L’armée syrienne pilonne Haffé
Les troupes gouvernementales bombardent depuis lundi Haffé et plusieurs autres villes du pays. Des dizaines de personnes ont été tuées hier. La communauté internationale redoute un nouveau massacre notamment à Haffé.
Les troupes gouvernementales ont bombardé, hier, plusieurs localités du pays faisant au moins dix morts, au moment où la ville de Haffé, pour laquelle l’ONU a exigé un accès, était assiégée par l’armée après un violent pilonnage, selon une ONG syrienne. Dix civils ont été tués dans la chute d’obus de mortier sur le quartier d’Al-Jbeiblé dans la province de Deir Ezzor à l’Est de la Syrie, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) dans un communiqué. Dans la province d’Alep au Nord, la localité de Hreitane a été la cible d’un violent bombardement des troupes du régime. Celles-ci cherchent à la prendre d’assaut après avoir perdu de nombreux soldats dans des combats avec des rebelles aux portes de la localité, a précisé l’ONG. De nombreuses habitations ont été détruites dans le pilonnage et les habitants ont pris la fuite, selon des militants. La localité de Haffé, dans la province de Lattaquié (Nord-Ouest), était pour sa part assiégée par l’armée après l’envoi de renforts et un bombardement de sept jours a poussé les habitants à la fuite, selon l’OSDH. Les lignes téléphoniques étaient coupées jusque tard dans la nuit à Haffé. « Les chars de l’armée sont aux portes de la ville désertée par la majorité de ses 30 000 habitants. Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville », a témoigné un habitant de la ville à l’AFP.
Escalade de la violence
Dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie, des combats ont eu lieu entre soldats et rebelles près de la ville de Saraqeb, selon l’OSDH. Et dans la province de Homs, l’armée a pilonné le quartier de Khaldiyé où elle tente de pénétrer depuis plusieurs jours. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, 111 personnes ont été tuées dont 79 civils lundi dans les violences qui, ces derniers jours, ont pris de l’ampleur. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a indiqué, dans un communiqué diffusé hier par son bureau, que des opérations militaires intensives menées par les forces du gouvernement contre la ville de Homs et des tirs d’hélicoptères dans d’autres villes ont causé un nombre important de victimes civiles. Ban Ki-moon a aussi souligné l’importance que la MISNUS (Mission de supervision des Nations Unies en Syrie) jouisse d’un accès libre à Haffé, alors que des informations font état d’une accumulation des forces gouvernementales autour de la ville. « J’exprime ma vive inquiétude liée à la dangereuse intensification des violences armées à travers la Syrie au cours de


