Les journalistes de la MAP étaient en grève hier pour dénoncer les nouveaux horaires qui les obligent à travailler les week-ends. Mais les raisons ne s’arrêtent pas là…
Les journalistes sont en grève depuis lundi et exigent la suppression définitive des nouveaux horaires, jugés contraignants.
Lundi matin, devant l’Agence Maghreb arabe presse (MAP), il y avait foule. Les journalistes ont quitté leurs bureaux respectifs pour se poster devant l’entrée, ensemble. La grève est déclarée ! Ce qui est rejeté en bloc, ce sont les nouveaux horaires introduits, depuis hier, par la direction et que les journalistes contestent fortement. Ils sont furieux ! Et ont même sorti des slogans pour le faire savoir. « Nous souhaitons une agence nationale, et pas une agence makhzénienne». « A partir d’aujourd’hui, nous n’avons plus droit à nos week-ends. Avant, le samedi et le dimanche n’étaient pas des journées de travail à un rythme normal. C’était une journée de permanence, qui pouvait être récupérée par la suite », rappelle Sofia, journaliste à la MAP depuis plus de vingt ans. « Ce changement d’horaire est tombé d’en haut, aucun dialogue n’a été établi au préalable », nous confie Abdeljalil El Boukhari, journaliste à la MAP.
« Auparavant, ce que nous appelons la clôture se faisait à minuit, puis le service de nuit était assuré par une équipe très réduite. Même chose pour le week-end. Maintenant, chacun devra rester à son poste », s’offusque Sofia. « Etant contraints de commencer leur travail à 6 heures du matin, certains n’ont pas pu emmener leurs enfants à l’école aujourd’hui », nous apprend Fatima Hassani, journaliste-syndicaliste de l’Agence. En effet, de nombreux couples travaillent au sein de la MAP, et les nouveaux horaires risquent de leur créer quelques désagréments. La direction, qui n’a pas souhaité nous rencontrer, a préféré envoyer un communiqué aux rédactions nationales. Dans ce dernier, elle explique qu’elle n’a pas été officiellement avisée de la tenue de la grève et que «le fait d’observer une grève sauvage sans prévoir un service minimum relève de l’irreponsabilité».
Pas que les horaires !
Le communiqué (non signé) de la direction, parvenu aux grévistes aux environs de midi propose la suspension de ces horaires, dans l’attente d’autres discussions. Les journalistes n’ont pas repris leurs fonctions pour autant, et exigent la suppression définitive de ces horaires. Selon les journalistes qui boudent leur travail, cette grève déclarée hier était latente, les horaires n’étant que la partie visible de l’iceberg des contestations. « Nous voulons un changement de notre statut juridique, qui date de 1958, et qui est archaïque. Nous avions avancé sur certains points notamment au sujet de notre régime indemnitaire. Et aujourd’hui, on se retrouve à la case départ », regrette Sofia.
Dans un communiqué récent, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) met d’ailleurs en avant la nécessité d’instaurer un « changement radical » au niveau de la MAP.
Hier, la direction a proposé, à travers son communiqué, une réunion aujourd’hui à 10h au siège de la MAP, avec les représentants des journalistes. Si le dialogue n’aboutit à rien, ces derniers jurent qu’il entameront une seconde grève les 26 et 27 septembre. Après ces dates, et si les revendications des journalistes de la MAP ne sont toujours pas satisfaites, une grève illimitée sera déclarée.◆




