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Les Nations désunies face à la Palestine

C’est aujourd’hui que Mahmoud Abbas présente la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU devant les 193 membres de l’organisation. Les États-Unis, qui soutiennent Israël, menacent toujours d’opposer leur veto.


Les discussions vont bon train au siège des Nations Unies à New York où Mahmoud Abbas s’apprête à faire son discours dans quelques heures. Les tractations diplomatiques se sont multipliées tout au long de la semaine avec les autorités palestiniennes mais le consensus est loin d’être au rendez-vous. Avant ce moment historique, le Soir échos vous invite à faire un tour d’horizon sur les positions des principaux acteurs du dossier.

Le passage au Conseil de sécurité, composé de quinze membres dont cinq permanents ( États-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie), représente l’étape décisive de la procédure engagée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il lui faut donc obtenir neuf voix favorables à son initiative. Mais rien n’est moins sûr puisque les positions des quinze membres sont aussi disparates que confuses.

Que dit la France

La position française est plus ou moins claire sur le conflit israélo-palestinien puisque selon le président Nicolas Sarkozy,
« le statu quo n’est plus tenable ». Cependant ,Paris n’est pas favorable à l’initiative palestinienne telle que présentée par Mahmoud Abbas. En effet, lors de son discours à la tribune des Nations Unies mercredi, le chef d’État français a proposé un statut intermédiaire aux Palestiniens et invité les deux parties à la table de négociation pour aboutir à la création d’un État palestinien d’ici un an. C’est-à-dire que la Palestine ne sera pas un État à part entière mais plutôt un État observateur.

La Russie : oui mais…

Moscou soutient le peuple palestinien. Les autorités russes ont déjà fait savoir qu’elles sont favorables à l’initiative du président de l’Autorité palestinienne. Mais là aussi, les choses ne sont pas vraiment claires parce que la Russie pourrait s’abstenir lors du vote au Conseil de sécurité pour ne pas entamer la normalisation des relations bilatérales en cours avec Washington.

La Chine favorable

Pékin a aussi manifesté son soutien à Mahmoud Abbas. La Chine qui s’est lancée à la conquête du monde arabe depuis quelques années à travers d’importants investissements, n’a pas intérêt à s’attirer l’ire des dirigeants de cette partie du monde. En plus, Pékin a bien l’intention de détrôner les États-Unis dans la région.

La Grande-Bretagne inquiète

Londres ne s’est pas explicitement prononcé en faveur de la démarche palestinienne. D’après les médias britanniques, la position de David Cameron n’est pas loin de celle du président américain Barack Obama. Le Premier ministre redoute la flambée de violences dans la région en cas de reconnaissance unilatérale d’un État palestinien.

Les dix autres membres non permanents semblent s’accorder sur une reconnaissance de la Palestine comme État souverain. Cependant, l’Allemagne y est opposée.

La Ligue arabe met en garde Washington

Face à la menace  du veto américain au Conseil de sécurité, l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis dans la région, a averti Washington mercredi des conséquences que cela pourrait avoir sur leur relation bilatérale.
« Les États-Unis doivent soutenir la demande de reconnaissance d’un État palestinien auprès de l’ONU s’ils ne veulent pas gâter la situation dans le monde arabe et créer une brèche dans les relations américano-saoudiennes », a déclaré le prince Turki al-Faiçal, ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis. La Turquie, en brouille avec Israël, veut aussi tout faire pour que le peuple palestinien ait gain de cause devant les Nations Unies.

Le sujet divise aussi les pays de l’Union européenne. Les pays comme l’Italie et la Pologne, qui préside actuellement l’union, se sont prononcés contre une reconnaissance unilatérale d’un État de Palestine. D’autres, à l’instar de l’Espagne y sont favorables. De son côté, l’Union Africaine n’a pas non plus affiché une position claire. La journée d’aujourd’hui pourrait donc devenir celle qui libérera le peuple palestinien ou, au contraire, celle d’une confrontation diplomatique oiseuse.◆

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