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L’éthique créatrice de valeur

L’Université internationale de Casablanca (UIC) a organisé une table ronde sous le thème de l’éthique au Maroc. Une rencontre animée par des experts de grande notoriété.

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Une étude McKinsey de 2002 a révélé qu’au Maroc, les investisseurs étrangers sont prêts à débourser une prime de 41% pour les entreprises qui sont bien gouvernées.

Lorsqu’on gère de l’argent, les lois, contrats mais également l’éthique doivent être gardés en mémoire, comme il a été souligné lors de la table ronde sous le thème « Ethique et Droit des Affaires, leviers de développement de l’entreprise marocaine », organisée par l’Université internationale de Casablanca (UIC) dans ses locaux à Casablanca. Cet événement a vu la participation de chevronnés en la matière notamment Driss Alaoui Mdaghri, ancien ministre, professeur de management et auteur de nombreux ouvrages ou encore Saad El Mernissi, conseiller juridique au sein du cabinet FIGES à Casablanca.

L’éthique de plus en plus évoquée

Le débat sur l’éthique dans les organisations prend de plus en plus d’importance dans le domaine des affaires. L’origine : la mondialisation qui a entraîné un développement effréné de l’économie et avec la consommation immodérée des ressources rares, des scandales d’affaires, à travers le monde, se sont découverts.  « La communauté économique n’a jamais vu autant d’affaires qui ont éclaté un peu partout dans le monde», a souligné Driss Alaoui Mdaghri. « L’actualité marocaine n’est pas en reste », a ajouté l’ancien ministre, puisque depuis quelques années surgissent des affaires dans lesquelles la question éthique s’est posée (CIH, CNSS,..). Pour Alaoui Mdaghri, trois impératifs enchevêtrés sont à considérer avant d’approcher la question de l’étique dans les affaires. Un premier impératif économique, à regarder, concerne le besoin de garantir une activité économique qui se développe de manière satisfaisante et qui en même temps doit se dérouler dans des conditions de transparence et de concurrence qui soient justes. La condition pour cela, l’activité économique doit être réglementée et régulée de façon suffisante. Le deuxième impératif, qui est sociopolitique, concerne la question des États et institutions publiques qui sont chargées de réguler, gérer et sanctionner l’activité économique. Ces organisations ont toutefois le devoir de donner la possibilité aux acteurs de créer et d’agir dans l’activité économique.

L’éthique, une valeur sûre

Le troisième impératif concerne les individus. « Il existe un élément beaucoup plus important que la production de richesse », a alerté Alaoui Mdaghri, il s’agit des valeurs de l’individu.
« Il s’agit du sens que nous donnons à nos activités », a-t’il précisé. L’éthique se doit par ailleurs d’être de plus en plus présente dans les milieux professionnels, il en va de l’image de l’entreprise avec un impact certain sur sa rentabilité. La gouvernance ou la responsabilité sociale d’entreprise sont, par exemple, des approches éthiques récentes qui peuvent intervenir en faveur de l’entreprise. Selon Saad El Mernissi: « une étude qui a été faite par McKinsey en 2002, a révélé que pour le Maroc les investisseurs étrangers sont prêts à débourser une prime élevée de 41% pour les entreprises qui sont bien gouvernées ». La responsabilité sociale de l’entreprise est également créatrice de valeur pour l’entreprise. « Les entreprises qui sont labélisées socialement responsables au Maroc bénéficient, au delà de la bonne image communiquée aux différents partenaires, d’avantages qui sont donnés par des administrations publiques (fisc, douane…) ou d’entreprises bancaires». Cela prouve que l’éthique et la déontologie constituent des dimensions essentielles pour les entreprises car elle génère une plus-value économique pour celles-ci. ◆

3 QUESTIONS À …

Driss-Alaoui-MdaghriDriss Alaoui Mdaghri ancien ministre, professeur de management .

Quelle est la situation aujourd’hui des entreprises marocaines s’agissant de la question de l’éthique ?
Mon sentiment est qu’il y a une prise de conscience progressive, que toutes les pratiques ne sont plus permises, ou en tout cas que le risque est plus grand que certains comportements produisent des effets négatifs pour l’entreprise et sur le plan personnel. Cela étant, le chemin de l’exemplarité et de la vertu est long et plus ardu que tout autre, quand le poids du passé est lourd et les contraintes du présent bien réelles.

Quel intérêt a une PME marocaine aujourd’hui à adopter un code d’éthique, lorsqu’on sait qu’elles sont majoritairement familiales, à capital fermé?
La progression de l’Etat de droit est un facteur encourageant dans la mesure où il offre une protection aux entreprises contre l’arbitraire et le bon vouloir des acteurs administratifs. De plus, l’auto-régulation est sûrement plus payante que d’attendre de payer un prix élevé en raison de sanctions judiciaires possibles. Enfin, la mondialisation exige le respect de codes de conduite, où la transparence joue un rôle important, et sans lesquels l’accès aux marchés va devenir de plus en plus difficile, voire impossible.

Comment peut-on identifier les entreprises éthiques au Maroc ?
Au delà de certains labels et certifications qui ont une telle fonction, la qualité des produits et services que ces entreprises fournissent, leur manière de gérer leurs ressources humaines, leur respect des règles légales, la transparence de leur gestion (publication d’informations même quand elles n’en ont pas l’obligation légale…) et leur comportement vis-a-vis de leurs fournisseurs sont des indicateurs utiles.

 

 

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