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Le CNT interdit les formations politiques fondées sur la religion

La préparation des élections, en juin, en vue de désigner les membres de l’Assemblée constituante entre dans une nouvelle phase. Le CNT a adopté une loi interdisant la création de partis politiques sur des considérations d’ordre religieux ou tribal.

CNT

Abdel Rahim al-Kib, Premier ministre libyen lors d’un point de presse à Tripoli.

Après des décennies de dictature sous le règne de Mouammar Kadhafi, tout est à refaire en Libye. C’est dans ce cadre que les autorités libyennes ont adopté, mardi, une loi sur les partis politiques interdisant notamment les formations politiques fondées sur des considérations religieuses ou  tribales. Une loi qui entre dans le cadre de la préparation des prochaines élections, prévues en juin, pour élire les membres de l’Assemblée constituante, qui aura la tâche de rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Cette loi est la première du genre depuis 1964 en Libye. Selon un membre du CNT, Fathi Baaja, qui se confiait à l’AFP, cette loi ne vise pas les islamistes modérés, mais exclut les islamistes radicaux qui suivent une politique d’exclusion des autres.
« La loi adoptée exige un minimum de 250 membres fondateurs pour chaque parti créé et une centaine de membres pour toute autre entité politique », a-t-il ajouté sans autre précision. Alors que la société libyenne demeure toujours fragile et notamment minée par les conflits tribaux dans le sud du pays, cette loi adoptée par le CNT se veut rassembleuse, unissant tous les Libyens autour d’une même cause nationale.

Insécurité

Notons que depuis la chute du régime Kadhafi, de nombreux partis politiques, dominés notamment par les Frères musulmans libyens, ont déjà vu le jour compte tenu de la non existence de règles régissant la création des formations politiques. Par ailleurs, après deux mois de trêve dans le sud, les affrontements tribaux ont encore repris, générant ainsi une forte insécurité dans la région. Une brigade composée de tribus arabes a tenté d’assassiner, mardi, le ministre libyen de la Défense, Oussama Jouili, à Kufrah (sud). Son convoi a été attaqué par les membres de cette unité, intitulée aussi « Bouclier de la Libye » qui serait liée à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le ministre était, en effet, en visite dans la région occupée majoritairement par la communauté toubou pour faire un état des lieux de la situation des combattants blessés qui n’ont, jusqu’à présent, toujours pas été pris en charge par les autorités. Les Toubous s’affrontent depuis le mois de novembre avec les membres de la brigade « Bouclier de la Libye », qui auraient mal pris le fait que le ministre ne se soit pas positionné en leur faveur. Pour pallier ce problème d’insécurité, ne serait-ce que dans une moindre mesure, un premier groupe de 160 futurs policiers a embarqué, mardi, dans un vol à destination de Amman (Jordanie) pour suivre une formation de trois mois. Selon un porte-parole du ministère, un total de 2 216 ex-rebelles devraient s’envoler durant cette semaine vers la Jordanie dans le cadre d’un accord signé entre les deux pays en janvier. ◆
s.r.a.

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