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10 février 2012

Les leçons de l’humiliation de Libreville

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Notre équipe nationale a rejoint les terres Gabonaises, la fleur au fusil, menée par un Lion de Rekem nous promettant une coupe longtemps espérée. Tout un peuple soutenait ce patchwork de joueurs qu’on disait les meilleurs du continent, et à qui tous les moyens auraient été octroyés pour rapporter en terre marocaine cette Coupe d’Afrique [...]

« Tout un peuple soutenait ce patchwork de joueurs qu’on disait les meilleurs du continent »

« Tout un peuple soutenait ce patchwork de joueurs qu’on disait les meilleurs du continent »

Notre équipe nationale a rejoint les terres Gabonaises, la fleur au fusil, menée par un Lion de Rekem nous promettant une coupe longtemps espérée. Tout un peuple soutenait ce patchwork de joueurs qu’on disait les meilleurs du continent, et à qui tous les moyens auraient été octroyés pour rapporter en terre marocaine cette Coupe d’Afrique des Nations qui nous échappe depuis 1976.Et voici que cette même équipe est surclassée dès les premières rencontres par deux équipes moyennes, car elles-mêmes chutant au tour suivant provoquant la déception de tout un peuple qui, aujourd’hui, demande des comptes.

Ryad Mezzour

Ryad Mezzour

La vindicte populaire désigne, en premier lieu, le sélectionneur Eric Gerets coupable, selon elle, de choix tactiques hasardeux et de piètre coaching sur le terrain. Il est vrai, et au risque que le sélectionneur demande aussi à votre serviteur de préparer son CV pour le remplacer à la tête des Lions de l’Atlas, que beaucoup parmi les joueurs alignés ne sont pas titulaires dans leurs clubs respectifs ; certains ne disputant plus de rencontres officielles depuis plusieurs mois. Il est vrai aussi que plusieurs joueurs locaux, ayant plus que brillé sur la scène continentale, se sont vu refusée la porte de la sélection nationale au profit d’autres provenant, certes, de clubs parfois plus prestigieux mais usant leurs postérieurs sur les bancs de touche quand ils sont convoqués. La vox populi crie au scandale face au salaire mirobolant du sélectionneur qui avoisinerait les 250 000 Euros par mois, soit plus que le salaire cumulé de l’ensemble du gouvernement Marocain. Comment peut-on être si généreux envers un sélectionneur qui dirige une équipe nationale pour la première fois et dont l’expérience africaine est vierge ? Le Maroc regorge de professionnels à l’expérience reconnue, capables relever le défi et, financièrement, moins exigeants qu’Eric Gerets. Ces mêmes techniciens ont déjà fait leurs preuves sur la scène continentale et pour n’en citer que quelques uns, il s’agit de Rachid Taoussi,  Houcine Ammouta, Fathi Jamal, Badou Zaki ou M’hamed Fakhir. Alors pourquoi confier les rênes de notre sélection à un débutant au salaire mirobolant, quand une grande partie des recettes de la Fédération royale marocaine de Football provient de deniers publics ? Si le président de la Fédération, tout comme le sélectionneur, considèrent que la reconstruction du football national n’est pas encore achevée, doit-on, pour autant, faire confiance aux responsables de cette débâcle pour poursuivre leur chemin ? D’aucuns prétextent les futures échéances de l’équipe nationale pour ne pas bouleverser l’édifice arguant que quelque chose se construit et qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain quand d’autres crient leur désespoir affirmant que la situation ne pourra, de toutes façons, être plus désastreuse qu’elle ne l’est actuellement et exigent le changement. L’analyse des évènements pousse à revoir notre approche concernant l’équipe nationale de fond en comble. Primo, les éléments de toute sélection doivent avoir une longue histoire commune que ce soit en club ou, à défaut, au sein des différentes sélections de jeunes, et donc la détection de talents se doit d’être plus précoce que ce soit sur ou en dehors du territoire national. Secundo, les Marocains, et encore plus les décideurs, se doivent de traiter les produits et cadres nationaux au moins au même niveau que les produits ou cadres importés et de juger objectivement leurs qualités respectives tout en privilégiant, à qualité équivalente, les produits et compétences locaux. Tertio, l’organisation du football national doit revenir aux acteurs du football et obéir aux différents cadres réglementaires et législatifs qui régissent ce sport tant au niveau national qu’international. Le sentiment national se fédère à travers les joueurs qui portent le maillot du pays, et chacun d’entre nous se sent impliqué par le rendement de notre équipe nationale. Comment aurait-on réagi si les Lions de l’Atlas avaient franchi le premier tour ? Probablement différemment, mais chaque effet ayant une cause rien ne sert d’analyser l’effet en spéculant sur la cause !◆




 
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