Le mouvement des étudiants québécois se poursuit
Les étudiants poursuivent leurs manifestations afin d’obliger le gouvernement à geler les frais de scolarité et, de même, à renoncer à la loi spéciale 78 jugée « liberticide ». Les deux parties se sont à nouveau rencontrées hier pour des négociations.

De jour comme de nuit, les manifestants sortent dans les rues de Montréal pour décrocher des concessions du gouvernement provincial. Jamais le Québec n’a connu de manifestations estudiantines d’une telle ampleur.
Plusieurs milliers de personnes ont, de nouveau, manifesté dimanche soir dans les rues de Montréal, au son des casseroles, avec des revendications dépassant largement le gel des frais de scolarité. Mais les négociations ont repris hier après-midi, selon la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec), entre les dirigeants-étudiants et la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, épaulée par le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, et le négociateur du gouvernement, Pierre Pilote. Les trois principales organisations d’étudiants, la FEUQ, la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) et la Classe (Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante), la plus radicale, sont les initiatrices de ces manifestations.
Compromis
Les étudiants insistent notamment pour parler de la loi spéciale 78, qu’ils jugent « abusive » voire « liberticide » et dont le volet encadrant certaines libertés, notamment celle de manifester, leur a valu des soutiens inespérés dans la société civile, face à un gouvernement usé par neuf ans au pouvoir et soupçonné d’être touché par la corruption. Mais toutefois, un espoir pour un compromis semblait possible ces derniers jours après les déclarations d’un des leaders des étudiants, Léo Bureau-Blouin, qui a estimé possible de s’accommoder d’une certaine hausse si le gouvernement « acceptait de bouger » lui aussi sur ce terrain. Cette prise de position n’apporte rien de nouveau par rapport à l’entente ratée du 6 mai dernier. Les représentants des étudiants avaient alors envisagé d’accepter la hausse si les frais annexes de leur scolarité étaient sensiblement réduits. L’incertitude entretenue sur ce point par le gouvernement a fait échouer l’accord. La difficulté de trouver une solution viendrait-elle du fait que le « printemps d’érable » québécois s’inscrit dans un phénomène plus général touchant la jeunesse occidentale, apparu d’abord dans le mouvement des « indignés »? Certes, dit Jocelyn Maclure, professeur agrégé à la Faculté de philosophie de l’Université Laval, pour beaucoup le conflit étudiant n’est qu’un symptôme de plus du malaise avec le modèle néolibéral et il y a assurément en Occident un élan favorable aux mouvements de contestation. ◆

