Nabil Benabdellah annonce sa vision de la politique de la ville. Démarche inclusive, adhésion du citoyen… Des propositions que le nouveau ministre de l’Habitat a développées, le jeudi 26 janvier, au Café politis à Casablanca.
Les questions de l’habitat et de l’urbanisme au Maroc ont toujours été résolues dans un process de gestion de pression, selon Nabil Benabdellah, ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville.
Première sortie grand public pour Nabil Benabdellah. Fraîchement nommé ministre de l’habitat, il vient tout juste de livrer sa vision de la politique de la ville. C’était lors du dernier café Politis le jeudi 26 janvier à Casablanca. « Lutter contre l’habitat insalubre et éradiquer les bidonvilles, ce n’est pas ça une politique » a t-il déclaré. Des propos qui sonnent comme une sorte de pique envers son prédécesseur Taoufiq Hejira qui a fait de cette lutte son cheval de bataille. Nabil Benabdellah veut donc se démarquer en proposant une sorte de stratégie où l’homme sera au centre de cette politique. « Il ne faut plus que les citoyens restent à la marge. Je prône une démarche inclusive et non pas exclusive » a t-il dit avec sa verve habituelle toujours en bon orateur.
Il faudra anticiper !
Les questions de l’habitat et de l’urbanisme au Maroc ont toujours été résolus dans un process de gestion de pression. « C’est lorsqu’il y a un problème, des bâtiments menaçant ruine par exemple qu’on réagit, il faudrait arriver à un moment où l’on pourrait anticiper. Pour cela, il faudrait qu’on s’inspire des expériences étrangères » a-t-il proposé. De même, impliquer les autres intervenants, les départements du transport, de l’éducation nationale, de l’emploi semble aussi être une priorité pour ce ministre. « Le tout est de trouver un outil d’intervention pour pouvoir atteindre cet objectif » déclare t-il. Nabil Benabdellah n’a pas mâché ses mots. « Pendant 20 ans, il y a eu une fuite en avant. Il est vrai que nous n’allons pas régler tous les problèmes en 5 ans (ndlr: durée de son mandat). Il faut du temps et il faut commencer maintenant ».
L’Homme au centre des préoccupations
Une astuce pour rassurer ses éventuels détracteurs qui seraient tentés par dire à la fin de son mandat, qu’il n’a pas pu réaliser grand -chose de ce qu’il a avancé comme propos. Autre proposition et non des moindres, celle de l’adhésion des gens dans le processus de changement. « Les conseils des villes doivent impliquer les citoyens et dans ce sens, les associations de quartier doivent jouer un rôle ». Le ministre de l’habitat a évoqué enfin une politique intégrée et complémentaire. « La ville doit être un espace capable d’accueillir une vie. Il faut une vision globale. Savoir qu’est ce que nous voulons faire et qu’est ce qu’on peut y ajouter ». Avec ces déclarations Nabil Benabdellah a amorcé sa vision en tant que ministre de l’habitat et de la politique de la ville. Reste aujourd’hui à mettre ces paroles en application. ◆





Pourquoi Mr. le nouveau ministre a-t-il eu besoin de critiquer ce qu’a fait son prédécesseur?
Il aurait pu s’en passer. Le cheval de bataille de T. Hjira (un nom presque prédestiné…) était noble, avec la lutte contre l’habitat insalubre. Son successeur fera-t-il plus, ou mieux, ou simplement: différemment ?
Quand on sait que la génération de ceux qui sont nés dans les années 50-60 a grandi dans des quartiers avec des points de repère : le four à pains (invité aujourd’hui dans les cuisines), le hammam (supplanté par la douche ou la salle de bain), le cinéma (détrôné par les nouveaux médias et …le home cinema), le jardin public avec bancs et balançoires, ainsi que la mosquée…Quelle vision proposera donc N. Benabdellah de l’habitat et de la ville, pour justifier son quinquennat ????