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L’étau se resserre autour de Bachar

La Ligue arabe a appelé le président syrien, Bachar al-Assad, à quitter le pouvoir pour permettre une transition pacifique à l’issue de sa réunion tenue dans la nuit du dimanche à lundi. L’Union européenne a également renforcé hier ses sanctions contre le régime.

bachar

Le président syrien Bachar al-Assad s’entretenant avec l’un de ses généraux dimanche à Damas.

Les pays de la Ligue arabe ont pressé le président syrien Bachar al-Assad de renoncer rapidement au pouvoir en échange « d’une sortie sûre », pour lui et sa famille, au terme d’une réunion à Doha. Dans leur communiqué final, publié dans la nuit de dimanche à lundi, les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue ont appelé al-Assad à renoncer au pouvoir, l’assurant que la Ligue arabe contribuera à lui assurer et à sa famille une sortie sûre. Cette initiative est destinée à « mettre fin à l’effusion du sang », « préserver l’unité de la Syrie » et « garantir une transition pacifique du pouvoir » dans ce pays, membre de la Ligue arabe, selon le texte.  À Doha, le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassam Al-Thani, a déclaré aux journalistes qu’il y a une entente sur une démission rapide du président Bachar al-Assad pour une sortie sûre, en rendant compte des travaux du Comité ministériel arabe chargé de la crise syrienne, suivie de la réunion ministérielle des pays de la Ligue arabe. Il a ajouté que les ministres avaient appelé l’opposition et l’Armé syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, à mettre en place un gouvernement de transition. L’opposition et l’ASL sont appelées à former un gouvernement d’unité nationale, a-t-il dit.

Un gouvernement de transition

Ce gouvernement, qui aura à favoriser « une transition pacifique », doit rassembler les forces de l’opposition en Syrie et à l’étranger ainsi que l’autorité nationale de facto, ont indiqué les ministres dans leur communiqué final. Ils ont en outre appelé l’ONU à modifier le mandat de l’émissaire international en Syrie Kofi Annan pour que sa mission soit axée sur le départ de Bachar al-Assad et une transition pacifique du pouvoir, selon le texte. Le Premier ministre du Qatar et le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi ont été chargés de se rendre à Moscou et à Pékin pour exposer les conclusions de la réunion de Doha aux dirigeants de Russie et de Chine, alliées de Damas, qui ont usé de leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU à trois reprises pour bloquer des résolutions prévoyant des sanctions contre le régime de Bachar al-Assad.  Parallèlement, les pays arabes vont demander une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU pour la création en Syrie de zones de sécurité et des couloirs humanitaires notamment. Cheikh Hamad a exhorté le président Assad a prendre une décision courageuse pour sauver son pays. « Il peut arrêter les destructions et les tueries en prenant une décision courageuse », a-t-il martelé.

Modifier la médiation de Annan

Les ministres ont décidé d’allouer une aide de 100 millions de dollars aux réfugiés syriens, a indiqué cheikh Hamad. En parallèle, les pays arabes vont demander une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU pour la création en Syrie de zones de sécurité et des couloirs humanitaires. Le Premier ministre du Qatar a notamment insisté sur la modification de la mission de Kofi Annan qui, selon lui, doit changer pour assurer un transfert pacifique du pouvoir en Syrie. Toutefois, Damas a rejeté la proposition de la Ligue arabe. Hier,  le porte-parole du ministère des Affaires étrangères syrien, Jihad Makdessi, a affirmé que Damas rejetait l’initiative en faveur d’un départ négocié du chef de l’État, estimant que c’est aux Syriens qu’il revient d’en décider.
De son côté, l’Union européenne a décidé, le même jour, de renforcer ses sanctions contre le pouvoir en Syrie et les contrôles de l’embargo sur les armes afin d’augmenter la pression contre le régime de Bachar al-Assad, a annoncé une source diplomatique à l’AFP. La France a aussi appelé à une transition en Syrie. Selon le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, « le moment est venu de préparer la transition et le jour d’après ». Laurent Fabius a d’ailleurs appelé l’opposition syrienne à se mettre en ordre de marche. ◆

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