L’art en grand format
La Biennale internationale s’invite à Casablanca, du 15 au 30 juin. Un événement exclusivement dévolu à l’art qui met l’accent avec pertinence sur la création contemporaine mondiale. Entretien avec son initiateur, Mostapha Romli.
Comment est née l’idée de cette Biennale internationale ?
L’idée a germé depuis cinq ans. Cette Biennale s’inscrit d’ailleurs, dans un processus global porté par une volonté de promotion de l’art, d’une, manière générale, de l’art marocain, en particulier, et d’encouragement du dialogue entre l’artiste et le public et inversement : en décloisonnant l’art et en investissant des lieux inhabituels. Un processus, que nous avons initié avec des événements comme Visions Multiples, expositions rassemblant des artistes marquants d’une même région et Les Rencontres d’Art Actuel, événement régional à portée nationale. Initier un dialogue international, est de première importance, car il s’agit de confronter l’art marocain avec la production actuelle hors de nos frontières,
Pourquoi avoir choisi Casablanca ?
Casablanca, est le terreau idéal pour une Biennale et elle la mérite. Considérée comme la première métropole du Maghreb et l’une des plus grandes villes d’Afrique, elle constitue le poumon économique et l’emblème du Maroc d’aujourd’hui. Un Maroc moderne, actif et ouvert sur le monde, tout en s’appuyant avec fierté sur un patrimoine et une culture très riches. Casablanca se distingue par son dynamisme artistique et culturel. Elle concentre en effet, une grande partie des galeries d’art au Maroc, à côté d’institutions publiques ou privées dédiées à la création artistique : les espaces d’art des grandes institutions bancaires, l’Ecole des Beaux-Arts, les anciens Abattoirs devenus La Fabrique Culturelle, tout un symbole. Il s’agit donc d’un moment idéal pour s’interroger sur la place de l’art dans la ville. D’où cette volonté d’implanter LA B.I.C (La Biennale internationale de Casablanca) dans plusieurs lieux emblématiques de la ville, de la faire vivre, du 15 au 30 juin 2012, au rythme de l’art : en encourageant artistes, professionnels et amateurs d’art mais aussi simples curieux, à découvrir ou redécouvrir les hauts lieux culturels de Casablanca. La B.I.C. sera inaugurée au Sofitel Casablanca Tour Blanche, partenaire de cet événement. Il sera au centre d’un parcours artistique qui conduira ensuite, les visiteurs à l’Ecole des Beaux-Arts, à l’ex-cathédrale du Sacré-Cœur, aux anciens Abattoirs et à plusieurs galeries d’art, afin d’aller à la rencontre de propositions artistiques issues de quatre continents. . Le dialogue est, à ce titre, le thème de cette première édition.
Parlez-nous de cette thématique…
La B.I.C. a pour but d’initier un dialogue intergénérationnel et interculturel. Il s’inscrit dans une démarche universaliste, à l’instar de la démarche plastique actuelle. Il s’agit de rendre compte de la qualité et du dynamisme de la scène artistique marocaine, tout en liant celle-ci aux circuits internationaux. Il est grand temps de mettre en avant la place du Maroc dans le monde, en connectant durablement la vie artistique marocaine dans son ensemble (au niveau de la production, de la réception et de la diffusion) aux circuits internationaux. En attirant les regards sur Casablanca, la B.I.C. se veut un formidable accélérateur de développement économique et culturel, inscrivant la ville blanche dans la liste des cités renommées par leur rayonnement artistique. Cette première édition réunie 250 artistes, de 37 pays.
Comment la B.I.C a-t-elle été accueillie auprès des artistes et des partenaires?
Les artistes attendent cette Biennale avec enthousiasme. Nous avons rencontré des partenaires conscients de l’importance des manifestations artistiques et impliqués très activement dans la promotion de l’art comme Sofitel Luxury Hotels, avec lequel nous avons établi un partenariat fort depuis plusieurs années. Et Attijariwafa bank, avec laquelle nous avons collaboré pour l’exposition Regards africains croisés. Mais les entités qui s’impliquent fortement dans ce secteur, sont encore peu nombreuses.
Quel art sera représenté ?
Tous les médiums : peinture, dessin, dont on note un grand retour partout dans le monde, sculpture, photographie, installation, vidéo, performance. Comme vous le constaterez d’ailleurs durant la Biennale, les médiums ne sont plus cloisonnés comme autrefois. Suivant le sujet traité et l’inspiration, les artistes peuvent travailler aujourd’hui différents médiums dans une même pièce, car ils se complètent et se répondent. Certains artistes inviteront le spectateur non seulement à voir leur œuvre mais à y entrer, à intégrer leur univers, leur espace. Beaucoup d’œuvres présentées ont été spécialement réalisées pour la B.I.C, autour du dialogue. Certaines installations, produites in situ, ont été inspirées par des lieux emblématiques comme l’ex-cathédrale ou les anciens Abattoirs.
Quels artistes seront présents?
Toutes les générations d’artistes marocains seront représentées; Quant aux artistes étrangers, certains exposeront au Maroc pour la première fois comme Tono Carbajo, Sithabile Mlotshwa, Alexis Peskine, Jose Freixanes, Tsubota Masayuki ou encore Yusuf Hadzifejzovi ; on retrouvera après une longue absence Dominic Besner, Rachid Koraïchi ou Uisso Alemany ; d’autres encore entretiennent un dialogue avec le Maroc, depuis de nombreuses années, tel Diego Moya.
La jeune école sera-t-elle présente ?
Absolument ! Nous avons voulu que la Biennale soit pour tous, une source de découvertes. Et nous ne souhaitions surtout pas en écarter la jeune génération. L’Ecole des Beaux-Arts présentera de jeunes artistes de tous pays, des artistes de grand talent. Les jeunes artistes ne représentent-ils pas l’art de demain? ◆


