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Le Printemps de la perle passé sous silence

Les manifestants chiites ont convergé ce mardi vers la place de la perle de Manama, pour marquer le 1er anniversaire du soulèvement. Une révolution réprimée par la monarchie sunnite, avec l’aide des Saoudiens, et passée sous silence dans les médias.

Dès lundi, les manifestants ont commencé à converger vers la place de la Perle, pour marquer le 1er anniversaire du soulèvement.

Dès lundi, les manifestants ont commencé à converger vers la place de la Perle, pour marquer le 1er anniversaire du soulèvement.

C’est une révolution qui ne fait pas la Une. Alors que la Tunisie, l’Egypte, la Syrie ou la Libye ont fait les gros titres, le printemps de la perle s’est déroulé quasi incognito. Et pourtant, le vent de révolte contre la monarchie sunnite n’a pas fini de souffler sur le royaume. Ce mardi 14 février, les manifestants ont convergé vers la place de la perle, pour marquer le 1er anniversaire du soulèvement. Un an déjà que les protestataires, de confession chiite, comme 65% de la population, ont commencé à exiger du pouvoir sunnite des élections libres et la fin des discriminations sociales à leur égard.

Répression

Alors que le printemps de la perle soufflait sa première bougie, les forces anti-émeutes ont violemment réprimé les manifestants. Selon le mouvement al-Wefaq, principal groupe de l’opposition chiite, les autorités ont interpellé mardi près de 150 personnes dont certaines ont été relâchées. Nabil Rajab, chef du Centre de Bahreïn pour les droits de l’Homme, a notamment été brièvement détenu alors qu’il prenait la tête d’une manifestation en direction de la place de la perle. Des heurts nocturnes ont ensuite éclaté entre manifestants et forces de sécurité, dans des villages chiites entourant Manama. Selon l’AFP, les affrontements se sont poursuivis jusqu’à l’aube hier, et les forces de sécurité ont eu recours aux tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Plusieurs manifestants ont été blessés, ont indiqué des témoins. Les autorités redoutent une nouvelle révolte de la majorité chiite.

Une révolte qui dérange les Saoudiens

L’an dernier, après un mois de rassemblement sur la place de la perle, le soulèvement s’était soldé par une évacuation musclée, avec l’aide de militaires saoudiens dépêchés en renfort. Devenue un symbole de l’opposition, la place de la perle a vu son monument éponyme rasé par les autorités, et la circulation fermée. Le site, renommé Carrefour Al Farouk par les autorités, a été placé sous bonne garde des forces de sécurité, avec la présence de chars.  Lundi, le roi Hamad ben Issa al Khalifa a assuré dans un discours télévisé qu’il restait décidé à mener à bien le processus de réformes lancé il y a dix ans. « Ceci marque le lancement d’un processus de développement et de modernisation, qui va toujours de l’avant afin de répondre dans tous les domaines aux aspirations de notre peuple loyal », a déclaré le souverain, dont la famille règne depuis deux siècles sur ce petit royaume du Golfe. Une déclaration d’intention que l’opposition juge purement symbolique. Le roi a ajouté avoir amnistié 291 prisonniers, parmi lesquels ne figurent toutefois aucun des manifestants arrêtés l’an dernier. L’opposition demande la libération de 14 chefs de file du mouvement, emprisonnés après avoir été jugés coupables de tentative de coup d’Etat par un tribunal militaire.◆

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