Le Conseil économique et social (CES) a présenté, vendredi dernier à Rabat, son rapport d’étape sur la gouvernance des services publics. D’autres rapports sont en cours de finalisation et seront présentés prochainement.
« Certaines expériences sont réussies, comme le site de la CNSS, le suivi des dossiers fait par la CNOPS, ou encore le passeport biométrique. Le problème n’est donc pas insoluble ! », soutient Ahmed Rahhou (à gauche).
Comme tous les organes consultatifs, le Conseil économique et social (CES) fait l’objet de nombreuses polémiques. Sera-t-il réellement consulté régulièrement par le Parlement et le gouvernement ? Ses recommandations seront-elles prises en compte ? En somme, son utilité est-elle prouvée ?
Vendredi dernier, ils étaient quatre à faire fi des critiques, avec sous le bras un rapport d’étape sur la gouvernance des services publics. Principale conclusion qui en ressort : les citoyens continuent à avoir une perception négative de la gouvernance des services publics. Une situation reconnue aussi bien par les hauts fonctionnaires que par de nombreux départements ministériels. La situation demeure cependant insatisfaisante.
Problème de transversalité
« Certaines expériences sont réussies, comme le site de la CNSS, le suivi des dossiers par la CNOPS, ou encore le passeport biométrique. Le problème n’est donc pas insoluble ! », soutient Ahmed Rahhou. Seulement « ces expériences sont isolées, et ne concernent que certaines administrations. Nous avons un problème de gouvernance globale et de transversalité ». Une politique générale doit donc être mise en œuvre pour que ce qui est réalisé dans une administration puisse être généralisé aux autres.
Face à ces dysfonctionnements persistants, le CES a établi une liste de cinq orientations à adopter. Parmi elles figurent l’urgence d’élaborer une charte des services publics, comme le prévoit la nouvelle Constitution, et la nécessité de faciliter l’accès aux services publics. A cela s’ajoute le besoin « de chercher à élargir les prestataires en donnant la possibilité à des acteurs bien implantés dans les territoires, comme les banques ou les agences de Barid El Maghrib, d’assurer ces prestations », conseille Mohamed Bachir Rachdi.
Al Moubadara Lakoum
Pour que chacun puisse apporter sa contribution, le CES vient de lancer son forum citoyen « Al Moubadara Lakoum » (www.almoubadaralakoum.ma), sur lequel les internautes sont invités à donner leur avis, en particulier sur l’emploi des jeunes et la Charte sociale. Le rapport final sur la gouvernance des services publics est attendu dans les mois qui viennent. Aucune date précise n’a encore été arrêtée. La balle sera ensuite dans le camp du Parlement et du gouvernement, qui décideront ou non de prendre en considération les résultats de ce rapport.◆
Entretien avec…
Chakib Benmoussa, président du Conseil économique et social (CES)
« Le rapport sur l’emploi finalisé dans quelques mois »
Le CES est une force de proposition aux côtés du Parlement et du gouvernement. Comment arrivera-t-il à se faire entendre tout en n’étant que « consultatif » ?
Nous nous ferons entendre par la crédibilité qu’auront nos rapports. Si ces derniers proposent des recommandations et des solutions opérationnelles, qui tiennent compte des réalités de notre pays, de nos points forts et de nos faiblesses. Et si nos propositions sont faites en toute indépendance par rapport aux différents organes.Quelle valeur ajoutée peut apporter le Conseil sur des questions comme l’emploi des jeunes ou encore la gouvernance des services publics ?
Le Conseil propose un cadre où l’on retrouve aussi bien des représentants de syndicats, d’associations professionnelles, de la société civile, que des experts, qui discutent d’un sujet, loin de la pression du quotidien. Ils essaient, sur ces sujets, de rapprocher les points de vue, de sortir avec des recommandations partagées. On remarque des positions différentes que peuvent avoir chacune des composantes du Conseil.
Je crois qu’en faisant cela, le CES peut apporter une véritable valeur ajoutée.Vous venez de présenter un rapport d’étape sur la gouvernance des services publics. Qu’adviendra-t-il justement de vos recommandations sur ce sujet en particulier ?
Pour l’instant, c’est un rapport d’étape. C’est-à -dire que c’est une plateforme pour le débat. Nous synthétisons tout ce qui a été recueilli et débattu au sein du Conseil, puis nous rendons cette plateforme publique pour alimenter et enrichir le débat. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Le rapport est destiné en interne à tous les membres du conseil, ainsi qu’à l’opinion publique, et à tous les acteurs qui s’intéressent à la gouvernance des services publics. L’objectif est qu’ils puissent réagir à ce rapport par leurs commentaires et leurs critiques. À travers le portail, mais aussi à travers des contributions écrites. Il faudra encore quelques mois avant d’avoir le rapport final.Quels sont les autres thématiques sur lesquelles le CES travaille actuellement ?
Nous travaillons sur la finalisation des rapports sur la Charte sociale, et sur l’emploi des jeunes. Les rapports préliminaires ont été présentés au cours du mois de juillet dernier. Et aujourd’hui, les commissions permanentes s’attèlent à finaliser les rapports les concernant. Ils seront, alors, présentés au gouvernement et au Parlement, comme le prévoit le texte.





