La question de la sécurité des marchandises des importateurs au niveau du port de Casablanca refait surface. Quelques importateurs déplorent une recrudescence des vols ces deux derniers mois.
«Ce genre d’actions ne relève pas de notre champ de compétence. La responsabilité incombe au gardien dépositaire des marchandises». Un haut responsable.
Que se passe-t-il exactement au port de Casablanca? La sécurité des marchandises des importateurs au niveau du port de Casablanca est remise en question. Cette fois-ci, il s’agit de quelques importateurs de chaussures qui ont été victime de vol. « Les cartons des marchandises ont été fouillés. Et une fois les chaussures récupérées, on a pu constater qu’un certain nombre de pièces manquaient. Certes, il s’agit de petites quantités volées, mais ça perturbe quand même la livraison de nos commandes », déplore ce professionnel. Il faut dire qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène nouveau. Mais la recrudescence des vols ces deux derniers mois a pris de l’ampleur, selon certains entrepreneurs qui ont souhaité ne pas voir leur nom cité. Principe de précaution oblige!
De l’avis de ces importateurs, la majorité des exactions perpétrées a été effectuée notamment sur les aires de stockage et de magasinage. Contactée par Le Soir échos, l’administration des douanes écarte toute forme de responsabilité. « Ce genre d’actions ne relève pas de notre champ de compétence. La responsabilité incombe au gardien dépositaire des marchandises », explique un haut cadre de l’équipe de Zouhair Chorfi. Il pense en fait aux sociétés gestionnaires ayant pour mission la sécurisation des chaînes logistiques portuaires.
Le retard pris au niveau de l’installation du nouveau gouvernement semble bien profiter à certains agents qui se sont habitués à la pêche en eau trouble. Le volet sécurisation n’est d’ailleurs pas le seul taxé du doigt par les opérateurs nationaux. À vrai dire, c’est toute la chaîne du processus d’importations y compris les services douaniers. Ce que confirme d’ailleurs la lecture des principaux enseignements du plan stratégique de l’Administration des douanes et impôt indirectes (ADII)2011-2015. Il en ressort que des zones de fragilité relevées aussi bien par les douaniers que par les partenaires et clients subsistent. «La coopération avec les acteurs institutionnels manque parfois de cohérence au niveau par exemple des frontières lors du processus de dédouanement » , est-il souligné.
Le contrôle de qualité ne déroge pas à son tour de la règle. Les professionnels se plaignent du retard pris au niveau des procédures de contrôle mais aussi des « comportement irresponsables de certains agents corrompus ». Améliorer les conditions de passage en général aux frontières reste une des grandes attentes adressées au gouvernement de Benkirane. D’autant plus qu’il s’agit là d’un des grands chantiers à reformer et où les mauvaises herbes qui poussent plus vite que les champignons. Le nouveau argentier du royaume aura certainement du pain sur la planche.
« Agents corrompus »
Consciente de ces grands défis de taille, l’ADII s’est fixée comme objectif dans sa feuille de route 2011-2015 d’améliorer sa gouvernance. À la clef, assurer l’efficacité de contrôle et fluidifier les passages en douanes. Dématérialiser ces derniers n’est pas en reste. L’ADII a prévu également de déployer tous les efforts nécessaires pour la lutte contre la fraude et la corruption. Et ce à travers tout un dispositif d’amélioration des techniques d’intervention et de simplification de la nomenclature douanière. ◆
Plan d’action 2011-2015
Améliorer la gouvernanceCe grand chantier passe inéluctablement pat trois passerelles:
*Renforcer la politique de lutte contre la corruption. Il s’agit là d’une lutte active associant non seulement les douaniers mais aussi les entreprises, les associations professionnelles et les transitaires.
*Professionnaliser le pilotage et la maîtrise des risques
*Reconfigurer l’action de l’ADII autour de ses métiers de base.




