Le dernier round ?
La question du Sahara est un boulet aux pieds de la région, une pomme de discorde entre deux voisins – au destin unique – et l’occasion de remettre les clés de notre destin entre des mains lointaines et incertaines.Le retrait de la confiance de l’émissaire Ross est en réalité un non-événement, sans que cela ait [...]
La question du Sahara est un boulet aux pieds de la région, une pomme de discorde entre deux voisins – au destin unique – et l’occasion de remettre les clés de notre destin entre des mains lointaines et incertaines.Le retrait de la confiance de l’émissaire Ross est en réalité un non-événement, sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec sa personnalité ou son parcours. Seulement, au bout de 9 rounds, qui n’ont permis aucune avancée concrète, peut-être que c’est la logique même de ces concertations qui est inadaptée et peut-être faudrait-il revoir le mécanisme de discussion avec nos séparatistes. Cependant, l’absence de leadership solide et concret au sein du front Polisario rend cette option irréaliste, nous obligeant à nous engager sur une voie parmi deux possibles.
Alors que l’on parle déjà d’un successeur de Ross, en avançant même le nom de Colin Powell dont l’improbable candidature n’apporterait rien de plus, pourquoi ne pas penser, si la décision est de perpétuer le cycle des négociations, à d’autres profils comme celui d’Alejandro Toledo Manrique, économiste et ancien président du Pérou, dont l’approche, basée sur sa propre expérience, apporterait une dynamique réellement nouvelle ; ou encore Alpha Oumar Konaré, grande figure africaine, ancien président du Mali, connu pour sa politique d’ouverture et sa recherche du consensus ? La liste de candidats est longue, à laquelle il serait possible de rajouter nombre de personnalités. L’autre option serait pour le Maroc d’appliquer unilatéralement son projet d’autonomie avancée et de mettre les adversaires du Maghreb devant leurs responsabilités. Quelle que soit l’option retenue, il serait temps, à la lumière des changements qui ont bouleversé le monde, ces derniers mois, de repenser notre positionnement au niveau régional et de mettre la diplomatie au service du Maghreb, plutôt que de continuer à alimenter des cycles de réunions interminables et à remettre systématiquement au lendemain la résolution de l’un des plus anciens conflits du continent.

