Révolté contre la corruption qui ronge nos administrations, le caïd Younes Fennich raconte son parcours de combattant allant de 2002 à 2011 dans son nouvel ouvrage Complot pacifique contre le sous-développement.
Les retardataires avaient bien tort. Dans cette salle de conférence au deuxième étage de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc à Rabat, la rencontre organisée, ce samedi 4 juin, par l’Instance nationale de protection des biens publics au Maroc a attiré énormément de monde. Et pour cause, la vedette n’était autre que le caïd Younes Fennich venu présenter son nouveau livre choc intitulé « Complot pacifique contre le sous-développement ».
Younes Fennich : «Nous avons commis l’erreur de ne pas encourager les compétences, celles qui auraient pu faire bouger le Maroc ».
En 831 pages, le caïd intellectuel raconte un parcours exceptionnel, allant de 2002 à 2011, marqué par son combat quotidien contre la corruption. «C’est notre unique problème ! », martèle-t-il. Relatant des situations vécues au cours de l’exercice de sa mission au sein de l’autorité locale, Younes Fennich confie, dans son œuvre, un sentiment de honte et de colère contre ce qu’il appelle « l’association des corrompus transparents ».
Le duo corruption-makhzen
« Notre voisin l’Espagne a évolué alors qu’il ne nous dépasse en rien. Mais nous avons commis l’erreur de ne pas encourager les compétences, celles qui auraient pu faire bouger le Maroc », regrette-t-il en s’adressant au public venu très nombreux rendre hommage à l’homme et au héros qui a décidé de briser un silence aussi lourd. « Je ne comprends toujours pas cette volonté politique qui encourage les coquilles vides », s’indigne-t-il évoquant l’échec du Maroc à asseoir la démocratie, la vraie.
Diabolisation
Pour l’auteur, la corruption est un complot contre la justice, la santé, l’éducation… C’est un barrage qui fait obstacle à la volonté d’avancer, de construire un avenir. « Les corrompus sont solidaires et nous devons les abattre au moyen d’une mobilisation générale », estime-t-il convaincu qu’il est temps de ne plus diaboliser des soit-disant ennemis, dont Al Adl Wal Ihssane : « Il faut mettre un terme à ce conflit, résoudre nos problèmes en famille. Le Maroc a besoin de toutes ses composantes, de ses islamistes et ses salafistes. Il faudra réconcilier la société et engager une réconciliation collective afin que nous puissions avancer », soutient Younes Fennich. Et d’ajouter : « Nous avons une lettre à transmettre à l’occident : ce n’est pas parce que les islamistes pourraient prendre le pouvoir au Maroc que l’Amérique se sentira menacée ».
Pour la pléiade de chercheurs, de militants et d’universitaires présents à l’occasion afin d’apporter leur lecture de l’œuvre, l’enseignement à en tirer est cet appel de « comploter » contre ce qui empêche le Maroc de jouir d’une réelle démocratie. Un complot des bonnes volontés contre un makhzen qui hante la mémoire collective et condamne les citoyens à observer le silence avant que Mouvement du 20 février ne réussisse à redonner à chacun le droit à la parole.
Leïla Hallaoui





Bonjour,
Ce qui arrive à ce caid est absolument honteux et reflete une certaine réalité au Maroc. Je suis actuellement en conflit avec l’administration local de TAZA suite à ma demande de titre foncier. En effet, ma requête nécessitait l’aval du caid local qui en échange m’a demandé une somme de 5000DH. Chose que j’ai refusé et dénoncé auprès du gouverneur de la province de TAZA. Aujourd’hui, l’affaire est en justice et je suis toujours dans l’attente de mon titre foncier. C’est une honte pour ce représentant de l’autorité locale que de faire usage de maneouvres frauduleuses. LA CORRUPTION EST UN VERITABLE FLEAU QU’IL DEVIENT URGENT DE DENONCER ET DE COMBATTRE, POUR AIDER AU DEVELOPPEMENT DE NOTRE PAYS! VIVE LE ROI, VIVE LE MAROC!
