|

Le siège du CNT pris pour cible

La tâche devient de plus en plus difficile pour les membres du Conseil national qui ont été pris à partie par des manifestants en colère, samedi à Benghazi.

CNT

Abdelhafid Ghoga, vice-président du CNT, a posé sa démission.

Les membres du Conseil national de transition libyens sont de plus en plus contestés. Le siège du CNT à Benghazi a été saccagé, samedi, par des manifestants furieux. Après les nombreux sit-in depuis plusieurs semaines, les habitants de cette ville, berceau de la révolution libyenne, sont passés à l’action pour exprimer leur colère vis-à-vis des nouvelles autorités. « Ils ont mis le feu à la façade, brisé des fenêtres et cassé l’une des voitures blindées qui se trouvait là. Des manifestants nous ont aménagé un passage et nous avons pu sortir, personne n’a été blessé », a témoigné à l’AFP, Fathi Baja, responsable des affaires politiques du CNT. Ils étaient au moins 1500 personnes, dont de nombreux anciens combattants qui avaient aidé à faire chuter le régime de Muammar Kadhafi. « Le peuple veut corriger le cours de la révolution », scandaient les manifestants. Jeudi, le vice-président du Conseil avait été agressé dans l’enceinte de l’université de Benghazi lors d’une cérémonie en hommage aux victimes de la guerre. Autant d’actes qui montrent la déception des habitants de cette ville, qui avaient tout donné pendant la révolution. Risque de guerre civile Tout porte à croire qu’ils ne s’identifient plus aux dirigeants qu’ils avaient eux-mêmes porté au pouvoir, il y a seulement cinq mois. Dans la foulée, le numéro deux du CNT, Abdelhafidh Ghoga, a été accusé par les manifestants d’être « opportuniste » et a annoncé sa démission sur la chaîne Al-jazira, dimanche. « Après la fin de la guerre de libération, une atmosphère de haine qui ne sert pas l’intérêt national a commencé à dominer. L’important est de préserver le CNT. Nous ne voulons pas que notre pays glisse vers le chaos, car cette étape est critique, pas moins critique que celle qui l’a précédée », a-t-il expliqué. Cependant, selon Moustapha Abdeljalil, le chef de file du Conseil, il n’est pas question que le CNT démissionne sous la pression de la rue. Il a d’ailleurs accusé les caciques de l’ancien régime d’être derrière ces manifestations dans le but de « saper la réputation des nouvelles autorités ». Moustapha Abdeljalil a aussi mis en garde contre une guerre civile. La tâche devient vraisemblablement de plus en plus alambiquée pour le CNT qui a hérité d’un pays sans État. Le vaste chantier de réconciliation nationale, crucial au développement de la Libye, risque de pâtir de la situation actuelle. Ce pays qui, pendant plus de quatre décennies, a fonctionné sur des bases tribales, pourrait, en dépit de tout son potentiel économique, mettre des années à reprendre son souffle.◆

Laissez une réponse

En kiosque

 

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!