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La grogne monte chez les étudiants

À Libreville, les étudiants haussent le ton pour réclamer une amélioration de leur conditions à l’Université Omar Bongo.

Gabon

Scène de heurts entre les forces de police et des étudiants de l’Université Omar Bango, le 18 avril dans la capitale gabonaise, Libreville. Ces derniers demandaient notamment le paiement de leurs bourses d’études.

La tension est vive à l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, depuis quelques jours. De nouveaux heurts ont eu lieu en fin de semaine dernière entre les forces de l’ordre et les étudiants qui réclament le paiement de leurs bourses depuis janvier. Jet de pierres et grenades détonantes ou lacrymogènes ont marqué ces accrochages entre policiers et étudiants. D’autres heurts ont également été signalés dans d’autres endroits de la capitale gabonaise, notamment au niveau du quartier qui abrite les institutions( Sénat, Assemblée nationale, ministères…).  De sources concordantes au sein du campus de Libreville, quatre étudiants ont été arrêtés et un autre, blessé, n’a pu être évacué à cause de la forte présence des forces de l’ordre qui « encerclaient » l’université. Pour rappel, mercredi à Franceville située à l’Est du pays, des affrontements entre étudiants de l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) et les forces de l’ordre s’étaient également produits alors que les forces de sécurité tentaient de libérer l’entrée du campus bloquée pendant trois jours par les étudiants pour contester l’exclusion de 74 d’entre eux.

Concertation

Face à la grogne qui s’enflait de jour en jour, le ministre de l’Éducation, Séraphin Moundounga, avait reçu 25 étudiants de l’UOB et des responsables de l’université appelant les uns et les autres à privilégier la raison. « Que la quiétude et la tranquillité puissent revenir au sein de l’UOB », leur avait-il fait comprendre. Entre-temps, le mouvement des étudiants avait été reçu par le Premier ministre, Raymond Ndong Sima. Rencontre au cours de laquelle les leaders du mouvement ont transmis un manifeste contenant leurs différentes revendications au chef du gouvernement. Les étudiants ont notamment appelé le Premier ministre à tout faire pour leur éviter une année blanche compte des grèves répétées depuis des mois. Ils ont également dénoncé un « génocide intellectuel ». Intervenant jeudi soir après les violents heurts entre les étudiants et la police, Raymond Ndong Syma, a réagi, en demandant à son cabinet le « lancement d’une concertation avec l’ensemble des parties prenantes », parmi lesquelles les étudiants, responsables de l’administration et syndicats d’enseignants. ◆

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