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Le Maroc subira les effets de la crise française

Les dernières prévisions de l’INSEE par rapport à la croissance en France sont alarmantes. L’effet sera dévastateur sur l’économie marocaine, très dépendante de l’Hexagone.

Pierre-Moxcovici

« L’Hexagone connaît actuellement un déficit d’activité, avec une croissance qui est trop faible, un déficit du commerce extérieur et un déficit de crédibilité budgétaire », déclare Pierre Moxcovici, ministre français de l’Économie sur France Info.

Un coup de froid effroyable s’abat actuellement sur l’Europe, en particulier en France. Selon la dernière note de conjoncture de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la croissance en France, premier partenaire économique du Maroc, enregistrera une hausse limitée de son PIB de 0,4% en 2012. L’institut français ajoute que l’investissement des entreprises s’est nettement replié durant les premiers mois de 2012 à cause notamment du resserrement des conditions d’octroi de crédit, le pouvoir d’achat sera revu à la baisse, la rentabilité des entreprises sera au plus bas depuis 25 ans et la consommation interne ne sera plus la locomotive de la croissance interne en France.  Un constat alarmant est ainsi dressé par l’institut. L’impact de cette prochaine déprime sur l’activité économique marocaine, déjà mise à mal par la mauvaise conjoncture, ne se fera pas attendre. Si la France et l’Espagne, les deux premiers partenaires économiques du pays sont en crise, c’est toute la machine économique du Maroc qui accusera le coup. Jawad Kerdoudi, président de l’Institut Marocain des relations internationales (IMRI), s’était inquiété quant à cette situation sur nos colonnes. « Le Maroc doit être vigilant vis-à-vis de la zone euro et suivre son évolution car le Dirham est liée à un panier de devises étrangères dont l’euro est l’élément principal et les échanges commerciaux du Maroc se font aux deux tiers avec l’Europe aussi bien pour les importations que pour les exportations », nous avait déclaré Kerdoudi avant de proposer une diversification urgente de nos partenaires pour ne plus dépendre des aléas conjoncturels.

Le déficit commercial se creusera

Même constat auprès de Ahmed Azirar, président de l’association marocaine des économistes d’entreprise. Ce dernier nous avait déclaré que « L’Europe entamera une récession qui durera plusieurs années. La demande risque de baisser considérablement ainsi que les transferts des Marocains résidents à l’étranger ».  De ce fait, les finances de l’État marocain seront en mauvaise passe à cause notamment de la baisse des transferts en devises, sans compter le déficit budgétaire à cause de la charge de la Caisse de compensation. Ceci sans parler du déficit commercial qui s’est aggravé de plus de 10% à 84,38 milliards de dirhams les 5 premiers mois de cette année. Et qui dit chute de la demande interne en France, dit déprime des exportations marocaines notamment pour les secteurs du textile-habillement et l’agroalimentaire..◆

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