La montée des islamistes au gouvernement a nourri de grands espoirs de démocratie, de transparence et de moralisation de la gestion de la chose publique. Des associations confient au Soir échos leurs attentes mais aussi leurs craintes.
La montée des islamistes au gouvernement a nourri de grands espoirs de démocratie, de transparence et de moralisation de la gestion de la chose publique. Des associations confient au Soir échos leurs attentes mais aussi leurs craintes.
La société civile nourrit de grands espoirs sur le du futur gouvernement qui peine à se former. Les attentes des associations sont énormes. Pour l’Observatoire amazigh des droits et des libertés, la priorité doit être donnée à la préparation et à la promulgation des lois organiques pour l’officialisation de la langue amazighe. « Nous avons envoyé un courrier au gouvernement dans lequel nous exposons nos propositions relatives à l’intégration de la langue amazighe dans les secteurs de la vie publique. Il faut d’abord préserver les acquis. À titre d’exemple, la langue amazighe doit être obligatoire comme l’arabe et le français et il faut enseigner l’amazigh standard et non les dialectes. Le futur gouvernement doit également engager un processus national pour la généralisation de cette langue à tous les niveaux de l’enseignement : primaire, collège, lycée et enseignement supérieur. Le ministère de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur peine à réaliser ce projet depuis 2003», selon Ahmed Assid, membre de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés. Et de poursuivre: « La langue amazighe doit être également enseignée aux Marocains résidents à l’étranger. Il faut aussi l’intégrer dans l’administration, dans les établissements de santé. Des patients amazighs ne peuvent pas communiquer avec le personnel de la Santé car ceux-ci ne connaissent pas leur langue ».
L’Observatoire amazigh des droits et libertés exige l’intégration de l’amazigh dans la Justice. « C’est une injustice d’interdire aux citoyens de s’exprimer en langue amazighe dans les tribunaux. Ces personnes ne peuvent que se taire car elles ne connaissent pas l’arabe. À ce sujet, il faut penser à la formation des juges et des avocats. Le gouvernement doit établir un agenda pour concrétiser tous ces projets », poursuit le militant associatif, qui interpelle le ministère de l’Intérieur pour résoudre la problématique de l’interdiction des prénoms amazighs. Autre revendication : « les chaînes de télévision et de radio doivent respecter le cahier des charges. Nombreux sont ceux qui marginalisent cette langue et ne produisent pas grand-chose sur cette culture marocaine ».
Craintes et attentes
De son côté, Transparency Maroc s’attend à ce que le prochain gouvernement prenne des décisions courageuses pour lutter contre la corruption. « La corruption est la conséquence des dysfonctionnements dans la gestion de la chose publique. Le futur gouvernement doit donner d’abord un signe fort et une preuve de changement et de sérieux dans sa gestion des affaires publiques. Il faut engager des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans les affaires de corruption qui traînent dans les tribunaux depuis des années. Le but est de regagner la confiance de la population. Cependant, il ne faut pas tomber dans le piège du symbolique. La grande crainte est d’engager uniquement des petites actions symboliques; alors que le but étant d’entreprendre un processus d’édification d’un système d’intégrité national. Il faut plus de sérieux que de preuves de sérieux », exige Filali Meknassi, secrétaire général de Transparency Maroc. Pour ce militant associatif, la réforme de la Justice est une priorité urgente.
Pour l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’homme), la priorité est la libération des activistes du Mouvement du 20 février, qui ont été « arrêtés et jugés dans des conditions de contestation ». « Le futur gouvernement doit s’atteler à la mise en œuvre du plan national en matière de démocratie et de droits de l’Homme qui est le fruit d’un an de concertation entre le gouvernement, les associations des droits de l’Homme et d’autres organismes et institutions nationales. Il comprend des mesures de réforme au niveau de l’administration, des secteurs de la Santé, de l’Éducation…et même au niveau législatif », ajoute la présidente de lOMDH Amina Bouayach. Cette dernière insiste sur son application pour l’amélioration de ces secteurs qui connaissent un « déficit important», cause directe des contestations populaires continues. ◆




