le président américain, Barack Obama, lors d’une réunion bilatérale, jeudi, à Cannes.
Le sommet du G20 s’est ouvert, hier, à Cannes en France. Une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement ont pris part à cette rencontre qui s’achève vendredi. Mais dans le contexte actuel, les dirigeants des vingt pays les plus industrialisés de la planète sont bien plus préoccupés par la crise dans la zone euro que par la faim dans le monde. « La tâche du G20 sera de résoudre la crise de l’euro », a déclaré le président américain, Barack Obama, à son arrivée à Cannes.
La monnaie unique risque donc de faire de l’ombre aux autres défis de cet important sommet. Avec en toile de fond le dossier grec qui alimente de nombreuses interrogations ces derniers jours depuis l’annonce d’un référendum par Georges Papandréou, le Premier ministre grec. Autre inquiétude, l’Italie qui se rapproche du scénario grec puisque son taux d’emprunt a dépassé, mercredi, la barre des 6%. La contagion pourrait rapidement s’étendre à d’autres pays de la zone euro si des mesures adéquates ne sont pas rapidement prises. Et dans une telle situation, c’est l’économie mondiale qui en pâtira. Ce sont d’ailleurs les raisons pour lesquelles Washington fait pression sur les dirigeants européens depuis plusieurs mois.
Une solution à la crise de l’euro
« Les États-Unis sont prêts à aider l’Europe à relever ses défis », a assuré Barack Obama. La Chine aussi se dit prête à participer au Fonds européen de stabilisation financière (FESF), mais pose ses conditions. Avec ses 3 000 milliards de dollars de réserves, Pékin pourrait, en investissant dans la zone euro, réduire considérablement la contagion. « La Chine est prête à aider l’Europe. Mais il y a au moins deux préconditions. Si elles sont remplies, on peut penser qu’un montant autour de 100 milliards de dollars n’est pas inconcevable », a déclaré au quotidien Le Figaro Li Daokui, membre du Comité de politique monétaire de la Banque centrale chinoise. Selon lui, Pékin doit avant tout s’assurer de la validité des mécanismes du FESF car « ce serait pire pour la Chine de participer à quelque chose qui irait à l’échec ». Le président chinois, quant à lui, a déclaré, en marge du G20, que c’est surtout « à l’Europe de régler le problème de sa dette ».
Toutefois, les vingt dirigeants les plus puissants du monde sont bien déterminés à trouver une solution adaptée à la crise. « L’aspect le plus important pour nous lors de ce sommet est de résoudre la crise financière, ici en Europe », a insisté le président américain, Barack Obama, lors d’ une brève intervention devant la presse. Il faut aussi souligner que c’est l’occasion pour les Brifs
( Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) de se faire entendre sur les grands dossiers qui concernent notamment la gouvernance mondiale.
Réduire la pauvreté dans le monde
Toutefois, même si une réponse rapide à la crise de l’euro s’avère impérative, il n’en demeure pas moins que d’autres défis attendent aussi le G20. Il s’agit notamment de la lutte contre l’évasion fiscale (les paradis fiscaux), de la taxe sur les transactions financières et de l’aide au développement public. Le rapport annuel sur le développement humain publié ce mercredi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) n’a pas manqué de stigmatiser les inégalités qui continuent de se creuser entre les pays pauvres et les pays riches de la planète. Et les conclusions de ce rapport publié la veille même de l’ouverture de ce sommet ne sont pas anodines.
Il est urgent pour les pays riches de multiplier leurs efforts pour réduire la pauvreté dans le monde.
Et les conséquences de la situation actuelle se mesurent à l’aune des nombreux mouvements d’indignés qui ont vu le jour ces mois, notamment en Occident, pour contester le système financier mondial qui, selon eux, est responsable de la pauvreté des peuples. De nombreuses ONG ont, de même, tiré la sonnette d’alarme, en marge du G20, pour réclamer une gouvernance mondiale plus équitable. « Il ne faut pas sacrifier l’aide au développement. Les solutions pour la Grèce ne peuvent pas être prises sur le dos des plus pauvres », a déclaré Samuel Worthington, le président de Inter Action, une ONG américaine. ◆

