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Economie

25 janvier 2012

Le Maroc court un risque politique élevé

Ecrit par

Le cabinet britannique d’étude et d’analyse des risques Maplecroft annonce, dans son rapport de 2012, que le Maroc figure parmi les neuf pays arabes, des dix pays du monde, exposés à un risque élevé de violence politique à court terme.

Le risque posé aux entreprises par les sit-in, les gréves ou toute autre forme de contestation sociale ne doit pas être ignoré. C’est un manque énorme à gagner, aussi bien pour le tissu entrepreneurial que pour l’économie nationale.

Le risque posé aux entreprises par les sit-in, les gréves ou toute autre forme de contestation sociale ne doit pas être ignoré. C’est un manque énorme à gagner, aussi bien pour le tissu entrepreneurial que pour l’économie nationale.

Qui a dit que le Maroc est un volcan éteint? Le cabinet britannique d’étude et d’analyse des risques économiques et politiques  Maplecroft, dans son dernier rapport « L’Atlas des risques politiques 2012 », avance que le Maroc est plutôt en ébullition. Cette étude, qui en est à sa 4e édition, montre en effet que parmi les dix pays du monde exposés à un risque élevé de violence politique à court terme, figure le Maroc. Les autres pays concernés sont l’Algérie, Bahreïn, l’Egypte, le Koweït, la Libye, Oman, la Syrie et la Tunisie et le seul pays non-arabe est la Côte d’Ivoire. Bien que les degrés de risque de troubles et de changements politiques peuvent différer considérablement entre les différents pays, cela tient en fait à leurs propres réalités politiques, économiques et sociales. A noter  que l’Atlas des risques politiques 2012, qui porte sur 197 pays de par le monde, utilise dans son analyse plus de 500 indicateurs, regroupés en 49 indices de risques politique, économique, social, environnemental… et s’étalant sur un espace temporel de changements de courte durée. Il comprend entre autres la gouvernance, l’environnement macroéconomique, les partenaires commerciaux, le chômage des jeunes et la sécurité alimentaire, ou encore la relation entre le civil et l’institution militaire. Le réveil arabe persiste. De tels risques ne manqueraient  pas  d’impacter à la baisse les opportunités d’investissement, en ligne bien sûr avec le printemps arabe qui ne semble pas encore épuiser ses cartouches. Comme le constate d’ailleurs Anthony Skinner, directeur responsable de la région MENA à  Maplecroft, qui prévoit que « le réveil arabe va persister en 2012 et se prolongera encore dans les années qui suivent ».Ce jeu de scénarios est d’autant plus vrai que les menaces actuelles de l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz sont déjà des signes avant-coureurs que la stabilité fragile de la région MENA ne tiendrait pas longtemps le coup.Maplecroft analyse que l’instabilité actuelle menace sérieusement le climat des affaires. Les risques et les menaces de conflits contraignent les investisseurs à se retourner vers d’autres régions du monde, plus clémentes. L’effet boule de neige, doublé d’un effet psychique, y sont également pour beaucoup puisque les pays arabes présentent un certain nombre de points communs ayant trait essentiellement à des facteurs historique , culturel et religieux.

La vague verte

Le risque posé aux entreprises par les sit-in, les gréves ou toute autre forme de contestation sociale ne doit pas être ignoré. C’est un manque énorme à gagner, aussi bien pour le tissu entrepreneurial que pour l’économie nationale. Quant à la vague verte sur laquelle surfe le monde arabe, Skinner avance que les mouvements islamistes, bien qu’en pleine effervescence ne représentent pas de danger sérieux. Ces derniers, à son avis, sont « pragmatiques » et semblent plus préoccupés par les considérations économiques plutôt que celles politiques. Donc il n’ y a rien à craindre de ce côté là. Est-ce à dire, pour un pays comme le nôtre, que l’avènement au pouvoir du PJD n’est, en fin de compte, qu’un prolongement de l’ordre établi  ?
Une autre lecture se profile à l’horizon, portant à croire que l’arrivée du parti de la Lampe au sommet du pouvoir exécutif n’est que le mur qui freine ou plutôt retarde le déferlement massif des révoltes sociales. ◆




