La réforme de la colère
Suppression ou réforme de la caisse de compensation n’est pas un exercice de tout repos. Un vrai test pour juger de la capacité des islamistes face à l’emprise d’une «spéculation voilée et spoliatrice».

Le gouvernement Benkirane n’a pas le courage requis pour s’attaquer aux poches de rentes qui favorisent la stagnation et entravent toute réforme.
Fini le discours de la résilience de l’économie nationale face au vent fort de la crise mondiale. L’inquiétude est d’ores et déjà réelle et l’on ne peut continuer d’ignorer la situation «explosive» pour reprendre les propres termes de Benkirane. La dernière hausse des prix des carburants, en mesure de générer des économies budgétaires de l’ordre de 4 à 5 milliards de dirhams, n’est que le premier jet d’une réforme en gestation. Les tenants et les aboutissants de cette dernière seront dévoilés à l’occasion des assises de la concurrence, prévues pour septembre prochain.
Un dossier sensible
La sensibilité du dossier veut qu’un jeu d’équilibriste soit mené à merveille avec des arbitrages qui ne risquent pas d’altérer et le pouvoir d’achat des catégories défavorisées et la compétitivité du tissu productif national. Or, c’est sur le dos de ce dernier que seront économisés les 4 à 5 milliards de dirhams annoncés au titre de cette révision à la hausse. Pour ne citer que l’exemple d’un secteur clé qu’est celui des transports qui devrait payer les frais des pots cassés. Celui-là même qui a consommé près de 34% du gasoil subventionné, soit un bénéfice de plus de 7 milliards de dirhams en 2011, devrait subir les effets inflationnistes. L’industrie n’est pas en reste. Les activités utilisant le Fuel N°2 avaient elles aussi bénéficié de la manne étatique à hauteur de 2,5 milliards de dirhams. Réduire l’aide étatique n’est donc pas sans perturber la machine de production déjà en sous-emploi. Les deux scénarri de réforme de la caisse de compensation basées sur la libéralisation avec ou sans mesures d’accompagnements, certes d’une valeur ajoutée très utile, passent cependant à côté de l’essentiel. Primo, elles ne tiennent pas compte d’un élément clé à savoir l’impact inflationniste et ses véritables menaces qui planent sur le pouvoir d’achat et la compétitivité du tissu entrepreneurial. Et c’est là justement où réside le vrai challenge mettant à découvert la fragilité de l’économie nationale. Ceci est d’autant plus vrai que le maintien des équilibres macroéconomiques reste une règle constitutionnalisée. Secundo, les deux expériences internationales (Indonésie et Brésil) en matière d’atténuation des impacts de libéralisation ayant fait l’objet de Benchmarks sont un mauvais exemple, chiffres à l’appui. Le produit intérieur brut (PIB) du premier pays est en effet estimé à plus de 9.000 milliards de dirhams en 2011 contre 840 milliards pour le Maroc. S’agissant du Brésil, c’est la 6e économie mondiale.
Un vrai test
Par ailleurs, il faut le dire, le gouvernement Benkirane n’a pas le courage requis pour s’attaquer aux poches de rentes qui favorisent la stagnation et entravent toute réforme. Si la suppression de la caisse de compensation est envisageable, il faudrait en outre doter le conseil de la concurrence de compétences supplémentaires, lui permettant d’envisager des actions répressives à l’encontre des pratiques anticoncurrentielles comme le plaidoyer face aux rentes indues. Un vrai test pour juger de la capacité des islamistes face à l’emprise d’une «spéculation voilée et spoliatrice». Certes le système de compensation en vigueur n’est nullement soutenable à moyen et long termes mais l’ouverture à la concurrence n’est pas une mince affaire. La question d’introduire de la concurrence au niveau de l’industrie sucrière, jusque là un marché monopolistique accumulant plus de 80 années, mérite d’être posée. «Quelle efficacité d’une réforme basée uniquement sur des mesures d’ordre technique?», s’interroge enfin l’équipe de Benamour. ◆


C’est une augmentation paradoxale foncièrement inopportune
Car, qui dit augmentation du carburant dit :
- Augmentation du prix du pain et des féculents,
- Celles des légumes, y compris celles des viandes, et de toutes les couleurs,
_ Puis des services, sans exception,
_ Du transport, au pluriel,
_ Des grèves et des plaintes syndicales. Elles seront plus motivées (pour exiger des augmentations sur les salaires) et plus agressives,
_ Des troubles sociaux et des émeutes, avec des reprises de marches aux relents printaniers arabes,
Avec y compris la gauche qui s’est libérée du gouvernement actuel,
_ Augmentation donc des menaces sur le gouvernement,
(Avec un impact négatif sur la réputation des islamistes, (et c’est dommage pour cette expérience d’alternance démocratique !),
Voire des menaces et des inquiétudes sur la plus Haute hiérarchie du pays, encore !!
Avec des impacts négatifs en retours, plus pernicieux encore :
- Une baisse de la consommation, tous azimuts, par effet de domino, contre les industriels locaux
Et un effet négatif sur le commerce interne, qui est pourvoyeur d’impôts et de TVA
- Une baisse de la production est égale donc à celles des recettes fiscales, ce que voulait corriger les Gouvernements ! Le retour de manivelle n’en sera que plus pervers.
Au total et en résumé :
C’est du gâchis pour ne pas dire du sabordage ou un autre mot contre-productif et cela est contemporain de la baisse du prix du baril des hydrocarbures!
Enfin,
C’est une ‘’connerie’’ antisociale, qui vient s’affronter à des contre-courants politiques dangereux et à l’instabilité sociale cumulée depuis, et que les autorités ont savamment réussi à juguler en 2011
Et cette perversion-là, elle profite à qui ? Y avait-il- d’autres solutions plus amènes, Messieurs-Dame(1), les gestionnaires ?
Au secours Majesté, sauvez-les de cette impasse ! De ce piège !
Civiquement, Dr Idrissi My Ahmed Kénitra, le 06 Juin 2006