La valse des cessions commence
Driss Benhima compte accélérer la cadence des cessions des filiales de la RAM comme Matis, Atlas Hospitality et externaliser RAM Academy. Et ce, afin de mener à bien le plan de restructuration de la compagnie aérienne et pouvoir renouer avec le vert en 2013.

En revendant les quatre Airbus, Driss Benhima, DG de Royal Air Maroc, souhaite rationaliser la flotte de la compagnie et se concentrer sur les Boeing et ATR.
Driss Benhima, PDG de la Royal Air Maroc (RAM), compte mener à bout le programme de rationalisation de la compagnie aérienne et surtout l’accélérer. De sources proches de la compagnie, on apprend que la RAM a bel et bien cédé ses participations (33,3%) détenues dans la société Matis. Cette dernière réalise des câblages électriques destinés à l’industrie aéronautique. Elle produit les harnais électriques pour les programmes suivants, Boeing 737 et 777, Airbus A320, Falcon 900 et 2000, Moteurs CFM56-5B, CFM56-7B et GE90. La RAM était actionnaire à Matis à hauteur de 33,3% à côté de Boeing et Labinal (filiale du groupe Safran) qui détenaient les mêmes pourcentages de capital.
« Le Plan de rationalisation interne prévu dans le contrat- programme signé le 21 septembre 2011 entre l’État et Royal Air Maroc comporte un volet relatif au recentrage de Royal Air Maroc sur son cœur de métier principal à travers notamment la cession des actifs non stratégiques. La cession des parts de RAM dans la société Matis s’inscrit dans ce cadre.», nous communique la RAM. Ajoutant que, « Royal Air Maroc est fière d’avoir été à l’origine du lancement d’une entreprise exemplaire qui a contribué au développement du Pôle aéronautique marocain dans le cadre de la stratégie nationale du développement industriel.».
La filiale hôtelière aussi
La cession de ses parts dans Matis finalisée, la RAM s’est attaquée à une autre filiale, Atlas Hospitality Morocco – Hôtels & Resorts. Son DG Kamal Bensouda, n’étant pas disponible pour répondre à nos questions, de sources proches du dossier nous confirment l’information qui nous révèle, par ailleurs, que parmi les potentiels repreneurs il y aurait la Somed et Akwa group. Deux groupes qui, pour rappel, avaient scellé un partenariat stratégique avec la chaîne hôtellerie en 2010. « L’objectif à l’époque était de faire de cette chaîne la première chaîne hôtelière du pays à capitaux nationaux. Un plan de croissance nécessitant un budget d’investissement de 1,5 milliard de dirhams a été mis en place. Les effectifs de la chaîne devaient doubler pour atteindre les 3 000 collaborateurs et les unités devraient atteindre 20 unités d’ici 2012. Sauf que la RAM a subi une crise importante, ce qui a chamboulé ce plan », rappelle notre source. Pour information, entre 2004 et 2009, Atlas Hospitality a réalisé une évolution remarquable de 360% en termes de capacité hôtelière passant de 1 300 lits à 4 800 lits. Chez la RAM, on ne confirme pas l’information mais on ne dément pas toutefois cette cession. « Les cessions se déroulent conformément aux modalités prises dans le cadre de notre plan de rationalisation », répond la RAM. Quant au chiffre de 110 millions de dirhams relatif aux deux cessions précitées et relayé par la presse marocaine récemment, la compagnie aérienne a préféré ne pas émettre de commentaire.
La cession de ses parts dans Matis finalisée, la RAM s’est attaquée à une autre filiale, Atlas Hospitality Morocco – Hôtels & Resorts.
Externalisation de RAM Academy
Par ailleurs, parmi les priorités du programme de cessions figure également la cession de l’Ecole nationale des pilotes de ligne (ENPL). Comme annoncé en exclusivité par le Soir échos en octobre dernier dans l’article « RAM Academy n’est plus ! », les contours de cette externalisation se dessinent davantage en attendant le futur repreneur. « RAM Academy travaille de manière quasi-exclusive pour la compagnie Royal Air Maroc. La régularité de son fonctionnement est, de ce fait, affectée par les aléas conjoncturels et les éléments cycliques qui caractérisent l’activité de Royal Air Maroc et qui ont des conséquences sur la planification de ses besoins en pilotes», nous avait déclaré l’opérateur à l’époque, ajoutant que la situation actuelle est incompatible avec les règles de bonne gouvernance qui imposent à la compagnie de veiller impérativement à la préservation de ses équilibres économiques, d’où la décision de l’externalisation de RAM Academy. En effet, il est rappeler que les concurrents de la compagnie nationale ne forment pas leurs pilotes alors que Royal Air Maroc assure, par ses moyens propres, cette formation. Ceci lui impose des investissements lourds et des frais de fonctionnement importants (achat d’avions de formation, moyens pédagogiques, recrutement d’instructeurs…). ◆
La cession des Airbus avance bien
« La Royal Air Maroc a mandaté la société Falko, basée au Royaume -Uni, pour revendre ou louer les quatre Airbus A321-200 que la compagnie possède et dont elle veut se séparer », vient de nous apprendre le site Goldenflyer, spécialisé dans l’aéronautique et l’aviation. Pour rappel, il s’agit de la même société qui a revendu le Bombardier Dash 8 Q300 de la RAM dans le courant de l’été dernier. « La compagnie aérienne marocaine souhaite ainsi rationaliser sa flotte et se concentrer sur des appareils Boeing et ATR », conclut le site.

