|

L’Afrique se serre les coudes

La communauté des États Sahelo-Sahariens (CEN-SAD) se serre les coudes pour affronter le terrorisme. La session extraordinaire du Conseil exécutif de la CEN-SAD y a consacré ses travaux, hier à Rabat.

Saad-Eddine-El-Othmani

Saâd Eddine El Othmani et ses homologues africains lors de l’ouverture de la session extraordinaire du Conseil exécutif de la CEN-SAD hier à Rabat.

De nouvelles attentes et de nouveaux défis. Voilà ce qui nourrit la volonté africaine d’unir ses rangs, de les renforcer et de les réhabiliter. Et hier à Rabat, la Communauté des États Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) en a fait un engagement unanime, à l’occasion de la session extraordinaire de son conseil exécutif.

Une nouvelle vision

« Il faut faire de la CEN-SAD un instrument novateur capable de participer aux efforts de paix et de stabilité dans cette région dont l’importance grandit, non seulement pour nos pays, mais pour l’ensemble de la communauté mondiale », affirme Youssef Amrani, ministre délégué chargé des Affaires étrangères et de la coopération, pour qui le temps est venu pour l’Afrique de s’adapter et d’avancer. Et ce n’est de dialogue politique uniquement dont il est question, mais surtout de coopération économique et d’intégration régionale. « C’est le but escompté à travers lequel nous voulons favoriser la coopération trans-régionale en matière sécuritaire et de développement économique qui, aujourd’hui, doit aller de paire avec la volonté politique », recommande Youssef Amrani, en marge de la cérémonie d’ouverture de cette session extraordinaire. C’est une équation que le ministre délégué tient à mettre en relief pour souligner l’urgence de lier la démocratie à la promotion de la croissance économique, sans laquelle la création de l’emploi ne pourra évoluer. « Un pays tout seul ne peut y arriver. Raison pour laquelle, il faut que nous soyons tous mobilisés dans un esprit de coopération et de respect mutuel pour aller de l’avant », explique-t-il.

Les grandes lignes

Un contexte dans lequel la session extraordinaire du Conseil exécutif de la CEN-SAD requiert un intérêt particulier. Ses grandes lignes ont été, d’ores et déjà, tracées au mois de janvier dernier à Addis Abeba, à l’occasion de la réunion consultative du Conseil exécutif. Une « escale importante », selon le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Saâd Eddine El Othmani, qui en fait le grand pas de la propulsion de la CEN-SAD dont la structure n’a plus qu’un seul choix : le renouvellement. « Cette session extraordinaire intervient à un moment où notre région connaît un bouillonnement face auquel nous sommes appelés à renforcer notre organisation, à la réhabiliter pour la rendre capable de trouver des solutions efficaces et concrètes aux problèmes », indique Saâd Eddine El Othmani, au cours de son discours d’ouverture. Et de préciser que l’une des priorités sera de maintenir la sécurité dans la région. « Pour cela, nous devons adopter une stratégie claire, des instruments et des programmes de coopération efficaces. La région du Sahel et Sahara souffre d’une grave crise sécuritaire qui menace l’avenir des États à l’intérieur et à l’extérieur et est constamment nourrie par des réseaux transfrontaliers opérant dans le crime organisé, le terrorisme et le commerce illégal, notamment le trafic d’armes et de drogue », met en garde Saâd Eddine El Othmani. Le ministre tient à souligner la gravité de la situation face à laquelle les efforts consentis par la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) jouent un rôle capital.
C’est d’une sécurité à tous les niveaux qu’il est désormais question. La CEN-SAD devra orienter ses efforts vers ses ressources humaines et naturelles pour trouver l’issue. « Nous avons tous les ingrédients pour que notre coopération soit fructueuse, qu’elle permette la lutte contre la désertification, le désenclavement et mettre à la disposition des peuples les ressources alimentaires nécessaires », soutient le ministre des Affaires étrangères et de la coopération. À l’issue de ses travaux, le Conseil exécutif devra décider de sa feuille de route dont le lancement sera désormais imminent. ◆

Les OMD pour unifier la vision

Pour le secrétaire général adjoint de la CEN-SAD, Ibrahim Sani Abani, ce sont les huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui serviront à orienter la feuille de route des pays de la région. « La nouvelle CEN-SAD doit jouer le rôle d’instrument actif et réactif d’accompagnement des États dans leurs efforts individuels et collectifs pour atteindre et ou consolider les 8OMD, cela dans un contexte de paix, de sécurité et en partenariat avec toutes les autres organisations y compris les ONG », déclare-t-il à l’ouverture de la session extraordinaire du conseil exécutif. Et de souhaiter que le nouveau traité auquel aboutiront ces assises installe une structure administrative fonctionnelle pour mener à bien la nouvelle mission de la CEN-SAD. Dans cette nouvelle mission, le SG adjoint estime nécessaire d’ajouter des « mesures ad hoc dans les sens de l’identification et de la sécurisation du patrimoine matériel et des ressources financières de l’organisation ».

Laissez une réponse

En kiosque

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!