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Economie

28 décembre 2011

Le stock en blé est-il réellement suffisant?

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L’ONICL, dans son dernier communiqué, annonce que l’état d’approvisionnement en blé tendre est des plus rassurants. Cependant, ce constat ne fait pas l’unanimité.

La production nationale de blé tendre collectée jusqu’à présent a atteint le volume de 20,5 millions de quintaux.

La production nationale de blé tendre collectée jusqu’à présent a atteint le volume de 20,5 millions de quintaux.

Inquiétant ! L’état d’approvisionnement en blé tendre ne fait pas l’unanimité. « Les derniers chiffres annoncés par l’ONICL n’engagent que ce dernier », confie une source bien informée. Pour rappel, l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) se voulait très rassurant:  « les stocks prévisionnels à fin décembre en blé tendre devront dépasser les 16 Mqx, soit l’équivalent de plus de quatre mois des besoins des minoteries industrielles. Ce niveau de stock, en fin d’année, représente un record absolu comparativement à ceux de toutes les campagnes précédentes », note-t-on.

Contactée par Le Soir échos, dans un souci de vérifier la véracité de ces chiffres officiels, la Fédération nationale de la minoterie (FNM) est restée injoignable. Mais à vrai dire, il n’y pas de fumée sans feu. Déjà le fait de revenir sur la décision de maintenir les droits de douanes à l’importation de blé avant 2012, comme annoncé il y a de là presque deux ou trois mois , et d’ouvrir les vannes une nouvelle fois au marché de l’import veut dire beaucoup de choses et recouvre bien de lectures .

Défi du prochain gouvernement

La décision de réviser à la baisse ces droits de douanes prendra fin le 31.12.2011. La question qui revient chez les professionnels est de savoir si cette option sera reconduite ? Voici un des dossiers lourds qui attendent le nouveau gouvernement et dont le traitement est extrêmement urgent, pour reprendre les termes de notre source qui requiert l’anonymat. Toujours sur la foi de l’ONICL, la production nationale de blé tendre collectée jusqu’à présent a atteint le volume de 20,5 millions de quintaux. Toutefois, ce qu’il faudrait retenir c’est que la qualité de cet approvisionnement en a pris un sérieux coup, selon ce professionnel. Ce qui remet en question, ajoute-t-il, la quantité suffisante des céréales panifiables.

Pour l’actuelle campagne agricole, les inquiétudes commencent à se faire sentir eu égard au retard constaté des pluies.

D’ailleurs, au terme des dix premiers mois de l’année en cours les stocks des céréales (chez les opérateurs et au niveau  des silos portuaires) ont marqué une perte de 10% comparativement au mois d’avant. Dans de telles conditions, la meilleure solution, aux yeux des professionnels, est d’orienter les quantités de céréales à médiocre qualité aux besoins de l’industrie provende, c’est-à-dire autre que la consommation domestique. Néanmoins, il apparaît que cette opération n’a pas réussis, de l’avis de notre source.

Maïs, 77% du total des importations

Notre interlocuteur se demande : Comment expliquer alors le bond spectaculaire des importations de maïs observé dernièrement. À titre d’information, cette composante essentielle des aliments de bétail au Maroc représente à elle seule  près de 77% du total des achats en céréales estimées  à 9,5 millions de quintaux à fin octobre de l’année en cours.

Par ailleurs, une chose est sûre : le Maroc continuera à importer ses besoins en céréales quoi que l’on puisse dire. Et ce ne sont pas les raisons qui manquent. À commencer par la superficie cultivable  et la production encore insuffisante pour franchir le seuil de l’auto-suffisance. Il s’en suive le problème des aléas climatiques et les menaces qui vont avec. Déjà pour l’actuelle campagne agricole les inquiétudes commencent à se faire sentir eu égard au retard constaté des pluies. Bien que les prévisions météorologiques laissent croire que les pluies sont attendues dés le début de la semaine prochaine. Reste à savoir leur volumétrie et leur répartition.◆

Version officielle

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF) souligne dans sa dernière note de conjoncture que le déroulement de la campagne agricole en cours se fait dans de bonnes conditions.  « Celle-ci devrait tirer profit des disponibilités hydriques en lien avec les dernières précipitations. Le cumul pluviométrique s’est situé, au 7 décembre, à 137 mm, soit une augmentation de 30% par rapport à une année normale (105 mm) et une diminution de 26% par rapport à la campagne précédente à la même date (186 mm) », est-il détaillé.




 
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