La loi de l’Histoire
Par Younes Fennich
Le 21.02.2011 à 22h30min
La politique de la force tranquille n’est pas une mauvaise politique. La force tranquille en elle-même en tant que réalité est la meilleure des situations dans laquelle peut se positionner un régime. Décider d’en faire une politique est une excellente chose lorsqu’un régime est en mauvaise posture d’une façon ou d’une autre. Dans la vie il y a des choses que l’on ne peut nier. L’adoption de l’attitude d’une force tranquille dans ce cas là ne peut aboutir à des résultats satisfaisants pour un régime que si elle est accompagnée, mine de rien, par des mesures satisfaisantes pour le peuple concerné.
Or lorsqu’un peuple ne demande pas la mer à boire, le régime a toute latitude pour s’en tirer de manière seigneuriale au moment propice. Lorsqu’un peuple de tradition ancestrale ne demande, par simples exemples, que la dissolution d’un parlement douteux, la destitution d’un premier ministre faible et ne faisant que dans le népotisme, l’éloignement de la vie publique d’un entourage encombrant et largement impliqué dans la corruption et dans certaines bassesses ou lorsqu’un peuple ne réclame que justice pour des innocents injustement embastillées, la solution est des plus simples : La concrétisation du vœu du peuple en question, mine de rien toujours. Mais il faut faire vite, très vite, dans les cas que l’on sait précis…Car le temps vaut de l’or dans ces cas précis…
Par ailleurs, il est ahurissant que des régimes tombent les uns après les autres dans le même scénario sans qu’aucun d’entre eux ne songe à changer de script pour une issue meilleure. Provoquer la panique avant, entre temps ou après la colère d’un peuple, traficoter les informations avant, pendant ou après la colère d’un peuple, s’entêter jusqu’au bout sans vouloir rien reconnaître avant, pendant ou après la colère d’un peuple, tomber dans le même panneau sans tirer profit d’aucune leçon, c’est bien être sous le coup de l’ordre divin. Dieu est le plus grand.
L’Histoire prend toujours son cours de chemin. L’Histoire est une véritable force tranquille qui ne rate jamais ses rendez-vous. Nous avons tous appris en tant que musulmans que Dieu le tout puissant n’ouvre les yeux que de ceux d’entre ses esclaves, pécheurs, qu’il aime parce que Dieu le tout puissant sait qu’ils ont bon cœur au fond. Dans ce cas et ce seul cas Dieu le tout puissant ouvre les voies de sa bénédiction à ses esclaves pécheurs en leur ouvrant les yeux, et les esclaves pécheurs s’en sortent alors à bon compte en prenant les bonnes décisions sincères humainement logiques promptement et efficacement en toute quiétude et en toute confiance dans l’intérêt général.
Mais qu’un régime, par exemple, veuille adopter l’attitude d’une force tranquille dans le bain d’une lassitude ancestrale comme s’il s’agissait de contenter des intellectuels tournesols, c’est provoquer la colère du peuple concerné. Il ne faut pas se fier à des peuples que l’on interviewe devant des caméras officielles, de même qu’il ne faut pas sous-estimer la mémoire ni la conscience ni le courage des peuples…C’est qu’il y en a de ces peuples dont la malice est raffinée. Oui, c’est la peur qui maintient tous les fins fils conducteurs de l’obéissance dans certaines sociétés mais il faut veiller à ce que ces fils conducteurs ne soient pas coupés.
Lorsque le salut d’un régime est tributaire, par simple exemple, du limogeage immédiat de quelque premier ministre, de quelque politicien impopulaire, d’un quelconque homme d’affaire vorace, ou de la dissolution d’un mauvais parlement sans que le régime en question ne fasse rien en temps opportun, il faut vraiment que ce soit l’ordre divin qui soit contre le régime concerné.
