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Le boulevard des amoureux

Tous les après-midi, sur la promenade entre la Grande Mosquée et le phare d’El Hank, des dizaines de jeunes couples se retrouvent. Assis alignés à quelques mètres les uns des autres, ils offrent un spectacle étonnant.

Vendredi, 14 heures, sur le parvis de la Mosquée Hassan II. Les hauts parleurs diffusent le prêche de l’imam sur toute l’esplanade. Les fidèles arrivent de toutes parts pour se rendre à la grande prière. Certains pressent le pas, d’autres sont plus calmes. En contrebas de la mosquée, en direction du phare d’El Hank, de jeunes garçons discutent face à la mer. Dans quelques heures, certains seront sans doute rejoints par l’élue de leur cœur.En fin de journée, lorsque le soleil entame sa descente vers l’océan et que l’air devient plus frais, l’endroit devient en effet le repère des jeunes amoureux casaouis.

Ici, ces jeunes ont trouvé un endroit tranquille pour vivre leur relation amoureuse sans avoir à se cacher du regard des autres.

Djellabas cintrées

Devant une mer bleue et plate, ils viennent ici pour voler au temps quelques instants de douceur. Ils sont tous apprêtés. Les garçons sont rasés de prêt leurs cheveux de geai gominés étincellent. Ils sont en jean, blousons et baskets ou en costume, chemise et cravate. Certaines filles sont voilées, de foulards bleus, roses ou dorés, d’autres, plus libres en apparence,ont lâché leurs cheveux et portent des djellabas cintrées aux couleurs vives et chatoyantes.

Les corps se frôlent timidement, les doigts s’entrelacent délicatement, quelques éclats de rire fusent, une tête se penche sur une épaule, un visage s’enfouit dans un cou et les regards crient ce qu’on ne peut pas toujours se dire. Ici, ces jeunes ont trouvé un endroit tranquille pour vivre leur relation amoureuse sans avoir à se cacher du regard des autres. Pour beaucoup, impossible de s’afficher de la sorte à la terrasse d’un café ou dans la rue.Mounia et Mehdi contemplent l’océan en se tenant la main. Jean et léger pull gris pour elle, casquette sur la tête et polo pour lui. Agés d’une vingtaine d’années, ces deux étudiants en Eco-gestion sortent ensemble depuis trois mois. « C’est pas toujours évident en public, confie Mounia timidement. Il y a des endroits ou je suis pas à l’aise, mais là on est bien», dit-elle en souriant. « En plus on n’est pas tout seuls !», ajoute Medhi en montrant les autres couples qui se câlinent autour d’eux.

Ambiance bon enfant

Des marchands de café, de thé et de pop-corn ambulants profitent de cette atmosphère particulière pour venir faire des affaires. Un peu plus loin, le jus d’orange fait également un tabac. Debout derrière leur charrette, deux vendeurs pressent les fruits à la chaîne et tendent les verres à tour de bras. L’ambiance est bon enfant. En plus des jeunes, quelques familles sont également présentes. Abdelwahed est venu faire un petit tour avec sa femme et sa fille de quatre ans. Il habite le quartier Gautier et vient souvent se promener le long de la mer entre la mosquée et le phare. « Je comprends les jeunes qui viennent ici. Ils n’embêtent personne, personne ne les embête, et en plus l’endroit est très beau ! », dit-il en pointant du doigt l’imposant minaret blanc et vert qui surplombe l’océan. Pour les jeunes Casaouis qui vivent leur premier amour, la promenade entre la mosquée Hassan II et le phare d’El Hank est bel est bien devenue le «boulevard des amoureux».

Benjamin Roger (stagiaire)


 

1 commentaire Pour “Le boulevard des amoureux”

  1. très bel article.

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