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Lâcher de bonheur dans les rues de Marrakech

Le spectacle d’ouverture de la sixième édition du festival Awaln’art a misle feu dans les rues de Marrakech, samedi soir. Violoncellistes suspendus dans l’air et parade folle ont égayé les rues.

Les Marrakchis ont été surpris par la bonne humeur de la troupe de Transe Express.

Awaln’art, qui signifie « notre parole » en berbère, a brillamment réussi à répandre un air de fête, à coups de cocktail de rock, performance lyrique et franche rigolade, samedi soir. La soirée d’ouverture a fait pétiller les rues de Marrakech, avec son grandiose spectacle « Lâcher de violons », qui a sillonné le boulevard MohammedV, démarrant de la place de la Flamme et se clôturant en beauté sur la place du 16 Novembre. Rien de plus féérique que ce moment de pure symbiose vécu par les Marrakchis dans les rues de leur ville, grâce à la troupe de Transe Express, venues de France festoyer avec les habitants de la ville. Pris de court par cette fanfare inattendue et surpris par ces bouffons qui s’esclaffent à tour de bras, maquillés et accoutrés dans des costumes clownesques, tapant sans cesse sur leurs tambours, les Marrakchis ont vite joué le jeu, se tenant les mains et se mouvant en cercles autour de ces pitres en délire, à coups de flashs d’appareils photos, de mâchoires ouvertes et de regards ébahis. Planqués d’un camion aux allures punk où rockeurs déchaînés grattaient vigoureusement leurs basses et où acrobates pirouettaient sans relâche, suspendus à des armatures métalliques, la parade a littéralement enflammé le boulevard Mohammed V. Une heure et demie de fiesta où boules de feu et cordes tendues ont joué sur le hasard des déplacements des palonniers en équilibre.

Une fusion féérique

Plus loin, au bout du boulevard, les membres de la troupe marrakchie, Bakho, n’ont pas tardé à se joindre à la fête, munis de leurs gangas gnaouies, tarras, karkabas et darboukas. Mais c’est sur la place du 16 Novembre que le public a eu droit à l’apothéose avec une parade qui s’est mue en un spectacle féérique où trois scènes donnaient à voir une fusion détonante de rock-symphonie de percussions-musique lyrique. Placée sous le signe du « Lâcher de violons », le spectacle a présenté une performance tout en hauteur. Ariane Olympe, chanteuse lyrique et ses violoncellistes en costumes baroques, suspendus dans l’air, déambulaient au-dessus de nos têtes, pendant que les clowns tambourinaient accompagnés de l’ensemble Tikawa, et les rockeurs à droite de la scène enchainant leurs airs colériques. Une fusion copieuse. Signalons qu’au terme de ce festival, la compagnie Transe Express continuera à exporter son spectaculaire show, dans l’Oural et en Corée du Sud. Awaln’art est en partenariat avec la 2e édition de Marrakech du rire, qui clôturait ce soir-là ses cinq jours de jongleries verbales avec le spectacle de Jamel Debbouze au palais Badii. Ce festival donne, depuis six ans, une résonance particulière aux arts de rue au royaume et concocte des rencontres artistiques de haut niveau sur les places publiques. Il mêle arts de rue et arts du cirque, dans des espaces ouverts gratuitement au public, avide d’exubérance artistique. À l’instar du festival « On marche » tenu en mars, l’événement se positionne comme un festival de proximité par excellence. Il s’étendra sur une semaine de master class et de performances liées à l’art clownesque et aux arts de rue, dans les villes de la province d’El Haouz, se déployant à Aït Ourir, Tahanaoute, Tamesloht et Aghmat, et se clôturera le 17 juin par une déambulation démesurée dans les rues de Tahanaoute. Une vraie bouffée d’air frais, en attendant le Festival des arts populaires, autre fleuron de la culture de proximité, dans la ville ocre. ◆

Une semaine d’utopies

La sixième édition d’Awaln’art s’annonce festive et alléchante. Pas moins de 50 jeunes artistes marocains aux côtés des plus grands : Mohamed Mourabiti, peintre, Jérôme Thomas, jongleur, Yves Dagenais, clown, Yaya Coulibaly maître marionnettiste et Jean Georges Tartare dit le « griot blanc », et ce à travers des résidences. Ainsi, des masters class en art clownesque, en jonglage cubique et de marionnettes seront organisés du 1er au 17 juin à l’ESAV et à l’Institut Français de Marrakech. Des ateliers de peinture et un concours de fresques murales destinés aux écoles et collèges se tiendront du 11 au 16 juin à Tahanaoute, en partenariat avec Mohamed Mourabiti et sa Résidence d’artistes Al Maqam.  Ce concours se clôturera par le vernissage d’une exposition collective des grands peintres marrakchis le 16 juin à 11h à la Résidence Al Maqam à Tahanaoute. De grands moments attendent également les festivaliers dont la performance de la compagnie Barolosolo qui mettra en avant la particularité de l’eau, et le spectacle de danse contemporaine du théâtre Mombgol, tout droit venu de Corée. Des Souffleurs de poèmes, des acrobates Mandingues, un duo de jonglage et accordéon feront pétiller les quartiers de Marrakech. À savourer sans  modération.

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