Par ailleurs, il est des moments dans la vie où il faut être à la hauteur de son existence en étant respectueux de tout un chacun et lavé de toute rancune en toute bonne foi. Avant, pendant ou après la colère d’un peuple, il faut toujours honorer ses propres couleurs. Lorsqu’on est contre la corruption, on l’est avant, pendant et après la colère du Peuple. Lorsqu’on n’est pas hypocrite on ne l’est pas avant, pendant et après la colère du Peuple. Et lorsqu’on est respectueux d’un chef, on l’est avant, pendant et après la colère du Peuple; parce que lorsqu’on est honnête, on l’est avant, pendant et après la colère du Peuple.
Il est des moments dans la vie où il faut être à la hauteur de son existence et dire la vérité pour pouvoir s’adresser au bon Dieu en ces termes : Mon Dieu j’ai informé. Mon Dieu soyez en témoin.
Taire la vérité c’est être un diable muet
Par Younes Fennich
Le 27.04.2011
Nous avons tous peur pour nos familles. Nous avons tous peur pour notre santé. Nous avons tous peur pour nos ressources financières. Nous avons tous peur des menaces tacites et expresses. Mais taire la vérité c’est être un diable muet. Or nous voulons tous que la révolution au Maroc soit véritablement l’exception du grand Moyen Orient, du grand Maghreb et tout le monde arabo-musulman. Et c’est dans cette perspective que nous oeuvrons encore parce que l’exception marocaine n’est pas encore concrétisée et n’est pas encore acquise.
Nous ne sommes pas encore immunisés contre la torture systématique parce que monsieur le ministre de la justice a confirmé hier soir sur la première chaîne nationale que la dernière grâce royale supprime la peine et non pas la condamnation. Mais il ne faut quand même pas en vouloir à cette grâce parce qu’elle a quand même libéré des innocents et nous attendons la suite. Il ne faut pas en vouloir à cette grâce limitée dans sa signification comme expliqué par monsieur le ministre de la justice parce que si elle était générale, c’est à dire si elle abrogeait la condamnation, cela ferait peur à tout un corps étatique, le corps sécuritaire nécessaire, peut être, pour réussir l’exception marocaine. Autrement dit, une grâce qui abrogerait les jugements serait une condamnation des services de sécurité.
Bien évidemment tout cela veut dire, selon le débat d’hier soir sur la première chaîne, que ceux qui ont été libérés pourraient parfaitement retourner en prison en cas de décisions dans ce sens dans des procès toujours ouverts. Et bien sûr tout cela accentue la Peur. Mais taire la vérité c’est être un diable muet.
Cependant, Le silence est parfois d’or. Était-ce vraiment nécessaire d’expliquer à monsieur quelconque qu’il ne faut pas se leurrer, qu’il ne faut pas croire que la dernière grâce royale s’inscrit contre la condamnation de la torture et l’injustice puisque cette grâce n’annule pas les jugements?Était-ce nécessaire pour monsieur le ministre de la justice de confirmer cela, d’une façon ou d’une autre, à ce moment précis ? Était-ce nécessaire d’attiser la crainte, la peur et la colère dans un débat télévisé à ce moment précis ? Ou fallait-il laisser un peu de temps aux tortionnaires pour réfléchir à tout cela et penser à quelque réconciliation à titre individuel et personnel ?
Nous avons compris des paroles de monsieur le ministre que la justice va bien en gros et il nous a même expliqué quelques procédures judiciaires selon la loi. De même qu’il a dit que la réforme de la justice a commencé depuis belle lurette avec les ministres qui l’ont précédé et qu’elle se poursuivra dans le futur dans la même logique tranquillement. Mais dans ce débat, nous avons assisté à des rires nerveux et des sourires nerveux que ce soit de la part des participants au débat ou de la part de l’assistance. Nerveux, oui, parce que lorsqu’on discute solennellement en tant que Marocains à propos de l’état de la justice marocaine dans une émission télévisée, en direct, on ne peut pas avoir envie de rire ou de sourire normalement c’est à dire tout naturellement.
