Construit en 1929 par les architectes Félix-Joseph et Louis-Paul Pertuzio, le passage Tazi, qui fait la légende de Casablanca, revit après sa restauration.
Onze heures. La ville, comme le passage Tazi, fourmille sous un soleil d’été : «Avant, le lieu était infréquentable, même pour passer à travers sans y rester… C’était un véritable coupe-gorge», raconte Hassan, un habitant de la rue Poincaré. Mais depuis, la sécurité a été rétablie dans les environs du passage Tazi et un agent de sécurité veille sur les lieux.
Le passage Tazi traverse l’immeuble-îlot de Haj Omar Tazi, pacha de Casablanca pendant la période coloniale. Photos Yassine TOUMI
Le passage retrouve ses couleurs d’antan, après des années d’abandon, et la quasi-totalité de ses boutiques sont ouvertes. Désertés à 90 % jusqu’ en 2000, les commerces se sont peu à peu réinstallés depuis 2005 avec un projet de réhabilitation, arrivé à ses dernières phases. Le plafond du passage éclaire les environs avec une rotonde à huit pans en pavés de verre couverte de plaquages en marbre ; les autres parties sont en verre coloré et en plâtre, les portes en bois des boutiques ont laissé place à des entrées en verre et de nouvelles surfaces apparaissent : un café, une parfumerie, une boutique de décoration, d’autres sont encore là comme le bouquiniste, tandis que quelques boutiques attendent toujours leur ouverture, remplaçant d’anciennes disparues. « Il y avait un marchand d’appareils-photos d’occasion, il y avait aussi le miroitier Cohen Scali et mon oncle, Salvador Lévy, à l’angle de la rue Maréchal», raconte Sylvain Lévy, un ancien résident de Casablanca. «Sa boutique de tailleur était l’American Tailor ! ». Le paysage changeant du passage suscite néanmoins des réactions : « La réhabilitation du passage est de mauvais goût, l’aspect initial, avec ses grilles magnifiques, n’a pas été totalement respecté. Mais mieux vaut cela que de le laisser en délabrement pour d’autres années », ce contente Fouzia Ejjaoui, membre de l’association Casamémoire. Autre avis, celui de cette commerçante qui affirme que « le plafond de verre donne un bel éclairage, mais on y suffoque de chaleur en été ».
Aux environs du passage, les ouvriers font la course contre la montre pour faire avancer les travaux du tramway de Casablanca.
Un concept de médiation
Pour l’histoire de Casablanca, le passage Tazi représente une des parties les plus actives du centre-ville. Construit en même temps qu’une nouvelle génération de passages apparue sur les Champs-Élysées de Paris, il fait la médiation entre le concept de la Kissaria marocaine et de la tradition parisienne du XIXe siècle qui consiste à regrouper les magasins de commerce.◆





