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Le Cameroun et le Maroc main dans la main

Les hommes d’affaires marocains et camerounais ont eu l’occasion d’échanger leurs contacts hier dans le cadre de la Caravane pour l’Afrique organisée par Maroc Export. Le marché camerounais en pleine croissance offre beaucoup d’opportunités dans la sous-région.

Saad-Benabdallah

Saad Benabdallah, président de Maroc Export, le ministre chargé des MRE, Abdellatif Mazouz et les membres du gouvernement camerounais.

Après le Gabon, la délégation marocaine composée de plus 100 hommes d’affaires, a fait escale au Cameroun en vue de rencontrer les opérateurs économiques camerounais. Cette 2e édition de la caravane pour l’Afrique, organisée par Maroc Export, a été l’occasion aussi pour les deux parties d’évaluer le chemin parcouru ensemble depuis la 1re édition en 2010. Lors du symposium organisé à cet effet dans la capitale économique du Cameroun, Douala, le délégué du gouvernement camerounais, Firtz Ntone Ntone, a souligné l’importance de cette caravane pour son pays, déclarant que « Cela témoigne de la volonté du Maroc de nouer un partenariat bénéfique ». « Les échanges entre les deux pays ont une évolution croissante depuis la première caravane », a-t-il noté. Et les chiffres le confirment: le Cameroun est le 4e fournisseur du Maroc dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC).

Des échanges en pleine croissance

De 17 millions de dollars en 2010, ils sont rapidement passés à 48 millions actuellement. Le Maroc importe notamment du coton, de la banane et du cacao du Cameroun. En terme d’exportation, le royaume est présent sur le marché camerounais dans l’agroalimentaire, la fourniture d’engrais et aussi dans le secteur des appareils électro-ménagers. A son tour, le directeur de Maroc Export, Saad Benabdallah a appelé les deux parties à évoluer en synergie pour relever les défis de l’avenir dans un monde frappé par la crise économique, rappelant la position stratégique du Cameroun qui revêt une importance majeure dans la sous-région.  Le président de Maroc Export a de même insisté sur l’importance de l’intégration régionale dans la coopération Sud-Sud. Dans cette lignée, Benabdallah a appelé la partie camerounaise à œuvrer de sorte que les accords de libre échange, actuellement en cours avec la CEMAC, soient effectifs le plus tôt possible. Abdelatif Mazouz, ministre en charge des Marocains résidents à l’étranger et président de la délégation marocaine dans le cadre de cette caravane, a pour sa part salué les différentes réformes entreprises par le gouvernement camerounais afin d’améliorer l’environnement des affaires tout en appelant les autorités camerounaises à améliorer le cadre juridique, notamment dans le domaine des transports maritimes afin de faciliter et d’accroître les échanges commerciaux.  Selon lui, les échanges de marchandises entre le Maroc et le Cameroun sont actuellement de l’ordre de 405 millions DH à raison de 182 millions DH du Maroc vers le Cameroun et de 123 millions DH du Cameroun vers le Maroc. Le royaume a investi 73 millions de dollars au Cameroun entre 2007 et 2011. Des investissements qui sont appelés à accroitre au vue de l’intérêt manifesté par de nombreuses entreprises marocaines pour le marché camerounais. En effet, en plus du groupe Attijari Wafa Bank, déjà présent sur le terrain, d’autres entreprises à l’instar du groupe Doha, la Compagnie Chérifienne de Chocolaterie font leur entrée sur le marché camerounais. «  Le Cameroun se consomme sans modération », a d’ailleurs conclu le ministre camerounais du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana. ◆

interview

Victor E. Menye directeur corporate de la filiale du groupe Attijariwafa Bank au Cameroun (SCB Cameroun).

Qu’est-ce la Caravane de Maroc Export apporte de plus au partenariat  Maroc-Cameroun dans le domaine de la finance ?
’est une opportunité pour les opérateurs économiques camerounais de rencontrer les hommes d’affaires marocains. Une occasion de plus pour accompagner la coopération Sud-Sud qui représente l’avenir. Attijariwafa Bank a manifesté cette volonté de doper les échanges Sud-Sud.

Quel état des lieux dressez-vous d’Attijariwafa Bank au Cameroun ?
En avril 2011, lorsque le groupe Attijariwafa Bank a pris le relais après les groupes français Crédit Agricole et Crédit Lyonnais, nous étions à 17 agences. Aujourd’hui, nous sommes à 24 agences et d’ici la fin de cette année nous allons monter à 30 agences. Nous participons donc à la bancarisation. L’arrivée de ce groupe marocain a changé les habitudes. Nombreux sont ceux qui disposent de comptes bancaires et les distributeurs automatiques Attijari sont installés un peu partout sur le territoire national. Aujourd’hui, c’est un défi que nous avons relevé puisqu’au début les gens n’imaginaient même pas qu’une banque marocaine pouvait atteindre un tel niveau. Nous avons constaté une amélioration de nos parts de marché depuis qu’Attijariwafa Bank a pris les commandes de la SCB Cameroun. Il faut dire que la banque marocaine Attijari a su « camerouniser » le secteur (NDLR : responsabiliser les Camerounais dans la gestion de la filiale) et cela a facilité les choses.

Quelles opportunités pour les entreprises marocaines sur le marché camerounais ?
Le marché camerounais est pleine expansion, il y a donc beaucoup d’opportunités d’affaires à saisir dans plusieurs secteurs de notre économie. Le groupe marocain de cimenterie l’a déjà bien compris et compte d’ailleurs investir 30 millions d’euros dans le secteur de la cimenterie au Cameroun. D’autres sociétés également sont déjà présentes sur le marché. Il s’agit par exemple de l’ONEP qui gère le secteur de la distribution de l’eau ici. Le Cameroun est un pays à forts potentiels. Nous avons de grands dans le domaine des infrastructures, des logements sociaux, de l’Energie, de l’agroalimentaire etc. Ce sont des opportunités que les investisseurs marocains doivent saisir.

Quels obstacles handicapent encore cette coopération ?
Cette expérience marocaine au Cameroun nous apporte une nouvelle expertise. Je crois qu’il a lieu maintenant de rassurer les deux parties sur les opportunités offertes. Je pense que le problème pour les opérateurs économiques camerounais est d’arriver à donner de la crédibilité à leurs produits sur le marché marocain par rapport aux autres produits qui existent déjà sur ce marché. La demande est là, il faut maintenant que nous puissions fournir les offres nécessaires. Par exemple, le Maroc exploite le cacao camerounais pour fabriquer des chocolats, il faut donc que la partie camerounaise soit en mesure de fournir ce cacao de façon continuelle. Je crois que ce sont ces petits réglages qu’il faut opérer pour lever les obstacles et cela viendra avec le temps.

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