Ce débat n’a rien apporté de neuf. En fait, il n’a fait qu’empirer les choses. Parce que le président de l’association des instances des avocats a été obligé de rétorquer que les détenus grâciés et ceux qui attendent encore la grâce avaient été condamnés dans une conjoncture politique et que par conséquent la dernière grâce royale est une grâce qui est intervenue dans un contexte politique seulement. Et aussi parce qu’il a été dit dans ce débat, en réaction aux explications « savantes » du côté étatique, que la grâce ne serait pas intervenue pour libérer des « ‘criminels armés’ » s’ils n’étaient pas totalement innocents.
Dans le même ordre d’idées, une question énorme a été posée dans ce débat à savoir si les « ‘accusés principaux’ » ont été libérés, que font encore leurs simples « ‘complices’ » en prison ? Sans parler du témoignage du président de l’association des instances des avocats en tant qu’ancien prisonnier politique ou d’opinion concernant les marchandages dans le cadre de la corruption, au sein même des prisons, au sujet des listes des prisonniers candidats à la grâce royale pendant des années anciennes certes, mais qui dit aujourd’hui que la justice n’a pas besoin d’être véritablement réformée ?
Jusqu’à ce jour, il n’existe aucune garantie pour nous prémunir contre la torture et les grandes injustices. Le texte de la nouvelle Constitution est attendu en juin. Deux autres mois encore à purger pour nous tous avant de nous sentir moralement libérés, avant de pouvoir juger si nous voulons que notre jugement soit juste. Nous devons donc patienter encore un peu. Mais entre temps, les gens ont besoin d’être rassurés par les décisions qui s’imposent dans tous les domaines. Ces décisions doivent être rapides et tranchantes. Et nous aurons presque réussi à concrétiser l’exception marocaine. Parce que tout le reste coulera de source.
Le cheikh Abdallah Nahari dit, selon Akhbar Alyaoum n°429 du mercredi 27.04.2011 en page 04, qu’un metteur en scène a déclaré que : « Nous ne pourrons réaliser la liberté que lorsque nous serons capables de rire de la religion » ! Et le cheikh Abdallah Nahari ajoute que ce metteur en scène « a été récompensé de sept milliards, quatre milliards pour son premier film, deux milliards pour son second film… » !
Qui pensera, en son âme et conscience , en apprenant cela, que le cheikh Abdallah Nahari a tort ? Et qui pensera, en son âme et conscience, en ces temps des grandes manifestations populaires, qu’Almassae a tort de rappeler, en page 24 de son numéro 1429 du mercredi 27.04.2011, un hadith avéré du plus noble des êtres le prophète Mohammed -que la prière et le salut de Dieu soient sur lui- qui parle de ce qui arrive à ceux qui ne punissent que le voleur pauvre et faible et qui ne punissent jamais le voleur riche et fort ?
Non, inutile de s’attarder sur les intentions des uns et des autres, sur leurs motivations à écrire sur les colonnes de leurs journaux ce qu’ils écrivent à un moment précis ou un autre. C’est inutile parce que la liberté d’expression est déjà un acquis irréverssible. Nous devons plutôt solutionner les problèmes. Nous devons agir au plus vite et glorifier le bien abstraction faite de ce que nous pensons des intentions et des motivations personnelles opportunistes ou pas de ceux qui appellent au bien à un moment ou un autre, parce que nous devons toujours supposer la bonne foi des gens, surtout en ces temps difficiles que nous vivons. Là sera notre secret si nous voulons réussir l’exception marocaine.
C’est là donc, peut être, une ultime intervention de ma part en tant que citoyen marocain sujet du roi selon la loi, avant la réussite de notre révolution pacifique que nous voulons exceptionnelle.
Dernier conte, peut être, avant la réussite de notre révolution pacifique que nous voulons exceptionnelle :
« Une femme mariée de vingt huit ans, s’inscrivant à l’extérieur de toutes les structures et les associations politiques ou autres, a fait un rêve banal mais qui lui a quand même donné le cafard. Interrogée par l’une de ses amies elle raconte en gros qu’elle a rêvé avoir perdu son soulier ou quelque chose dans ce genre. Et son amie de lui expliquer en toute liberté d’expression : Lorsqu’une femme fait ce rêve, cela veut dire que son mari va mourir »
Taire la vérité c’est être un diable muet. Et c’est l’heure de la prière.