Etre homo au Maroc
Dans une société où les mots ‘ hchouma ‘ et ‘homosexuel’ sont synonymes, il est difficile de se faire une place en tant que tel, ou en tant que défenseur d’une cause leur étant relative. L’état : absolument contre Le code pénal marocain officialise son opposition à tous « les actes licencieux ou contre nature [...]
Dans une société où les mots ‘ hchouma ‘ et ‘homosexuel’ sont synonymes, il est difficile de se faire une place en tant que tel, ou en tant que défenseur d’une cause leur étant relative. L’état : absolument contre Le code pénal marocain officialise son opposition à tous « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe. », à travers l’article 489 considérant l’homosexualité criminelle mais avant tout immorale. Les peines sont lourdes et craintes de tous (jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 1 200 DH d’amende) et les procès pleuvent et dépassent les 5 000 de 1956 à nos jours. Le peuple : majoritairement contre Malgré la constitution rappelant à la communauté homosexuelle, appelée aussi LGBT (Lesbiennes Gay Bisexuels Transsexuels), qu’elle n’a pas sa place dans le pays, le peuple marocain joue aussi un rôle important dans leur persécution. En effet, les jeunes hommes prennent un malin plaisir à agresser toute personne susceptible d’être homosexuelle, verbalement comme physiquement. Selon certains, ces actes résulteraient simplement d’une homophobie évidente mais pour d’autres, ils seraient issus d’une colère due à une homosexualité refoulée. Les avis divergent mais la société privilégie l’homophobie pour sauver l’image. Le coming-out : lent mais ressenti 1er juin 2004 : la patience du courageux Samir Bargachi atteint ses limites suite aux 43 accusations pour désobéissance à l’article 489 à Tétouan. Il fonde alors l’ONG « Kif Kif » – en Espagne puisqu’illégale au Maroc – , première association LGBT marocaine luttant « contre les discriminations fondées sur les mœurs, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ». Elle agit tout d’abord sur internet à travers des forums et des campagnes mais ce n’est qu’en 2006 que Kif Kif prend de réelles initiatives en tentant une légalisation comme association marocaine. Naturellement, toutes leurs requêtes sont violemment rejetées et critiquées par l’esprit conservateur marocain. ◆

