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Le Maroc-Afrique à bout de souffle

La présence timide du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne est pointée du doigt dans le dernier rapport de la Direction des études et des prévisions financières.

Maroc-Afrique

Le Maroc peine à améliorer ses parts de marché en comparaison avec des pays concurrents comme l’Afrique du Sud et le Nigéria.

« Le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique… ». Cette  citation de Feu Hassan II ne semble pas avoir résisté au temps, économiquement s’entend. Bien que « le renforcement de la coopération entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne constitue un volet important dans la politique extérieure marocaine », note la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans son dernier rapport intitulé : « Performance commerciale du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne ».

Un positionnement en trompe l’oeil

Cette performance, ou plutôt contreperformance au vue « des ressources existantes et du potentiel de développement du commerce entre les deux parties », peine encore à retrouver la bonne voie, sachant que la part de notre pays dans le marché de l’Afrique avait évolué de 0,14 % pour atteindre 0,26 % sur la dernière décennie (2000-2010). Plus encore, cette région, composée de 48 pays, avec une population avoisinant les 800 millions d’habitants, revendiquait environ deux tiers du total des expéditions marocaines vers le continent noir en 2010 contre la moitié en 2000. Le solde commercial s’est nettement apprécié, pour se chiffrer à 2,7 milliards de dirhams d’excédent en 2010, contre un déficit de près de 7,2 millions dirhams en 2000. Mais ce positionnement sur le marché subsaharien n’est qu’un trompe l’œil, surtout lorsque l’on s’enquiert de la part de l’Afrique du Sud et du Nigéria, qui captent respectivement 4,2 % et 2,8 % de ce marché en 2010. Les données chiffrées doivent donc être également maniées avec prudence, à l’exemple de la part du Maroc sur le marché des produits manufacturés, qui est restée quasi-stable, se situant autour de 0,1 %. Or c’est là où réside le grand défi. D’autant plus que la hausse qu’ont connue les exportations marocaines durant ces cinq dernières années est attribuable, pour sa grande majorité, aux produits manufacturés en ligne avec l’envol des métiers mondiaux. « De plus, ces échanges demeurent concentrés essentiellement en Afrique de l’ouest, spécialement dans les pays francophones et atlantiques », souligne le rapport. Autre paradoxe, « l’Afrique du Sud est de loin le premier pays d’Afrique subsaharienne fournisseur de biens pour le Maroc. Il a contribué à plus de la moitié de ses acquisitions (51,8 %), soit 1,1 milliard de dirhams en 2010 ». Alors que ce pays n’est en aucun cas concerné aussi bien par les conventions commerciales de type préférentiel signées par le Maroc, que par les compagnes ou actions de promotion commerciales menées.

Une diplomatie économique timide

La faiblesse des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne est à attribuer également aux efforts timides de la diplomatie économique. Le manque de cohérence au niveau des politiques économiques poursuivies est aussi pointé du doigt par la Direction des études et des prévisions financières. « Cette faiblesse des échanges peut être attribuée à plusieurs facteurs qui relèvent principalement des structures économiques, de la faiblesse des infrastructures et des marchés financiers, des mécanismes de financement ainsi que de la non application des protocoles commerciaux », conclue le rapport. Qu’en-est-il donc du fond de 200 millions de dirhams créé au titre de la loi de Finances 2011 afin de renforcer la présence des opérateurs privés marocains sur le marché africain? ◆

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