Le Maroc rentrera bredouille du championnat du monde qui s’est déroulé à Daegu en Corée du Nord. Pas une seule médaille et une participation très mitigée. La longue descente aux enfers de l’athlétisme national est consommée.
Tous les yeux étaient rivés sur les finalistes marocains du 1500m, dernier espoir pour une médaille mais il n’y a pas eu de miracles sur une distance qui était la chasse gardée du Maroc. En effet, après l’échec en finale du 1500m d’Abdelaâti Iguider et Mohamed Moustaoui, c’est tout l’athlétisme national qui se disloque. Les Marocains rentreront bredouilles comme à Osaka au Japon en 2007 et à Berlin en Allemagne en 2009. Avec trois participations consécutives sans médaille, le bilan ne prête guère à l’optimisme. Iguider s’est contenté d’une modeste 5e place en 3min 36:56, soit la même position qu’aux JO-2008 à Pékin, suivi de son compatriote Mohamed Moustaoui qui a terminé 6e (3:36.80) comme en 2009 à Berlin. L’échec qui a le plus étonné les observateurs reste celui d’Amine Laalou qui n’est même pas arrivé à se qualifier pour la finale. Et pourtant, les athlètes marocains ont toujours été les maîtres sur cette distance, que ce soient Saïd Aouita ou Hicham El Guerrouj. Aouita avait d’abord établi le chrono de 3min 29sec 46/100e le 23 août 1985 à Berlin, puis est devenu, dix ans plus tard, la performance de l’Algérien Morceli (3min 27:37), réalisée le 12 juillet 1995 à Nice, avant qu’El Guerrouj ne place la barre très haut en bouclant l’épreuve en 3min 26:00, le 14 juillet 1998 à Rome, un record qui n’a pas été été battu depuis.
«Je ressens une déception énorme, car j’espérais monter sur le podium et sauver la face de l’athlétisme national comme aux Mondiaux in door à Doha. A quelques mètres de l’arrivée, j’étais quasiment sûr de m’adjuger le bronze, mais j’ai été trahi par mon finish», a déclaré Abdelaati Iguidir à la fin de la course à nos confrères de la MAP, imputant aussi sa contre-performance au fait d’avoir été débordé par des concurrents vers la fin de la course, en l’occurrence l’Américain Matthew Centrowitz et l’Espagnol Manuel Olmedo. Iguider a estimé, par ailleurs, que «l’athlétisme national est en régression et il faut le sauver avant qu’il ne soit trop tard». Voilà donc une déclaration qui sonne comme un triste constat. De nombreux athlètes ont déjà tiré la sonnette d’alarme comme Yahya Berrabah, un des espoirs du saut en longueur qui est parti à Daegu sans véritable préparation et en l’absence de son entraîneur Abdeljalil Benchikh. Il a affirmé qu’il pouvait faire mieux que sa 4e place obtenue, vendredi. L’athlète marocain, auteur cette saison de la 4e meilleure performance mondiale (8,40 m) a exprimé son mécontentement vis -à -vis des responsables de la FRMA et il a même été plus loin en lançant qu’il ne bénéficie d’aucune prime du projet du champion olympique depuis le début de l’année.
Abandon
Toujours sur le registre des déceptions, Halima Hachlaf a été éliminée, vendredi, en demi-finale du 800 m. Comme aux Mondiaux de Berlin 2009, où elle avait chuté à un tour de la ligne d’arrivée de la demi-finale du 800 m, l’athlète marocaine a abandonné la course des demi-finales et s’est contentée de justifier son abandon par le fait d’avoir été «bousculée par l’une des concurrentes». Les espoirs d’une médaille reposaient également sur Btissam Lakhouad sur 1500m mais elle a raté de peu le podium. «Je n’arrive pas à croire mes yeux, j’étais sûre de remporter la médaille de bronze, mais je me suis trouvée quatrième. La chance m’a fait défaut», a-t-elle indiqué en sanglots.

Quant à Hamid Ezzine , il s’est contenté de la 9e place du 3000m steeple qui a semblé le satisfaire, eu égard à sa préparation. «Le fait d’atteindre la finale de ces Mondiaux est en soi une belle performance vu les circonstances dans lesquelles je me suis préparé pour ces joutes», a-t-il déclaré. «Je me suis préparé tout seul pour ce rendez-vous mondial, en l’absence totale d’un soutien financier ni de participation dans des meetings internationaux», a-t-il poursuivi. Ce sont des résultats qui choquent et qui devraient interpeller le président de la FRMA, Abdeslam Ahizoune ainsi qu’un certain Moncef Belkhayat, ministre de la Jeunesse et des Sports, un peu trop laxiste par rapport à certaines disciplines en déperdition.◆






Bonjour,
Attention c’était en Corée du Sud et non du Nord.