Le BTP pour sauver la face
Le BTP devrait connaître une tendance haussière durant le 2e trimestre 2012. À en croire la dernière enquête de conjoncture du Haut commissariat au plan (HCP), le secteur enregistrerait une quasi-stabilité en termes d’effectifs employés.

Le sous-emploi de la capacité productive maintiendrait son niveau observé au 1er trimestre de l’année en cours, soit environ 29 %.
Durant les temps creux, le secteur du bâtiment et travaux publics s’érige en sauveur épargnant ainsi à l’économie nationale le pire. Cette activité non échangeable comme la qualifient les économistes, c’est à dire à faible productivité demeurera la parade des entreprises en ces moments d’incertitudes, selon les pronostics établis par le HCP pour le 2e trimestre 2012. « En effet, 53 % des opérateurs dans ce secteur prévoient une hausse de leur activité, 37 % une stabilité et 10 % s’attendent à une baisse »,note-t-on. L’optimisme affiché contrairement aux autres activités tient en fait à l’effort public d’investissements dans ce secteur névralgique. D’ailleurs, une enveloppe budgétaire de 3 milliards de dirhams a été affectée à l’habitat au titre de la loi de Finances 2012. Cette bagatelle servira à la mise à niveau urbaine, la poursuite des programmes de « villes sans bidonvilles » et la lutte contre l’habitat insalubre ou encore la construction de villes nouvelles. Le plan de logement social et économique continuerait lui aussi de doper l’activité. Outre la demande publique, principale locomotive, la demande privée encaisserait les effets du retrait de la consommation interne, en ligne notamment avec la dernière révision à la hausse des prix des produits pétroliers. Laquelle ne manquerait pas d’impacter à la baisse la capacité de production des différentes filières à l’exemple de la cimenterie ou de la céramique. Preuve en est que 61 % des chefs d’entreprises interviewés prévoient une quasi-stabilité en termes d’effectifs employés.
Maintien de la capacité de production
Ce qui porte à croire que le sous-emploi de la capacité productive maintiendrait son niveau observé au 1er trimestre de l’année en cours, soit environ 29 %. Tout en prenant en considération le retard pris au niveau de l’ouverture des crédits parallèlement au vote de la loi de Finances 2012. Par ailleurs, l’enquête de conjoncture du HCP montre que les deux secteurs manufacturier et celui de l’énergie emprunteraient une tendance haussière. C’est ainsi que 46 % des patrons de l’industrie manufacturière pronostiquent une hausse, 41 % une stabilité et 13 % une baisse. S’agissant de l’énergie, l’amélioration anticipée proviendrait des deux branches à savoir le pétrole raffiné et l’électricité. L’activité minière s’inscrirait en revanche sur un trend baissier en ligne avec le reflux de la production des minéraux non métalliques. Le phosphate et ses dérivés en sont un bon exemple. D’ailleurs la baisse de régime constatée au niveau de l’OCP suit le rythme d’évolution de la demande mondiale, en repli.
Minéraux non métalliques en baisse
Au terme des quatre premiers mois de 2012, les ventes de phosphates n’ont progressé que de 14,6 %, passant ainsi de 3,6 milliards de dirhams à 4,2 milliards sur un an, selon les indicateurs mensuels de l’Office des changes. Quoi qu’il en soit, l’or blanc reste par excellence le fer de lance de la croissance économique du pays qui devrait ralentir à 2,4 % pour cette année 2012, selon Lahlimi, patron du HCP (cf. www.lesoir-echos.com). Ce dernier met en avant la contraction aussi bien de la demande étrangère que celle interne. Remettant même en cause le modèle de croissance économique en vigueur basé sur la demande intérieure. Laquelle tirée essentiellement par les investissements publics dont la rentabilité laisse à désirer. À noter enfin que l’enquête du HCP laisse dégager une hausse des effectifs employés dans le secteur de l’énergie et une stabilité de ceux employés dans le secteur des mines, selon les prévisions des chefs d’entreprises pour le 2e trimestre 2012. ◆