 
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4 Comments


  1. khetib

    c’est des faux calcules, il ne connait rien du maroc et son peuple


    • karim

      C’est plutôt toi qui connait mal ton pays. Plus de la moitié des marocains ne savent ni lire ni écrire, la moitié des jeunes sont en situation de chômage, plus de cinq millions de
      Marocains vivent avec 10 dirhams par jour … Le Maroc ne va pas bien, il est grand temps d’ouvrir ses yeux!


      • clochette

        Cette analyse est malheureusement plus qu’exacte et en tout point. L’arrivée du PJD ne fait que retarder la déferlante des revendications sociales qui se profile à l’horizon. Entre un gouvernement qui fait bien mal ses débuts en matière de gouvernance, accablé par un héritage de décennies entières de mauvaise gouvernance et plus que tout, avec des ennemis aux aguets, résolus à saboter tout ce qui peut venir du PJD, l’augure pour le Maroc est plus qu’incertaine, pour ne pas dire très sombre.
        Pour ne rien arranger, les alliances faites par le PJD avec certains partis, empêche logiquement toutes enquêtes sur les zones d’ombres de la gouvernance de ces derniers.
        Quels signaux sont-ils ainsi envoyés aux marocains qui souffrent et pour la plupart assoiffés d’en découdre avec les riches qu’ils considèrent responsables de leur misère ? Ce qui n’est pas faux du tout pour la catégorie qui s’est enrichie à leurs dépens. et que la première des sagesses aurait voulu, qu’ils leur soit, à tout le moins, repris ce qu’ils ont détourné.
        Ce qui aurait été un premier signe de « Justice », cette notion qui fait tant défaut à notre malheureux pays et dont la quasi inexistence, frustre plus que tout le citoyen marocain.
        Par ailleurs, les gens ont tout bêtement besoin de vivre au quotidien. Manger, d’abord, se loger, se soigner se…… ensuite.
        Qui peut attendre que le gouvernement prenne ses repères, s’habitue, apprenne à gérer un état et à subvenir aux besoins de quelque 35 millions de marocains (moins les cinq millions qui ont assuré leurs arrières). Hier « la parole était aisée, aujourd’hui l’art est difficile ». Et parti comme ça l’est, le moindre espoir est quasi nul, tout particulièrement à en juger par les déclarations à peine croyables et les diktats programmés, de certains ministres illuminés, qui semble oublier que le Maroc n’a aucune richesse naturelle pour combler les manques à gagner des amputations que leur « religiosité tordue » souhaiterait faire subir à l’économie marocaine. Il serait sans doute opportun de leur rappeler qu’il ne s’agit plus de la générosité d’âmes charitables, destinées à aider des individus ou des familles en difficulté. Ce n’est plus de la rigolade, là.
        Nous allons clairement vers l’irréparable et chaque marocain en sera responsable devant l’histoire. Car le carnage qui attend notre pays, n’aurait d’exemple existant que l’Afghanistan. Les constats sont clairs, où qu’ils soient écrits, ils convergent tous vers l’âge de la pierre taillée.


  2. Méditerranéen

    Oui le Maroc ne va pas bien, mais de là à dire qu’il court un grand risque politique, je ne partage pas cet avis.
    La question à poser est pourquoi ce cabinet n’a pas prédit ceci un an auparavant pour les pays arabes qui ont connu les révoltes. C’est beaucoup plus simple de faire ce genre d’analyse aujourd’hui.
    Personne ne peut prétendre savoir ce qui se passera au Maroc demain, tout ce que je sais, c’est que nous sommes sur une voie de réformes, et qu’un jour, je l’espère, nous saurons relever les défis de notre société. Ceci dit, nous devons être de ceux qui agissent au lieu de critiquer de leur petit coin à l’intérieur ou à l’extérieur.



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